LIVRE QUATRIEME
Sont tous demeurez auprès d'elle; Mais ceux qui portent dans le cœur Le feu, les transports, la langueur, Les vains désirs, les soupirs et les peines, Tous avec moy sont partis de Marennes
Iris, cette rare beauté Pour qui nuit et jour je soupire, Et dont le rigoureux empire Est si rempli de cruauté, Du plus sot homme que Ton voye, Par un triste hymen, est la proye.
Toutes les nuits entre ses bras Peut-estre il tient cette farouche, Et la belle n'a point d'appas Où son indigne main ne touche.
Que tout se fait injustement!
Pendant qu'un sot tranquillement Jouit d'une beauté céleste, Un honneste homme vainement Languira pour avoir son reste.
Jeune Iris, dans nostre querelle, Je n'examine point qui de nous deux a tort : De tout ce qu'il vous plaist je demeure d'accord, Et vous avez raison, puisque vous estes belle.
Je sçais que ma joye est prochaine,
Que bien-tost je vous dois revoir; Mais que l'impatience est une étrange peine !
Je languis dans ce doux espoir.
Pour vous, dans vostre solitude,
Estes-vous sans inquiétude?
Le calme et les plaisirs vous suivent-ils toujours? Ne regretez-vous point vos aimables demeures,
Et ne comptés-vous point les jours
Dont je compte toutes les heures?