LOULOU MIGNON
Lucien resta anéanti comme si ia foudre fût tombée près de lui. Il se croyait sous l'influence d'un cauchemar effrayant ; il se tàtait pour s'assurer qu'il vivait, qu'il était éveillé.
— Que veut-elle dire? Quelle est cette folie? se demandait-il ; quelle épreuve m'envoie-t-elle ? Est-ce assez cruel de jouer ainsi avec mon cœur !.
Il courut à l'hôtel.
Par la porte entr'ouverte , il aperçut Loulou , pâle , triste , les yeux entourés d'un cercle de bistre, les paupières gonflées; elle était debout devant une malle à moitié remplie ; ses bras pendaient le long de son corps , ses yeux fixes ne regardaient rien ; elle semblait la statue même de l'Abattement.
— Mignon , ma Mignon adorée ! s'écria-t-il en se précipitant vers elle les bras étendus,
— Oh ! Lucien ! . . . fit-elle d'un air de reproche douloureux. Je vous avais tant supplié de ne pas venir ! . . .
— Mais enfin , pourquoi ?. . . Cette lettre ! . . . dit-il d'une voix étranglée par l'émotion.
— Où voulez-vous que je prenne mon courage, ami , reprit Loulou en lui serrant tristement la main , si vous venez ainsi le faire chanceler ? Et pourtant , vous savez bien qu'il le faut !
Séraphin entra en ce moment et coupa court à la situation en remettant à Loulou une lettre. Cette lettre contenait ceci :
« Chère belle ,
» Je gémis dans les fers pour avoir dépensé près de vous les quelques heures que je devais au service de la patrie. Mon colonel m'a infligé un mois de prison , sous le puéril prétexte qu'on ne doit pas céder à la tentation de déserter son poste, même quand la tentation se présente sous la forme attrayante que je vous connais. J'accepterais une geôle éternelle pour avoir le droit de ;recommencer le délit. Oh ! les belles heures que vous m'avez données ! et comme je deviendrais bien vite fou si je pouvais supposer que notre séparation fût éternelle! Mais dans un mois je vous retrouverai , fussiez-vous au bout du monde , et
pour peu que vous m'aimiez la centième partie autant que je vous adore , nous chercherons un moyen de nous passer de l'approbation ou des reproches des colonels qui sont les pères du soldat, et des pères qui sont les colonels de la famille. D'ailleurs , j'ai pris en horreur le noble métier des armes depuis que je vous ai vue et qu'en grimpant chez vous j'ai laissé tomber le bâton de maréchal que j'avais dans ma giberne. A bientôt donc , et alors pour toujours , chère petite aimée ! Mais que ce maudit mois va me paraître long ! Mille baisers en attendant.
» Vte Maurice d'Alby , n Cavalier aux lanciers de la garde. «
P. S. — A propos , je ne m'appelle pas du tout Lucien. Pourquoi donc persistiez-vous à me donner ce prénom cette nuit? Vous me direz cela à notre première entrevue, n'est-ce-pas? m. a.
Loulou , altérée , pâlit et rougit ; ses lèvres se contractèrent d'une formidable colère , un éclair de haine passa dans ses yeux , et sa tète frémissante eut un mouvement de superbe dédain. Puis tout ce feu s'éteignit ; elle relut la lettre , et l'élément comique reprenant le dessus de sa tristesse inusitée , elle se mit à rire en s'écriant :
— Allons ! ces choses là ne peuvent arriver qu'à moi !
Mais , bientôt , se retournant vers Lucien , elle lui jeta un regard attristé ; puis , se pendant à son cou , l'enlaçant avec frénésie, elle lui donna un ardent baiser, dans lequel elle fit passer toute son âme.
— C'est égal , mon Lucien ! Je t'ai bien aimé , va !.. . Et je t'aimerai toujours ! . . .
Et elle le poussa dehors. Lucien , absolument fou , sans conscience de rien , inerte , imbécile , se laissa faire comme un enfant.
