POÈTES SATIRIQUES
Lucilius, Perse, Ju vénal, Martial.
Caïus Lucillus, le plus ancien des poètes satiriques, naquit à Suessa, vers l'an i5o av. J.-C, d'une famille de chevaliers, d'où sortit plus tard le grand Pompée.
A l'âge de quatorze ans, il suivit Scipion en Espagne et prit part au siège de Numance.De retour à Rome, il commença à écrire ses satires, dont il ne nous reste que quelques fragments épars.
Lucillus était un stoïcien libéral; il était probe, indépendant, loyal. La vertu, pour lui, consistait à savoir discerner le bien du mal, ce qui est utile et honnête de ce qui ne l'est pas, d'honorer ce qui est digne de l'être, de défendre les bonnes mœurs ! « Enfin de mettre au premier rang les intérêts de la patrie, au second ceux de nos parents, au troisième et dernier les nôtres. »
Commoda prseterea patrise sibi prima putare, Deince parentum, tertia jam postremaque nostra.
Après avoir donné des preuves éclatantes de
la bravoure militaire, il montra qu'il possédait, ce qui est plus rare, ce qu'on appelle le courage civil. Dans cette guerre de plume, qui a aussi ses périls et sa gloire, il n'hésita pas à arracher le masque aux grands faiseurs de l'époque et à livrer à la risée du public les noms des factieux et des patriciens superbes. Son audace était encouragée par Scipion et Lélius dans l'intimité desquels il vivait.
Lucilius était immensément riche; il eut pour maîtresse les deux plus belles filles de Rome, Grétéa et Gollyra, auxquelles il dédia une partie de ses œuvres. Mais sa santé était faible et chancelante, et cette raison lui fit quitter la ville pour aller s'établir à Naples, où il mourut quelques années après, à l'âge de quarante-six ans. On a dit de lui qu'il avait flagellé le vice de ses contemporains!... C'était un Romain et, sous le rapport des mœurs, il ne valait pas beaucoup mieux que les autres.
Dans son premier livre, il suppose les dieux réunis dans TOlympe pour juger les hommes pervers de son temps. Dans ce conseil burlesque où Jupiter lui-même ne brille ni par la modestie ni par l'éloquence, les membres du cabinet céleste délibèrent sur les juges Tubulus et Lucius, qui reçoivent de l'argent porr acquitter ceux qu'ils devraient condamner, sur Lupus, le questeur sacrilège, et Garnéade, l'édile infidèle qui se dispense d'obéir aux lois, sur Elius, enfin, qui « sait se glisser partout comme une gangrène maligne et corrompue, »
Serpcre uti gangrcena mala atque herpestica posset ;
comparaison qui permet de supposer une fréquence de la gangrène, comme complication des états pathologiques, plus grande qu'aujourd'hui. « Dans son air, comme dans ses traits, on voit partout la mort, la jaunisse, le poison... »
Vultus item est faciès, mors icteru' morbu venenum.
Cet Elius nous fait Teffet de ces personnalités encombrantes, comme on en voit partout dans les régions du pouvoir, dans les rangs de l'armée, dans les couloirs^ les salles des pas-perdus et les antichambres. Ambitieux atrabilaires, à face ictérique, êtres venimeux, obséquieux, dangereux. J'en connais comme cela.
La satire suivante paraît avoir été écrite sur le faste et la luxure de la jeunesse romaine. On y trouve quelques passages qui se rapportent à un duel, à la suite duquel un des champions fut laissé pour mort. Son logis purifié, suivant l'usage, avec un gâteau de graisse,
« Farto omnia sunt circumlata,
les funérailles commencées, les sacrifices accomphs devant le bûcher... voilà qu'on rencontre le mort se promenant dans la ville! C'était un cadavre d'occasion devant lequel les parents et les invités faisaient une contenance sévère et s'essayaient à une tristesse de circonstance.
Parmi les jouisseurs que critiquent le poète, citons Manlius, introduisant à Rome, au retour
de son expédition d'Asie, le luxe et les délices de rOrient; Lucilius dit à ce propos :
Hostibu' contra Pestem perniciemque, catax quam et Manliu' nobis.
« Renvoyons à l'ennemi cette peste et ce fléau que le boiteux Manlius apporta chez nous. »
Emilius vaut encore moins : il passe pour un homme grave, intègre, vénérable, mais il n'affecte ces dehors austères que pour cacher ses vices; et Nonius n'est qu'un homme impudique, déhonté et rapace.
Le poète dit à Nomentanus : Toi, pendard, que la fièvre t'étoufïe ! A quoi passe-t-il son temps celui-là ? a A pénétrer dans un antre à poils ».
In vulgam penetrare pilosam,
à l'aide de cet instrument :
Noctipuga medica,
c'est-à-dire une aiguille qui pique la nuit...
Ces expressions sont peut-être un peu trop pittoresques, et je leur préfère le réalisme des vers suivants qui s'adresse à tous les tristes héros de la satire :
Vive\, gloutons^ mangeurs! Vive^^ ventres/ Vivite lurcones, comedones ! vivite ventres !
Dans un voyage qu'il fait à Capoue, Lucilius raconte ses aventures. Dans une auberge, il ne trouve, ni une huître, ni un poisson, ni une palourde et pas d'asperges,
Asparagi nuUi.
Il n'est pas content, et, dans sa mauvaise humeur, il fait un portrait peu flatté d'un pauvre diable de boucher qu'il rencontre sur son passage : Il a un museau allongé, dit-il, et avec sa dent de devant qui se dresse en pointe, il a Taird'un rhinocéros d'Ethiopie. En outre, il est très malade et il exhale son dernier souffle de ses poumons.
