‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 54 sur 79 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

Belise ne veut point d'amant,

Mais voudroit un ami fidelle, Qui pour elle eust des soins et de l'empressement,

Et qui mesmes la trouvast belle.

Amans qui soupirez pour elle,

Sur ma parolle, tenez bon :

Belise de l'amour ne hait rien que le nom.

Cette douce fureur de se voir, d'estre ensemble, Que l'on apelle empressement, Quoyque vous m'aymiez tendrement, Vous ne l'avés point, ce me semble :

Il est partout des yeux ennemis et jaloux Qui nous obligent, dites-vous, A sauver la moindre apparence.

Iris, je vois naistre le jour Qui doit terminer mon absence :

Par quelque fausse bien sceance

Ne m'empoisonnez point les plaisirs du retour.

Elle est coquete, sotte et belle...

Assez belle pour le plaisir, Assez sotte pour mal choisir, Assez coquete enfin pour n'estre pas cruelle, Elle aura la foule chez elle.

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