Il n'entendit pas dans la petite chambre la pauvre fille qui accompagnait son départ de sanglots douloureux.
Un quart-d'heure après , mademoiselle Mignon avait quitté Saint-Germain. Le lendemain , elle était à Londres.
Dernièrement je me trouvais , en compagnie de Lucien , dans une réunion artistique , chez mon savant ami , le docteur Gaubert. Entre deux tasses de thé, on causait somnambulisme, magnétisme , rêves.
— Je sais , dit Lucien , un cas bien extraordinaire de puissance des rêves que je vous livre, docteur; tirez -en le parti que vous pourrez. Il
est avéré pour moi que l'intensité de la pensée et des impressions physiques peut être telle, dans les songes , qu'éveillé , l'on est persuadé , malgré toutes les affirmations contraires, qu'on a dûment vécu son rêve. Et je cite mes auteurs ! . . .
Et alors il raconta sa séparation d'avec Loulou, et montra à l'appui les lettres de la folle et ravissante jeune fille.
Je n'ai pas contredit le fait.
Je n'ai pas répété non plus ce que m'avait affirmé le garde de la grille royale dans la forêt de Saint-Germain , à savoir que l'officier de lanciers au cheval blanc n'était point une chimère. Comme j'en parlais , plus tard, à Loulou, elle me répondit avec la plus dédaigneuse indifférence ':
— Ah ! oui !.. je me souviens , en effet ! . . Oh ! mais celui-là ne compte pas ! . .
Puisqu'il «ne comptait pas ,» je n'ai pas jugé à propos d'entretenir Lucien de choses tirant si peu à conséquence. Pourquoi l'aurais-je fait, d'ailleurs?. . . Il est heureux, ne le réveillons pas.
C'est la grande revue Qu'à l'heure de minuit Passe aux Champs-Élisées Le César décédé.
Et comme la pluie battait les vitres , que la bise hurlait, et que les douze coups de l'horloge résonnaient lamentablement, mêlés aux plaintes de l'ouragan, — seul, devant ma cheminée, tisonnant et faisant jaillir des milliers d'étincelles dont mes yeux suivaient machinalement les capricieuses gerbes , — je me sentis envahir par une grande tristesse ; le lourd ennui de la solitude s'appesantit sur moi comme un manteau de plomb et ma pensée fut ramenée vers les jours joyeux de la jeunesse , où il y avait du soleil et des chansons , des éclats de rire et des bruits de baisers dans
cette chambre si remplie et si petite autrefois , si immense aujourd'hui.
Où êtes-vous , éclairs des grands yeux noirs , miroitements des chevelures dorées , nids à sourires, perles nacrées , refrains éclatants, langueurs amoureuses, beauté, gaieté, jeunesse? Chères adorées , où êtes-vous ?
Alors j'allai ouvrir un coffret — le cimetière des souvenirs — et je fouillai les tombes.
J'en tirai des boucles de cheveux , des fleurs desséchées , des rubans , des lettres , tout ce qui rappelle les heures folles , les heures heureuses , et, couché sur le tapis , je rangeai tout cela autour de moi.
Et je m'endormis tenant dans les mains une rose fanée et un petit billet encore tout imprégné de parfum.
Bientôt je vis s'avancer dans l'espace , portée sur de beaux nuages argentés par la lune , une file d'ombres toutes recouvertes de voiles blancs dont les longs plis allaient se perdre dans les diaphanes vapeurs qui s'élevaient de la terre.
Et une voix dit :
— Voilà le défilé des anciennes amours !
Un orchestre invisible fit entendre une har-
monie douce , traversée de notes criardes qui ressemblaient à un rire moqueur. Il y avait des mélodies languissantes , dites par les violoncelles , çà et là des sons plaintifs comme des échos de cors au fond des bois, puis des hautbois modulant une mélopée champêtre soutenue par une note grave des bassons ; la grâce et la rêverie ; parfois le chant alerte du rossignol , parfois le roucoulement du ramier. Puis tout d'un coup le cri aigu de la petite flûte dominait le concert , sardonique comme le riredeMéphistophélès.
