‹ Mademoiselle RosalindeChapitre 21 sur 22 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

Neul heures du soir venaient de sonner aux horloges des palais élégants qui avoisinent la barrière de l'Étoile, aux Champs-Elysées. A l’hôtel de M lle de Yillefort, un' seul appartement, celui du rez-de-chaussée, était éclairé.

Des ordres sévères avaient été donnés aux gens de la maison pour ne recevoir, ce soir-là, qu’une seule personne, le marquis de Malatesta, qui devait se présenter vers neuf heures, et une autre personne venant de la part de M. Talamon. Cette seconde visite devait avoir lieu à neuf heures et demie.

Le marquis fut exact au rendez-vous.

A l’heure dite, on l’introduisait dans le salon du rez-de-chaussée, éclairé comme pour une réœption ordinaire.

Il arrivait suivi d’un domestique, à qui il avait donné

l’ordre d’attendre dans la cour de l’iiùtel sans quitter un instant la voiture.

M. de Malalesla était vêtu d’un habit noir sévèrement , boutonné sur la poitrine. 11 tenait sous le bras une petite cassette d’un bois de rose et d’acajou, fermée par une serrure dont l’ouverture était cachée par un large bouton d’acier. Le marquis posa celte cassette à l’angle de la table du milieu, et, prenant un fauteuil, il s’assit auprès du précieux coffret, de manière à l’avoir toujours sous la main.

Ce soir-là, on remarquait plus de pâleur qu’à l’ordinaire sur le visage du visiteur ; mais son regard n’avait ni plus ni moins d’assurance; sa parole conservait son calme et sa fermeté habituels ; ses manières n’avaient rien d’étrange.

11 attendit cinq minutes en sifflant très-discrètement une fanfare de chasse.

Tout à coup, comme s’il cédait à une inspiration subite, il se leva et il alla entr’ouvrir discrètement la porte du petit salon bleu.

Cette pièce était éclairée. M. de Malatesla s’assura que personne n’était là, et il referma la porte. Il y avait une serre attenante au grand salon du coté opposé. Le marquis entr’ouvrit également la porte, et.rassuré, il revint prendre sa place auprès du coffret.

Quelque chose de bien sérieux allait donc avoir lieu dans ce bel appartement du rez-de-chaussée, où tout riait d’élégance et de bon goût. * .

Cependant on entendit des pas légers dans l’antichambre: c’était Rosalinde, qui, descendue du premier étage, arrivait au salon. Elle était vraiment d’une beauté

suprême; elle était vêtue d’une simple robe de soie couleur feuille-morte ; elle avait les bras nus, c’est-à-dire sortant d’un flot de dentelles, et ses cheveux étaient très-simplement enroulés, formant une blonde couronne tombant très-bas en arrière, une couronne digne de Bérénice mise au rang des constellations.

Ce soir-là, Rosalinde avait le regard d’une rare limpidité; elle était d’une blancheur mate, mais qui ne tenait pas de la pâleur. Toute souffrance morale paraissait l’avoir quittée. Sa bouche, rose et fraîche comme une fleur entr’ouverle à la rosée, souriait avec une adorable sérénité.

Quand M, de Malatesta la vit s’avancer si splendidement belle, il ne put se défendre d’un mouvement d’admiration.

— Mademoiselle, lui dit-il en la saluant, vous voilà bien remise de votre fièvre. On ne saurait avoir plus de calme et plus d’apparence de bonheur.

— Eli! pourquoi, monsieur, me donnerais-je à plaisir de l’inquiétude? reprit-elle en allant s’asseoir sur un canapé aux pieds dorés. Tout m’a réussi au delà de mes espérances.

— Votre billet de ce matin me l’a déjà dit, reprit le marquis. Ainsi donc, nous avons la somme, l’énorme somme demandée ?

— Nous l’aurons dans une demi-heure , monsieur, répondit Rosalinde.

— Ah! l’argent n’est pas encore dans la maison ? reprit Malatesta un peu inquiet et portant machinalement la main sur la cassette.

