IV INTRODUCTION
C'était là qu'avant leur entrée dans Paris descendaient les ambassadeurs des puissances non catholiques, car les Rambouillet étaient protestants, ainsi que la famille de la jeune et charmante femme que nous venons de présenter à nos lecteurs et qui s'appelait Marguerite Hessin.
La Sablière était d'une nature sensible et gaie l, il rimait avec facilité des madrigaux où l'esprit et la galanterie s'unissaient à tant de grâce que toutes les femmes en raffolaient, et que l'arbitre des ruelles, le célèbre Conrart , dans un de ces jours où il oubliait d'observer un silence prudent, l'avait surnommé le Grand Madrigalier français.
ans. — Il n'en reste plus aujourd'hui qu'un souvenir, le nom de rue Rambouillet donné à une voie qui longe à l'occident l'emplacement qu'occupait cette «magnifique propriété.
i . Une anecdote rapportée par Tallemant des Réaux peut donner une idée du genre d'esprit de La Sablière. « Un Écossais huguenot, nommé Duncan, qui se faisait appeler Cérisante, devint amoureux d'une belle fille nommée Lolo. Il songeoit à l'épouser et avoit en même temps de grrndes prétentions sur l'ambassade de Suède en France. Le tout ayant manqué, il se fit une épitaphe en vers français pitoyables. Pour se moquer de lui, La Sablière-Rambouillet (comme on l'a su depuis) fit imprimer ce billet d'enterrement : « Vous estes prié d'assister à l'enterrement de Messire Marc Duncan, seigneur de Cérisante, conseiller d'Estat de la couronne de Suède, résident et prétendant à l'ambassade en France. »
Cérisante vit un de ces billets, s'emporta et dit mille extravagances qui rendirent la chose encore plus plaisante.