Je me disposai à voir passer devant moi le riant cortège des amoureuses d'antan.
Vous voilà revenus, éclairs des grands yeux noirs, miroitements des chevelures dorées , nids à sourires, refrains éclatants, douces mélancolies 1... Chères adorées, je vais donc vous revoir !...
La voix alors appela : Fernande !
Fernande ! je me la rappelais bien.
C'était une belle fille brune qui s'enveloppait de sa chevelure comme d'un manteau fait des plumes noir-bleu de l'hirondelle. Elle était hautaine et impérieuse; son œil recelait l'éclair et déchaînait la tempête , et sa lèvre frémissante avait des dédains non pareils : mais l'admirable
clavier d'amour pour celui qui savait y trouver l'accord ! Je l'appelais ma marquise d'Amaëgui , et je faisais aussi des vers pour elle ! Oh ! la charmeresse ! la dominatrice 1 Elle rêvait des amours immenses, pleines de voluptés , de fureurs , de sacrifices et de dévouements épiques ; elle fascinait et subjuguait : sirène et lionne. Un jour elle partit pour suivre un soldat héroïque ; elle lui dit : « Tu te bats bien, je t'aime ! » Longtemps je la pleurai.
Fernande! Fernande ! Est-ce donc toi ? Te souviens-tu?...
L'ombre s'avança , son voile tomba ;
Et j'aperçus une femme portant un éventaire : une horrible vieille au front dénudé, flétrie, ridée, voix rauque, nez bulbeux , qui me dit :
— Fernande? Qui m'appelle? A deux sous la Valence! Rafraîchissez vos dames!... Ah ! c'est toi? Le petit chose qui était si rigolo?... Il y a belle lurette de cela! Ça ne nous rajeunit pas, mon petit !... Autrement, ça ne va pas plus mal, merci! Y a des hauts , y a des bas ! Je tiens une partie assez conséquente ! Mais voilà l'entr'acte, motus! Pas d'indiscrétions! A deux sous la Valence! Rafraîchissez vos dames !
J'étendis les bras en avant pour chasser l'horrible vision. J'étais atterré !
•Fernande! ma Cléopâtre d'il y a vingt ans ! la
reine superbe qui traînait à sa suite un troupeau d'esclaves ! Hélas ! voilà donc ce que vingt ans ont fait de votre puissance , de votre beauté , de votre charme!...
Non , non , vision sinistre , non , sorcière en rupture de sabbat , non , tu n'es pas ma Fernande aimée !...
— Hélas ! c'est pourtant bien Fernande , dit la
Une nouvelle ombre fut appelée.
C'était Marguerite.
Marguerite la bien nommée, blanche comme la fleur ; la sœur de celle de Goethe , allemande , svelte et blonde comme elle. Celle-là était rêveuse, et, comme un séraphin égaré sur la terre , tenait encore au ciel par un bout de ses ailes. Nous allions ensemble cueillir des bouquets dans les bois et dans les prés ; elle choisissait une étoile à la voûte du ciel, et, pendant des heures entières d'extase , la contemplait et semblait lui parler comme si cette étoile était la moitié de son âme, dont elle se plaignait d'être séparée. Combien je l'ai aimée! Avec elle, je m'envolais dans l'éther, et il me semblait que nous conversions avec les anges.
Un étudiant d'Heidelberg, qui était de première
force sur l'amour au myosotis, me l'enleva ; je le poursuivis et lui donnai un furieux coup d'épée. Cela me tua dans le cœur de ma maîtresse; la tendre créature, qui n'avait d'amour que pour les faibles et les opprimés , se fit sœur de charité au chevet de l'étudiant et me prit en horreur pour avoir versé le sang. Et je ne l'aimai quedavantage, l'ayant perdue, et je faillis devenir fou lorsque je n'entendis plus son petit pas si léger que je reconnaissais de si loin , ni le frou-frou de sa robe dans l'escalier, qui me donnait des battements de cœur.
