‹ Mademoiselle PourquoiChapitre 18 sur 32 · LES SUITES D'UNE BONNE CEUVRE · texte numérisé non relu

LES SUITES D'UNE BONNE CEUVRE

fois ; mais, voyant que je ne pouvais pas acheter les médicaments, il n'a pas continué ses visites.

— Et vous restez ainsi sans feu, sans aucune ressource ?

— J'ai eu un peu d'aide dans les commencements, chacun s'y prêtait; mais dame! les voisins ne sont pas riches non plus.

— Cependant, il faut vous soigner, vous rétablir promptement pour élever cette chère petite, conclut M"'^ Mouval, en donnant une caresse à l'enfant. Allons, prenez courage ! Je vous enverrai demain du bouillon, un peu de vin vieux, et quand vous serez plus forte, je vous donnerai du travail.

Sans attendre les remerciements de sa protégée, la maman d'Alice se dirigea ensuite vers la porte.

— Nous reviendrons, n'est-ce pas, mère?

supplia cette dernière. Vois comme elle est contente, ajouta la fillette, en montrant la petite Maria, assise par terre, très occupée à étaler autour d'elle les jouets qu'on venait de lui apporter.

72 MADEMOISELLE POURQUOL

— Oui, mon enfant, je reviendrai dans quelques jours, dit M""^ Monval, en commençant à descendre avec précaution l'étroit escalier, cette pauvre femme m'intéresse beaucoup.

— Si je suis sage, tu m'emmèneras avec toi? supplia Alice.

— Si tu es sage, en effet, si, chaque matin, je suis contente de tes leçons, ce sera ta récompense.

— Oh ! quel bonheur ! dit la fillette en sautant les dernières marches de l'escalier, car on était arrivé en bas.

— Cette joie prouve ton bon cœur, mon enfant, approuva la maman; faire le bien, faire des heureux, lorsque notre situation nous le permet, c'est la plus grande satisfaction que l'on puisse éprouver ici-bas.

Cependant une chose préoccupait notre fillette :

— Maman, demanda-t-elle après quelques instants de réflexion, est-ce que la petite Maria ira encore vendre des épingles à la porte des Tuileries ?

— Sans doute, répondit M'"^ Monval,

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