‹ Mademoiselle PascalChapitre 15 sur 26 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

THÉRÈSE, puis ANNE

THÉRÈSE, seule.

Oh ! non, pas ça !... Pas encore, ô mon Dieu !... Et je n'avais rien prévu, rien remarqué, rien de\'iné !... Mais qu'ai-je fait? Elle va le prévenir... (Courant à la porte et appelant :) Juanita !... Juanita !... (C'est Anne qui paraît.) Où est-elle? Juanita?... Vous ne l'avez pas vue?... Cherchezla. Elle passe ordinairement par la petite porte au fond du jardin. Raccompagnez-la jusque chez elle. Jusque chez elle, vous m'entendez... Je ne veux pas la savoir seule, par les routes, à cette heure. Il va faire nuit. Courez !.., Et dès que M. Paul rentrera, dites de ma part qu'on le prévienne que je l'attends ici. Il faut que je lui parle.,. Où est ma mère?

ANNE

A l'église. Ces dames l'ont^emmenée au Scilut.

Thérèse"" Dépêchez-vous.

(Anne sort. — Thérèse, seule, va et vient dans la pièce, prêtant l'oreille aux moindres bruits du soir qui viennent de la maison et de la campagne. Enfin, elle, s'accoude à la cheminée et murmure :)

Mais, à quoi donc cela sert-il d'avoir tant souffert?... puisqu'on devient toujours plus lâche, plus craintif ; et que le dernier aveu... l'aveu qui délivrerait cependant... on l'écarté de la sorte, de jour en jour, d'heure en heure, n'importe comment, par n'importe quelle ruse... (Et se couvrant la figure des deux mains :) n'importe quelle infamie !...

(Elle pleure. La nuit envahit le salon. Quelques secondes s'écoulent. Une omhre se dessine dans le jardin, derrière la porte vitrée. C'est Paul. Il entre. Il est en costume de chasse. Au brui', Thérèse essuie ses yeux et, dans lu pénombre, s'avance jusqu'au milieu de la pièce.)

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