— Marguerite, Marguerite, m'écriai-je, saurastu jamais combien tu m'as été chère ! Mais te voici, viens revivre avec moi quelques heures heureuses d'autrefois. Te souviens-tu?...
Les voiles de l'ombre tombèrent.
Et une femme obèse m'apparut; elle portait un bonnet orné de quantité de rubans multicolores sur un tour de cheveux fades borné à droite et à gauche par des grosses papillotes ; son visage couperosé décelait l'usage des liqueurs fortes; son corset, vaste entonnoir, soulevait jusqu'à la triple montagne de son menton une gorge en promontoire qui eût fait la fortune d'un phénomène ; ses jambes courtes et violemment jetées hors de la verticale par les rotondités abdominales supportaient avec peine le fardeau de cette masse turréiforme.
— Ah bah?.. C'est toi?., me dit-elle. Viens donc me voir : je tiens une table d'hôte à Montmartre : deux francs sans le café ; trente-cinq sous en prenant douze cachets. Et comme société. . . Je ne te dis que ça ! . . c'est choisi !.. il y a beaucoup de dames !.. des petits ménages ; c'est tout plein gentil. Après dîner on fait son joli mistron ; une vraie famille! Viens donc , ça sera drôle ; je te dirai l'histoire de l'étudiant ; il s'est brûlé la cervelle quand nous avons eu croqué la dernière médaille du magot paternel ! Ce garçon-là n'avait pas de tète ! Tu sais , c'est à six heures pour le quart !
Horreur ! Marguerite , la svelte, la poétique, la tendre Marguerite , la Mignon aspirant au ciel , devenue cette monstruosité?. . Oh non! ce n'est pas Marguerite !
— C'est Marguerite elle-même! dit la voix.
Voici Annette qui se présente au commandement.
Ah! le charmant souvenir ! la rieuse et aimable fille ! C'était un éclat de gaieté, et jamais lèvres plus roses ne s'ouvrirent sur un plus ravissant écrin de petites dents plus blanches que le lait. Elle avait la plus abondante et la plus soyeuse cheve-
lure rouge dont les peintres italiens aient jamais couronné le front de leurs madones ; j'avais loué exprès pour elle une petite chambre éclairée par le haut , parce que c'était magnifique à voir , cette luxuriante toison d'or qui s'incendiait sous les rayons perpendiculaires du soleil de midi ; c'était la fête de la couleur. Nous étions pauvres alors ; mais comme elle riait de la misère ! Une caresse , un baiser , et la roulade sonore de son rire d'éclater et de remplir la maison. On eût dit qu'on riait à se tordre à tous les étages. — Tu n'as pas d'argent? disait-elle. Tiens , voilà de l'or ! Et alors elle dénouait ses tresses et allait se placer sous le châssis vitré ; et , en effet , elle semblait porter sur la tète toutes les petites de la Sônora. Un jour elle partit pour m'acheter des cigares ; je ne la revis plus que trois ans après ; elle rapportait les cigares : a Ceux de la régie sont si mauvais, me dit-elle , que je suis allée t'en chercher à la Havane; tu ne m'en veux pas , n'est-ce pas?» Le moyen de se fâcher ! Depuis son départ je n'avais plus ri. La gaieté rentrait , je l'accueillis avec transport ; c'est si bon , la gaieté ! seulement elle avait pris goût aux voyages , et elle m'abandonna définitivement pour un paquebot transatlantique. Il est vrai que sur ce paquebot se trouvait un Mexicain qui pondait des diamants.
— Eh bien, oui, parbleu! c'est moi! me dit
une horrible' petite vieille rabougrie et ridée comme une pomme de reinette au mois d'avril. Elle était enveloppée d'un tartan à carreaux verts et rouges et portait un cabas d'où sortait le col d'une bouteille.
