INTRODUCTION VII
les gens d'esprit, grâce aux maîtres du logis, qui unissaient à une large opulence le don de plaire, la politesse et l'amabilité la plus hospitalière. C'est là que Sauveur et Koberval,de l'Académie des sciences, enseignaient à la belle Marguerite les mathématiques, la physique et l'astronomie; là que Bernier, commensal du logis, l'initiait à la philosophie, en abrégeant à son usage les œuvres de Gassendi; cest là que le plus naïf des hommes, Jean de La Fontaine, sans abri, sans asile, se rendait, quand, ayant rencontré M'ne de La Sablière qui venait lui offrir l'hospitalité chez elle, il répondit tout simplement : « J'v allais! »
Chaque jour amenait des fêtes et des réunions nouvelles. Ce fut bientôt un cénacle, un bureau d'esprit, une ruelle, comme on disait alors, en rivalité courtoise avec le célèbre hôtel de Rambouillet, dont les maîtres portaient le même nom sans être parents l. Chez les uns comme chez les autres, on rencontrait les étrangers illustres, les hommes éminents, les, femmes remarquables par leur beauté, par leur esprit, avec cette seule différence qu'ici les protestants
i. Les d'Angennes de Rambouillet tenaient à la plus ancienne et à la plus haute noblesse. Leur maison était illustre dès le XIVe siècle et ils comptaient un grand nombre de personnages célèbres parmi leurs aïeux, tandis que les Rambouillet de La Sablière étaient de simples financiers, des. partisans, aux trois quarts, sinon tout à fait roturiers.