L£S DEUX CAMPAGNES
» Mon lancier vient de m'apporter un morceau de pain et un oignon. C'est un brave garçon ; il a été obligé de mettre le sabre à la main pour les avoir... J'ai encore du vin dans ma peau de bouc ; je soupe au coin du (eu.
» Je vais écrire à mon Alexandrine... Quand la reverrai-je? quand sera-t-elle à moi** Si la paix se faisait... J'espère bien que non. Nous ne quitterons l'Espagne que lorsque te nouveau roi sera bien solide sur son trône, et ça ne sera pas demain. D'ailleurs n'avons-nous pas la Prusse , l'Autriche, ou la Russie? La guerre!... je ne veux la revoir qu'avec la double épaulette.
» Aux armes! je viens d'entendre un coup de carabine. C'est la vedette qui se replie..... nous sommes attaqués!
» Le pauvre commandant que Ton devait citer sur le bulletin a été tué dans cette escarmouche de nuit;.. »
«c Le 1 7 mai 1823, le quartier-général a été porté à Buyatrago. Cette ville est sur le revers de Sommo-Sierra , du côté de Madiid. J'ai revu
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le champ de bataille où mou ancien régiment fit une si belle charge... C'est dans la nuit qui suivit cette affaire que fut tué le brave commandant Martin.
» Le régiment n'a pas perdu, jusqu'à présent, un seul homme. Les soldats oublient lemrs fatigues, et reprennent une nouvelle ardeur à l'aspect de celui qu'ils suivent. Toujours au milieu d'eux , il partage leurs travaux ,. leur bivouac , comme il partagerait leurs dangers si l'ennemi se présentait,
» Il ne faut pas que j'oublie de m'informeif quel était le brigadier qui était d'escof te hier aux équipages du prince. Son cheval s'est abattu dans une descente. Il s'est grièvement blessé , et le prince a fait demander son nom.
» Mon fils Alexandre, qui m'a écrit, est dans renchantement. Le général, qui l'a pris, à sa sortie de Saint-Cyr, comme officier d'ordonnance , lui a promis de le citer dans un de ses premiers rapports... Il est toujours devant Pam-^ pelune.
» J'ai reçu aussi une lettre de Paris. .« Ma femme m'apprend la retraite du duc de Bellune.
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Tons les officiers k qm j'ai fait fsti de cette nou- Telle en sont fâchés.
» Nous n'avons été nulle part reçus arec plus d'enthousiasme qu'à Monsierra , où j'airoulum'arréter par souyemr. Tous les habitans étaient accourus au devant de nous. Les clocbes sonnaient. On criait : ymnt France ei Espagne! Nous avons trouvé des inrovîsions en abondance. Nos soldats ^e ^ont bien rafraîchis, et tout a été exactement payé,
» Nous ayons pris dans le village un gmde , car le régiment a été détaché sur la gauche.
C'était un grand jeune homme, armé d'une escopette et de pistolets , qui marchait devant nous. Il paraissait soucieux , nous regardait d'un, air sombre , et ne répondait rien aux paroles amicales qu'on lui adressait. Je ne savais trop qu'en penser... Cependantil nous a bien co^uits. Quand nous avons été à notre destination, il m'a dit en espagnol : « Vous voilà où l'on vous a dit d'aller; adieu! Si lefs libemlès vous avaient attaqué en route , )e me serais battu à côté de vous , et cependant vous êtes Français ! Je n^aime pas les Français... ils ont tué mon père la dernière fois