— Il est joli , va , le Fernand Cortez pour qui je t'ai lâché ! Ah ! l'Incas ! En voila une canaille d'Incas! Ça m'offrait des mines d'argent, et voilà tout ce que j'en ai eu , continua-t-elle , en me montrant une jeune fille qui la suivait. Du reste, je m'en console, parce que Honorine est une bonnefillejtuvois, je la mène à sa répétition: elle danse déjà comme un ange ; l'an prochain nous serons coryphée. Et une chance, mon ami ! Il n'y a que ces enfants de l'amour pour avoir de ces chances-là ! Pas plus tard qu'il y a un mois , elle a été remarquée par un mylord russe qui vous a mis ça dans le bois de rose et la porcelaine de Sèvres, qu'il a des attentions pour elle à vous mettre les larmes aux yeux. Je les aide à faire leur ménage , ces pauvres enfants , et j'empêche les cabots de tourner autour d'Honorine; c'est si fragile les mylords russes! C'est égal , viens donc nous voir un jour que le Cosaque sera sorti ! . . .
Ah ! justice de Dieu ! Est-ce donc cette Annette tant aimée , tant aimable , si folle mais si bonne , qui est tombée dans cette décrépitude
morale , plus hideuse encore que sa décrépitude physique?. . .
— En vérité , c'est Annette ! dit encore la voix.
Et toutes m'apparurent ainsi.
Juliette , la jolie Juliette que les peintres les plus célèbres suppliaient à genoux de venir poser les madones , Juliette est ouvreuse de loges.
Camille, qui a éclaboussé au bois des ducs et des ambassadeurs ; Camille qui a ruiné des banquiers et peuplé l'armée d'Afrique de fils de famille , interdits grâce à elle , court aux portières des voitures dans les Champs-Elysées avec un bouquet de vingt sous , et dit d'une voix éraillée : « Fleurissez vos épouses ! »
Madeleine , Hortense , Antoinette , qui ont été belles , adorées , fêtées , qui ont fait verser des larmes et du sang pour un sourire , sont livrées aujourd'hui à la misère atroce , sans espoir.
Toutes sont entrées dans cette partie de la vie, désolée , solitaire , méprisée, à la porte de laquelle, comme à celles de l'enfer il faut laisser toute espérance.
LA REVUE DE MINUIT. 8l
Voilà donc , grand Dieu ! comment le Temps me rendait toutes les illusions de ma jeunesse !
Partout, hideur , honte, décrépitude!
Pourquoi avais-je voulu savoir? Pourquoi avaisje voulu voir?. .
Comme elles étaient belles, il y aune heure encore, et adorables , et adorées , les charmeresses , dans les vagues lointains du souvenir! C'est là qu'il les fallait laisser. Quand Musette est partie, n'allons pas rechercher Musette; gardons-la dans un coin de notre souvenir, et à chaque appel de notre imagination elle apparaîtra avec la robe blanche de la chanson , avec ses vingt ans , sa grâce juvénile et sa gaieté. Mais ne tentons pas de voir, de nos yeux même , ce que le monde en a fait.
Et Musette qui n'est plus elle Disait que je n'étais plus moi.
Cependant une dernière ombre s'avança et laissa tomber ses voiles.
Et j'aperçus une toute jeune fille , aux traits purs et charmants , à la démarche chaste et noble, qui me tendit la main.
Et je sentis cette petite main trembler dans la mienne.
— Oh ! douce vision , m'écriai-je , je te recon-
nais bien ! Toi seule as traversé la vie en gardant ta pureté première. Voici bien les beaux yeux qui tant m'ont fait rêver , 6 Marie ! et cette chère petite main qui tressaille encore dans la mienne comme autrefois !
Je te reconnais bien , chère ombre du passé , Marie, souvenir radieux!
Tu t'appelles : le premier amour !
— Et rappelez-vous, mon ami , me dit la douce jeune fille , que ma mère nous a séparés le jour même où, pour la première fois , nos lèvres allaient s'unir !