‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etc (volume 2)Chapitre 19 sur 48 · I02 , , PAU · texte numérisé non relu

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avec sa barette et sa blouse blanche , s'acheminait vers réglise. Les femmes étaient aussi sur la route avec leurs capuleis doubles de rouge , et de jeunes enfans nous offraient , le long du chemin, les premières fleurs du printems. Après une étape de huit lieues, quand le soleil a échauffé la route , il est agréable d'apercevoir le clocher de la ville qui nous promet le repos. Aujourd'hui Ton voyait de loin de vieilles tourelles qui se dessinaient sur la blancheur des Pyrénées ; aujourd'hui nos trompettes ont sonné : me Henri IF! c'est à Pau que nous sommes entrés! Nous quittons Bordeaux, nous arrivons à Pau : la ville du Douzê-Mars , la ville du bon Henri.... Ventre-«aint-gris! voilà trop d'émotiom pour moi', pour moi , qu'on peut appeler un pé^ ierinUaficf '

Les neiges' commencent à fondre sur

les hautes montagnes , et le Gave coule au pied du parc avec une rapidité nouvelle et dcs-mur^ mures pleins de charmes. A gauche, voici le château avec ses tourelles, son balcon et ses magiques souvenirs ; à l'horizon , voici les Pyrénées. De la cavalerie défile sur le pont ; on entend les tambours et la nrasique d'un régiment

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qui part pour TEspagne. ...... // rCest phs de

Pyrénées ! Henri IV! Louis XIV ! tout est beau , tout est grand , tout est poétique dans ce paysage.

Le château est situé sur un tertre escarpé ; il est entouré , du c6té de la ville , de fossés larges et profonds. On arrive à. un pont : une croix de mission est à gauche ; on vmt devant soi la pointe d'une chapelle ruinée ; une tour démantelée et couverte de lierre domine une entrée sombre et voûtée. Quelques pas, et vous êtes dans la cour du château. C'est une enceinte obloligue entourée de bâtimens irréguliers ; la façade du fond est ornée ^e médaillons : ils contenaient les portraits en relief des rois et des reines de Navarre ; le tems^ et la révolution les ont détruits.

C'est un Ueu d'un aspect sévère et triste» L'air y est froid ; la hauteur des murailles y laisse difficilement pénétrer les rayons du soleil ; l'oiseau de proie crie autour des créneaux détruits... On a blanchi les murs à l'extérieur ; mais ce sont toujours des ruines. On leur a enlevé , de gaieté de coeur , leur couleur vénérable , sans songer à le^ donner une nouvelle solidité. Ce replâtrage masque traîtreusement les progrès de la destruc^

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tion J'ai vu bien d'autres monumens traites

de cette étrange manière \

On a fait grâce de ce maladroit air de jeunesse à la grave tour en briques. Ce n'est plus la prison des malfaiteurs du pays ; c'est toujours cela de gagné. Au pied du grand escalier , dans une place beaucoup trop étroite et beaucoup trop obscure , s'élève une belle statue de Henri lY. La pose du héros est pleine de noblesse et de franchise , et l'expression de la figure , de toutes les statues du bon roi que je connais , est , sans contredit , la plus heureuse. Il sourit à fous ces braves qui viennent faire un pèlerinage aux lieux de îsa naissance ; il est fier de voir ^t% enfans entourés de semblables soldats. Il a raison : ils sont tels quHls peuvent les présenler açec confiance à leurs amis et à leurs ennemis!

AUez visiter le château à midi, après l'inspection de séjour! Du fond des antiques bâtimens , vous entendrez les tambours qui s'approchent et la musique qui réveille ces vieux échos avec tes airs qu'ils sont habitués à répéter. Le drapeau blanc passe sur le pont , et s'incline sous les voûtes de l'entrée : ce sont, les grenadiers et les voltigeurs d'un régiment français fui

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viennent fendre hommage à celui qui, comme eux y savait boirt et battre!

Si TOUS voulez connaitre de nobles émotions , si vous voulez sentir la puissance de ce nom , attendez que ces braves soient entrés en silence

dans la salle principale « Voici le berceau de

Hemi iVl » et vous les verrez s'approcber

avec un murmure de plaisir et d'empressement ! et les mains y avec respect , se portent aux schakos ; et les armes s'agitent ; et les bras s'étendent vers le noble berceau Ils le bénissent

comme si le fils de Berri y dormait! Le vieux soldat s'attendrit : au feu du bivouac , de son tems , on parlait déjà de ce vert-galant qui mentait en nommant le plus brave de son armée. Le jeune soldat pleure v car son vieux père charma souvent le coin du feu de la ferme avec les récits de ce roi qui , en courant le cerf dans les grands bois de Rambouillet et de Fontainebleau , aimait ^ tant à s'égarer pour trouver l'hospitalité de la chaumière.

C'est là qu'on répète le serment de fidélité à ses descendans. Plusieurs de ces sermens sont écrits et déposés dans l'écailIe de tortue qui fut le premier lit du bon roi. On y trouva, le 3 1 mars,

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afffès la visite que les gardesrdurcoips ont aus^i faite au berceau, cette pièce de vers que j'ai retenue::

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