‹ Mademoiselle PourquoiChapitre 17 sur 32 · LES SUITES D'UNE BONNE OEUVRE · texte numérisé non relu

LES SUITES D'UNE BONNE OEUVRE

Alice voulut se charger du panier, mais il était trop lourd, il fut décidé que la bonne le porterait.

Arrivées à l'adresse donnée par la petite marchande d'épingles, les visiteuses se firent indiquer la chambre de M"'^ Lebon.

— C'est au cinquième, répondit la concierge, la porte à droite ; puis, sans qu'on lui demandât d'autres renseignements, elle ajouta :

— La pauvre femme est bien malade, et personne, pas un homme, pour gagner à la maison ; sans la petite Maria, elle serait toute seule. J'y fais ce que je peux, les voisines de même; mais, vous savez, ma bonne dame, on n'est pas riche.

La brave femme parlait encore que M"'^ Monval, suivie d'Ahce, montait l'escalier assez raide, sombre et mal tenu.

Arrivée devant la porte indiquée, elle frappa doucement; aussitôt, la petite Maria vint ouvrir ; en reconnaissant la belle dame des Tuileries, sa figure s'épanouit et, courant vers sa mère :

— Maman! maman, s'écria-t-elle, c'est

MADEMOISELLE POURQUOL

la dame qui m'a donné les sous. Tu vois qu'elle est venue nous voir.

Demeurée près de la porte, M'"® Monval regardait autour d'elle, et son cœur se serrait en constatant le dénuement qui régnait dans la mansarde.

Un lit de bois blanc, garni d'une paillasse, avec un vieux châle pour couverture, un petit bufTet et deux tabourets de paille grossière en composaient tout le mobilier. Sur ce lit était couchée une jeune femme, pâle, amaigrie, les joues creusées par la souffrance.

— Je vous apporte quelques provisions, dit la visiteuse.

— Et moi, je t'apporte des joujoux, fit Alice, en présentant à la petite pauvre une boîte de carton soigneusement enveloppée.

— Je vois, reprit M"^^ Monval en s'avançant, qu'il vous faudrait aussi un médecin. Il y a longtemps que vous êtes malade ?

— Depuis le commencement de l'hiver, ma bonne dame ; le médecin est venu deux

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