— Il y sera fidèlement dans une demi-heure. Je n’avais pas envie de garder chez moi une pareille somme, pour tenter les brigands»

Monsieur le marquis eut un imperceptible mouvement nerveux, qui indiquait peut-être une grande contrariété.

— C’est juste, reprit-il, en s’asseyant à sa même place, près du coffret. Oserai- je vous demander, mademoiselle, continua-t-il, si monsieur votre tuteur a été bien étonné, bien difficile, dans cette occasion ?

— Mon tuteur, comme à l’ordinaire, a été excellent. Seulement, il m’a fallu entourer ma demande de tant de précautions, il m’a fallu inventer une fable si longue et si difficile, pour légitimer celte demande exorbitante, que j’en ai été brisée, malade. Oh ! comme il m’a fallu mentir... pour cacher cet affreux motif, cette affreuse .histoire de la cassette que je vois d’ici sous votre main !

— Oui, mademoiselle, la voilà, cette bienheureuse cassette qui, étant en votre possession, va assurer le repos, le calme, la splendeur de votre existence.

— Et votre ami, le détenteur de ce coffret aux papiers, n’a donc pas voulu se présenter lui-même ce soir, ici ? la chose en valait la peine. Lui avez-vous bien dit au moins, de ma part, monsieur de Malatesta, que je le regarde comme un insigne voleur ?

— Il le sait parfaitement, mademoiselle.

— Comme un lâche assassin qui met le couteau sur la gorge aux gens pour leur arracher de l’argent! Le lui avez-vous bien dit?

— Il n'ignore rien de vos sentiments à son égard, répondit Malatesta. Vous comprenez alors pourquoi il n’a pas voulu venir lui-même...

— Et il vous a envoyé à sa place ! dit Rosalinde. 11 faut qu’il ait en vous une confiance bien illimitée, cet homme-là! C’est un million que vous allez loucher pour lui, monsieur...

— Eli! mademoiselle, reprit le marquis d’un air de fat superbe, est-ce que vous croyez qu’un million et moi n’habitons jamais ensemble? ou bien serait-ce que vous me supposeriez capable d’emprunter cette somme à mon ami par un emprunt forcé?

— Je ne suis nullement obligée de vous expliquer mes pensées et mes convictions, monsieur, dit Rosalinde. Songeons plutôt à vérifier les papiers contenus dans celte cassette maudite. Je vous préviens que je veux les voir, les loucher, les lire tous, depuis le premier jusqu’au dernier.

— Vous en avez le droit, mademoiselle, dit le marquis. Seulement, comme cette vérification ne demande pas plus de cinq minutes, et comme, la vérification faite, je vais vous remettre ces litres en échange de la somme convenue et sans désemparer, permettez- moi, avant d’ouvrir le coffret, d’attendre l’arrivée du messager qui porte l’argent.

— Soit! dit Rosalinde en respirant un flacon de sels anglais.

— Ce messager, mademoiselle, est-il bien sûr, est il de votre choix?

— C’est l’homme de confiance de M. Talamon, ditelle.

— M. Guillaume?

— Précisément. Ne m’avez-vous pas vanté sa probité, son habileté, sa discrétion ? Ne m’avez-vous pas même conseillé de l’avoir dans mes intérêts et pour ami, en quelque sorte ?

M. de Malatesta devint rêveur. Ses réflexions avaient probablement pour sujet les éventualités qui pourraient survenir delà présence du courtier à cette opération qui allait avoir lieu.

— Bah ! se dit-il en lui-même, après un moment d’ennui, Guillaume est plus intéressé que tout autre à garder le secret. N’a-t-il pas de l’argent, beaucoup d’argent à recevoir de moi pour ses services occultes ? J’ai joliment bien fait de l’avoir corrompu.

