‹ Madrigaux de La Sablière, suivis d'un appendice et précédés d'une préfaceChapitre 42 sur 78 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Chacun d'eux dans son cœur se croit estre le mieux. Ils en ont cru sans doute une vaine apparence,

Et n^ont point fait de différence Entre avoir les yeux doux et faire les doux yeux.

On me dit par tout que ma belle

Brille d'une clarté nouvelle,

Et que, depuis le long séjour

Que j'ay fait si loing de sa veuë,

Sa beauté paroist chaque jour

De nouveaux attraits revestuë.

O Dieux ! que peut-elle estre, et quels sont sesappas

Mes yeux, ne les revoyons pas :

Dés leur premier éclat ils m'ont esté funestes. Mais c'est en vain, raison, que tu veux m*émouvoir : Je cours y perdre encor les misérables restes Qui s'efforçoient en vain d'éviter son pouvoir.

5o MADRIGAUX

Par tout où l'amour règne il doit faire la loy; Rien ne doit s'opposer à son pouvoir suprême : Raison, scrupule, égards, auprès de ce qu'on ajme, Sont autant de manques de foy.

Par adresse, et non par bonté, Iris, qui me connoist amoureux de Clarice, Loin de me reprocher mon infidélité, S'employe obligeamment pour servir mon caprice.

Ha! qu'elle connoist bien l'amour! Déjà par son secours ma victoire s'apreste :

Plus elle avance ma conqueste,

Plus elle haste mon retour.

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