LIVRE PREMIER II
Et d'espérer un sort plus doux, Je languis dans l'incertitude, Et peut-estre n'en aurez-vous Qu'un prétexte de moins à vostre ingratitude.
Iris ne peut se défaire De deux ennuyeux cousins, Qui, pour comble de misère, Sont encore ses voisins.
A cause du parentage, Il faut bien les recevoir; A cause du voisinage, Ils demeurent tout le soir.
Ainsi toutes les journées, A mon amour destinées, S'écoulent sans aucun fruit.
Cette belle n'a rien de libre que la nuit. Mais, helas! ce temps favorable N'est pas fait pour un misérable.
Iris, vous m'aymiez Fautre jour;
Aujourd'huy vous ne m'aymez gueres ;
Mais ce sont là de vostre amour
Les inconstances ordinaires.
Je n'en suis fâché qu'à demy, Je suis fait aux chagrins que ce malheur me cause; Dans vostre belle humeur si j'obtiens quelque chose,
Autant de pris sur Pennemy.
Le caprice des yeux est le maistre en amour : Les vœux, les soins et les services, Les desespoirs et les supplices, Ne vous avancent pas d'un jour.
Pressez, persévérez, c'est aux yeux qu'il faut plaire ; Mais, lorsque par leur ministère