— Monsieur, dit tout à coup Kosalinde, impatientée d’attendre, je vous ai affirmé sur ma parole que l’argent va m’être apporté; je ne vois pas pourquoinous ne procéderions pas tout de suite à la vérification des papiers. Ce sera chose faite d’avance. Votre obstination est impolie, monsieur; vous me rendez la fièvre.

Malatesta hésita encore un momont. Il serrait sous sa main le coffret, il jetait çà et là certains regards inquiets. Enfin, prenant son parti, il dit en affectant de la gaieté :

— Me préserve le ciel de donner la fièvre à une si belle personne! Soit, mademoiselle, l’argent va venir. Ouvrons la cassette.

Rosalinde s’était élancée du canapé vers la table. Une grosse lampe brûlait sur cette table, qui séparait Malatesta de M lle de Villefort.

Ces deux personnages , en face l’un de l’autre , agités par les passions les plus violentes, jeunes et beaux tous les deux, sur la défensive tous les deux comme dans un duel dangereux , ces deux personnages offraient certainement une des plus curieuses éludes pittoresques et physiologiques du monde. Malheureusement, un peintre n’était pas là pour rendre la scène sur une toile.

Le marquis avait pris une clef dans le gousset de son gilet, il l’avait introduite dans la serrure du coffret. 11 tourna deux fois cette clef d’une main nerveuse ; la serrure grinça, elle jeta comme un cri satanique.

La main du, marquis souleva le couvercle , plongea dans la cassette pour saisir les papiers, et puis... cette main se retira si vivement qu’on l’aurait crue mordue par un serpent. Malalesta saisit la cassette ouverte , il baissa la tête, plongea dans l’intérieur un regard de feu, et frappant tout à coup un vigoureux coup de poing sur la table, il sacra et blasphéma horriblement.

Rosalinde avait vu la cassette ville. Épouvantée, elle s’était reculée de six pas en arrière, près de tomber sur le parquet.

— Qu’est-ce donc? s’écria-t-elle. Tout est donc perdu?...

— Non, jour de Dieu! non, sang et tonnerre ! reprit le marquis en refermant énergiquement le coffret. C’est un trait de l’enfer î mais Satan lui-même ne m’échappera pas.

Alors Rosalinde le vit, pâle comme la mort , debout et raide contre la table , ayant à la main droite un large poignard qu’il avait tiré d’une gaine cachée dans la poche de côté de son pantalon.

Nous l’avons dit, devant un danger quelconque cette fille était d’une bravoure soudaine, incomparable.

Elle avait là, devant elle, un homme rugissant de rage, armé d’un couteau, un homme agile et fort, violent comme la poudre, d’une moralité plus que suspecte ; elle avait devant elle peut-être un assassin furieux. Eh bien, elle ne témoigna pas la moindre faiblesse, mais se redressant avec fierté :

— Monsieur, dit-elle, j’ai là, dans mes antichambres, quatre domestiques dévoués, je puis vous faire saisir et vous livrer aux mains de la police... Que signifie ce couteau? Voulez-vous m’assassiner? Mais, malheureux! j’ai sous la main, de tous côtés, dans ce salon des sonnettes de secours.

Et sans bouger de place, comme par enchantement, elle fit un mouvement du pied qui tout à coup produisit un son de timbre éclatant dans l’antichambre.

Comme réveillé en sursaut, Malatesta rengaina son poignard dans le pli de son pantalon et reprit une attitude calme sur son fauteuil.

Un domestique survint.

— Antoine, dit Rosalinde d’une voix claire et ferme, voyez donc si personne n’est venu de la part de M. Talamon.

Le domestique sortit; il revint une minute après en

annonçant que personne ne s’était présenté; il se retira. Rosalinde alla reprendre sa place sur le canapé.

Un moment de silence succéda à cette scène étrange et rapide.

Rosalinde reprit la première la conversation.

