‹ Mademoiselle Lange vaudeville en un acteChapitre 5 sur 18 · JULIE , M"* LANGE · texte numérisé non relu

JULIE , M"* LANGE

M n * LANGE. Oh! le public ! le public!... une souffrance physique... un tourment moral.,.

et il nous relire sa faveur... il oublie nos éludes, nos succès... Entre-t-il pour quelque chose dans nosémotions de la journée ? nous tient-il compte de nos peines, de nos terreurs, de nos désillusions?

JULIE. Amélie, ne sois pas injuste ; à chacun son état. Le public est public , le comédien est comédien, ce sont là deux corps distincts séparés par une rampe, l'un avec du fard à la joue, l'autre sans rouge au front, sans pitié dans l'Jute.

M 11 * lange. A qui le dis-tu? julie. lin homme a tort, tous les hommes ont raison, et voilà pourquoi nous aimons une salle comble depuis le parterre jusqu'au cintre.

M 11 * lange. Mais quand du milieu de cette foule compacte s'échappe le cri de l'ignorance, de la cruauté , alors un coeur généreux s’élance, un bras sc lève, il frappe...

Mais hàtc-toi donc de me parler de lui ; l'astu vu ?

JULIE. Ici, tout à l’heure.

M IU lange. Je lui avais défendu ma porte.

JULIE. Aussi a-t-il été obéissant, il est entré par la fenêtre.

M 11 * lange. L’imprudent ! parle-t-on de duel?

julie. Vaguement.

M lu lange. Je viens de lui écrire, je lui ai défendu de se battre ; c’est la première lettre de moi qu’il a reçue , ce sera la dernière, je ne le verrai plus.

JULIE , aprèe une pa use et avec malice. Que lui diras-tu demain ?

M 11 ' lange. Tu es cruelle ! mais tu ne sais donc pas combien les ordres de son père sont menaçants! S'il revient, s’il m'épouse, il est déshérité.

julie. Et Léopold est homme à mépriser les millions paternels.

M 11 " i.ange. C’est ce que je ne veux pas; et cependant une vengeance me serait permise. . . Tiens, Iis, lis la lettre du père !

JULIE. Voyons. Dieu de Dieu! quels caractères ! ils percent le papier. .. Cet homme écrit à coups de marteau... (Elle lit.) « Comédienne. ■ (Parlé.) Comédienue !... Est-ce que si lu lui réponds, tu l'appelleras manant?

m"* lange. Poursuis.

julie, litant. «Comédienne. • (Parlé.) Paltoquet !... (Elle lit. ) a J'apprends du fond » de mon magasin de carrosses que vos joues » fardées et vos petites mines ont enjôlé mon » fils ; je sais qu’après avoir joué la comédie » sur les planches vous la joue/, chez vous » pour abuser d’un brave garçon que vous » avez illusionné. * (Parlé.) Illusionné avec un h, et un ; à la lin... enfin... (Elle lit.) « Eh b ; en ! je vous préviens, moi. qu’il re-

» cevra nue lettre de rappel, et que s’il ne » vient pas, je le déshérite et lui donne ma » malédiction ainsi qu’à vous, comédienne,

» ainsi qu'à toutes vos semblables !

[Parle.) Cheval de carrosse, je t’apprendrai, moi, comment ses semblables châtient un manant de ton espèce !. .. Lui, le père de Léopold ? mais ça n'est pas vrai , et les registres de l'état civil ont menti.

M 11 ' lange. Calme-toi, je t’en prie.

JL LIE , indignée. Comédienne!... vieux constructeur de pj taches... A ta place j’épouserais demain, aujourd’hui.

»t lh lange. Tais-toi. On monte rapidement l’escalier, c’est Léopold.

Jl LIE. Tu le vois, point de duel; crois-inoi, épouse.

M 11 ' LANGE. Je ne veux pas le voir, je ne le dois pas...

JULIE. Mais écoute donc.

u 11 * lange. Non, non... j’ai trop peur de ses larmes et de ses soupirs.

Ello entre chez elle.

JULIE, la tuicant. Lange! Lange!... ( A pari.) En vérité il devrait être défendu d’aimer comme ça.

Elle U suit.

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