INTRODUCTION V
La jeune mariée, de son côté, montrait un goût prononcé pour toutes les études scientifiques et littéraires; elle aurait même cité dans leur langue Horace et Virgile.
A part la différence d'âge, jamais union n'aurait pu sembler mieux assortie et plus féconde en présages de bonheur, si le mari neût déjà beaucoup trop aimé. Entre autres aventures galantes de sa jeunesse, Tallcmant des Kéaux raconte qu'il avait inspiré une vive passion à certaine dame Le Taneur, dont le mari était aussi ridicule par le corps que par l'esprit. C'est vraisemblablement la personne qu'il a chantée sous le nom de Bélise, à laquelle il dit :
Bélise, mon rival est laid, Petit, de méchant air, mal fait, De plus, fort content de lui-même; Avec plaisir pourtant vous souffrez qu'il vous aime.
L'amant ne voulut pas tolérer ce plaisir chez sa maîtresse; il l'obligea, dit le malicieux Tallemant, « à faire lict à part un an durant, pour ne pas avoir un si vilain compagnon en ses amours. Elle prit pour prétexte un grand rhume qu'elle avoit, et qu'elle pourroit devenir pulmonique si elle devenoit grosse aussitôt après. Cependant l'amant délicat se divertissoit avec elle à la chardonnette ; mais une fois elle connut qu'elle en avoit, et fit si bien que le mary se remit à temps à coucher avec elle; mais