— Certainement, dit-elle, ilse passe ici quelque chose 4’extraordinaire, mais ce qui m’étonne surtout, c’est de vous avoir vu, monsieur, vous armer d’un poignard! J’aurais peut-être lieu de me féliciter de n’avoir pas eu chez moi la somme d’un million, car enfin, l’argent étant là sur cette table, et la cassette ne contenant plus ces papiers, qui me répond que je serais vivante dans ce moment-ci ? Parlez, expliquez-vous, l'homme au couteau ?

— Vous m’insultez! dit Malatesta avec un sourire infernal.

— Je ne vous insulte pas, je vous interroge. Veniezvous me tuer après avoir attiré un million, par la ruse, sous vos mains ?

— Vous m’insultez!... reprit Malatesta en jetant sur elle un regard livicle.

— Eh bien, dit Rosalinde, trêve aux questions! Maintenant, qu’allez-vous faire ? Que sont devenus ces papiers?

• — Je n’en sais rien, répondit le marquis d’une voix altérée, je m’y perds; je les cherche... je ne vois rien.

— Ah ! s’écria Rosalinde en voilant son visage de ses mains, je suis donc perdue, moi!

— Oui , répliqua le méchant homme , vous êtes ruinée, avilie... la vérité se fera jour; vous serez la fille bâtarde, et l’adorable Rosemonde, la fille légitime, la grande dame!...

— Bourreau ! cria la pauvre folle éperdue , taisezvous !

— Me taire! reprit Y homme au couteau , eh parbleu! c’est facile. Nous arriverons à grand’chose par le silence et l’inaction!

— Mais que faire? demanda M lle de Villefort.

— Que faire ? Si je ne parlais à une femme, c’est-àdire à un être né pour la douleur et la patience dans le martyre, je saurais peut-être | bien conseiller ce qu’il “ faudrait faire. Mais bah! à quoi bon?

Une femme est une femme, et la peur la prend dans certaines occasions terribles.

— Ai-je fait preuve de faiblesse? dit Rosalinde pâle et frémissante.

— Non. Seulement, ce que j’ai dans la pensée ne peut être expliqué : vous crieriez d’épouvante. Bah! vivez

dans la misère et dans l’abjection.

— Monsieur, expliquez-vous, je le veux! lui réponditon d’un air égaré, d’une voix étrange et qui ressemblait à la voix d’un spectre.

— Les papiers ont disparu, et probablement, reprit-il, * ils sont déjà entre les mains de personnes qui en feront un bon usage. De deux choses l’une : ou il faut retrouver à l’instant, cette [nuit même, ces papiers, pour vous sauver, ce qui est impossible, ou bien...

— Expliquez-vous !

— Ou bien, il faudrait, vous allez entrevoir ma pensée, il faudrait que, par un hasard heureux, inattendu, inespéré , la personne que ces titres vont légitimer en vous dépouillant , fût prise d’un mal soudain , violent...

— Ah! s’écria Rosalinde en se renversant sur le canapé.

— Malheureuse! dit vivement Malatesta en courant à elle, vous perdez la tète, vous faiblissez, vous défaillez avec une lâcheté qqi vous perd. Malheureuse! un seul moyen vous sauve, vous rend tout, et vous reculez ! Rosalinde, l’instant est suprême; il va décider de toute votre existence. Les papiers terribles deviendront nuis , * impuissants ; vous resterez ce que vous êtes ; j’agirai seul, avec un mystère inviolable; mais il faut votre consentement et le million... Consentez! je ne vous demande pas un acte, pas une parole, je vous demande de consentir par le silence...

Si M I,C de Villefort garda le silence en ce moment, si elle ne se redressa pas d’indignation et ne fit pas saisir par ses gens l’infâme qui venait de proposer un assassinat, c’est que, anéantie sous la douleur, sous une épouvantable émotion, elle avait à peine l’usage de ses sens, il faut le croire du moins. Rien ne l’affirme, cela est vrai ; mais pour l’honneur de la sœur de Rosemonde, il faut le croire.

Les dernières paroles de M. de Malatesta venaient d’être prononcées; les deux battants de la porte du salon s’ouvrirent et un domestique annonça:

— Monsieur Guillaume!

