‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 23 sur 79 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Le cœur une fois a conclu, Quoy que la raison puisse faire, Le bonheur d'un amant est déjà résolu.

L'aymable objet de mes désirs Veut, pour observer le carême, S'abstenir de tous les plaisirs, Jusqu'à ne point voir ce qu'elle ayme.

Adieu donc, précieux momens, Doux baisers, regards si charmans, Dont nous allons faire abstinence; Adieu, les amours et les ris, Laissez-nous faire pénitence; Mais, après Pasque, en diligence Rendez-vous chez la belle Iris.

Mille belles qualitez,

Encore plus de beautez,

Pour vous me rendroient sensible,

Mais un défaut trop visible

M'endurcira désormais :

De tous c^st le plus horrible ,

De tous c^st le plus nuisible;

On ne s'en défait jamais :

Ha! Philis, est-il possible?

Vous donnez dans les plumets!

Mes belles, rien ne vous empesche De passer un peu mieux le temps :

Le Jubilé que l'on vous presche Revient tous les vingt-cinq ans.

Pendant une aymable jeunesse,

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