Rosalinde jeta un cri, et, se levant du canapé avec une sorte d'égarement, elle courut au-devant de l’homme de confiance de M. Talamon.

M. Guillaume tenait sous le bras, mais enchaîné à sa boutonnière, un très-gros portefeuille.

— Monsieur, monsieur, dit Rosalinde, n’entrez pas ici !

— Gomment? répondit Guillaume avec une fermeté inouïe, je vous apporte un million et vous ne voulez pas que j’entre? Mais, mademoiselle, j’ai un mandat trèssérieux à remplir.

— Lequel , monsieur ? demanda-t-elle , les mains jointes et pâlissant comme une morte.

— Lequel? Mais vous le savez bien, dit le- courtier, j’apporte un million que vous devez à M. de Malatesta que voici et qui vous a sauvé l’honneur... au prix d’un million. N’est-ce pas, en deux mots, ce que vous avez expliqué en deux heures à votre tuteur?... Voici le million.

M. Guillaume tenait à la main son portefeuille.

M. de Malatesta, le sourire sur les lèvres, beau et calme comme le plus honnête homme du monde après une bonne action, M. de Malatesta s’avança et, tendant les mains au portefeuille qu’il couvait des yeux

— Donnez, dit-il, donnez, mon cher monsieur Guillaume.

— A moi ! cria tout à coup le courtier d’une voix tonnante. A moi! et arrêtez cet assassin!

La porte s’ouvrit avec un bruit terrible et quatre hommes vigoureux, fondant sur Malatesta, le saisirent avant qu’il eût le temps de reculer et de tirer son couteau.

— Tu es pris, misérable chien ! dit Guillaume en se redressant et devenant tout à coup un homme nouveau, jeune encore et d’une dignité suprême.

Puis, s’adressant aux agents de la force publique:

— Conduisez-le à qui de droit, messieurs, ajouta-t-il, et avant tout désarmez-le. 11 est fort et d’une adresse merveilleuse. Son nom véritable est Barcolacehio. Il était, il y a dix ans, chef de brigands dans les montagnes de la Calabre et de la Romagne. 11 a assassiné et volé sur les grandes routes, et vous voyez que, par habitude, il continue il voler dans la ville de Paris et, au besoin, à assassiner. Emmenez ce chien lié ! je n’ai plus à m’occuper de lui, moi. .le vous recommande aussi son logis; c’est une caverne de voleurs.

Un agent de la police de sûreté, s’exprimant dans un idiome moins énergique et moins pittoresque que celui de M. Guillaume, donna ordre, en effet, qu’on emmenât au dépôt Tonio Barcolacehio, contre qui un mandat d’arret avait été lancé depuis bien des années, mais qui, transfiguré en marquis de Malatesta, avait fondé à Paris plusieurs entreprises industrielles for industrieuses, et qui menait bravement la vie la plus élégante du monde.

Quand M. Guillaume se trouva seul en face de Rosalinde, il lui dit avec une fermeté qui ne permit pas à celle-ci de répliquer une parole :

— Prenez une mante et un chapeau, mademoiselle, et veuillez me suivre à l’instant chez M. Talamon, votre tuteur; j’ai mes ordres.

Une femme de chambre apporta à sa maîtresse les vêtements nécessaires pour sortir; M. Guillaume invita même cette femme à accompagner M ,,e de Villefort.

Une voiture attendait dans la cour. Rosalinde, sans prononcer une parole, se laissa conduire jusqu’à la voiture, elle y monta : sa femme de chambre prit place à côté d’elle; M. Guillaume se mit sur le banc de devant dans la berline.

La voiture partit rapidement.

Quand elle doubla le coin de la rue pour entrer dans l’avenue des Champs-Élysées, Rosalinde jeta un long et mélancolique regard sur les beaux arbres de son jardin et sur les fenêtres illuminées de son hôtel, et elle comprit avec un serrement de cœur inexprimable qu’elle ne rentrerait plus dans cette délicieuse habitation.

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