Symmachu prasterea jam tum depostu' bubulcus Expirans animam pulmonibus asger agebat.
Pauvre Symmachus, il est phtisique ; et « sa mère ne Ta pas enfanté, dit Lucilius, mais vomi par son derrière ! »
Non peperit, verum postica parte profudit!
On dîne cependant, sans asperges... et sans poisson. Mais tous les brocs sont sens dessus dessous, et notre raison aussi, ajoute le poète.
Vertitur œnophoris fundus sententia nobis.
Il est probable qu'on n'avait pas invité de dames ce jour-là, car on manquait un peu de tenue dans ce souper de campagne ; et la preuve, c'est que Lucilius en arrive à dire, à son voisin probablement : « Ton estomac nous lance des rots qui sentent l'aigre. »
Exhalas tum acidos ex pectore ructus.
Eructations acides de l'indigestion par excès alcoolique. Or, si les censeurs se comportaient ainsi, que devaient être les hommes que Luci-
lius attaque dans sa quatrième satire, ce Publius Gallonius, par exemple, surnommé le Gouffre, auquel il s'adresse en ces termes :
« O Publius Gallonius, ô gouffre ! tu es un homme bien malheureux. Tu n^as pas une seule fois bien soupe dans ta vie, quoique tu dépenses tout ton bien pour une squille ou pour un esturgeon monstrueux.
« A ces gloutons qui préfèrent les prodigalités et les festins à un train de vie modéré, il faut les mets les plus bizarres. L'un est alléché par des tétines de truie et un plat de volaille, l'autre par un loup friand du Tibre... Quand ils ont pris un thon, ils rejettent le corb. » (Le corb est un poisson très délicat, de la famille des Squamodermes qu'on pêche sur les côtes de la Méditerranée.)
Le résultat de ces habitudes de gourmandise se trouve dans cette apostrophe à Lupus :
Ta mort, ce sont les saperdes et la sauce de silure, les poissons énormes, les amias.
Occidunt, Lupe, saperdas te, te jura siluri, Summi ceti, atque amiiia.
D'après G. Cuvier et Valenciennes', la saperde était le coracin dont il existe deux espèces, celui du Nil (bolty), qui devient très gros et qui est très estimé, et le coracin de mer, petit poisson qu'on appelle, en Corse, le corvolo. L'amia est le poisson qu'on désigne aujour-
I. Cuvier et Valenciennes, Hisioird naturelle d<^s poissons * Paris, 1829-1846.
d'hui sous le nom ào-pélamide. Le silure est un poisson d'eau douce dont la chair est blanche et de digestion facile et dont le goût rappelle celui de la lotte ou de Tangaille ; on en trouve dans les lacs de la Suisse, dans le Rhin et dans le Danube.
Lucilius continue.
Pour ces gens-là, il faut du vin tiré d'une pleine tonne, auquel le creux de la main ou le siphon n'a rien fait perdre, auquel le sachet de lin n'a point ôté sa force.
Quibu' vinum Defusum e piano siet, hir siphove cui nil Dempsit vis aut saculus abstulerit.
Scaliger et Dacier expliquent que ces gourmets ne veulent du vin que s'il est tiré d'un tonneau bien plein \ car, si on a déjà percé celuici pour déguster le vin, soit en le soutirant avec un siphon, soit en le humant dans la creux de IdiVadÀn^ hir siphove, le tonneau reste en vidange et le vin s'aigrit. Quand on le passe dans un sac de Y\n saculus^ pour être filtré et clarifié, il ne leur convenait pas davantage, car cette opération lui faisait perdre de sa force.
Ce n'est pas tout encore, il faut à nos convives que « tout soit bien cuit, bien assaisonné, une conversation agréable, et de l'appétit. (En cela ils n'ont pas tort.)
Bene cocto, Condito, sermone bono, et, si queeri libenter.
Après le festin, leur système nerveux est sur-
excité. 11 est facile de s'en convaincre en écoutant leur discours : Oui, dit l'un, je le tuerai et je le vaincrai, si c'est là ce que vous demandez. Il pourra bien se faire que je reçoive quelque chose au visage avant de lui planter mon épée dans l'estomac, la jambe ou les poumons. Mais je hais cet homme, je vais me battre de rage, et je ne trouve rien de si long que d'attendre qu'il ait assuré son épée dans sa main, tant la passion et la haine que je lui porte soulèvent ma colère. — C'est le seigneur Pacidéianus qui parle ainsi 1
L'homme qui excite cette haine féroce, c'est Eserninus que l'auteur nous désigne comme un adversaire déloyal. Mais qu'il y prenne garde, Pacidéianus le frappera à la poitrine et peutêtre auparavant à la jambe, et il lui coupera le jarret. Car on le connaît comme un homme redoutable à Tépée,
Rudibus cuivis asper.
On désignait sous le nom de rudibus des tiges métalliques dont se servaient les gladiateurs, quand ils faisaient de l'escrime.
Après le duel, nous devions voir fatalement apparaître les femmes. Parmi les fragments de de cette satire, nous retrouvons en effet quelques passages qui en disent assez. Voici :
Si nulle femme ne peut avoir le corps très ferme, que du moins la chair résiste aux secousses d'un bras amoureux, et que son sein gonflé de lait emplisse mieux la main qui s'y repose.
Quod si nuUa potest mulier tam corpore duro Esse, tamen tenero maneat succussa lacerto, Et manus uberior lactanti in sumine sidat.
Un peu plus loin, nous voyons une preuve des caresses intéressées des courtisanes. Lucilius nous peint la petite scène d'un homme qui entre chez une de ces demoiselles : « Elle Fatteint sans qu'il y pense, lui saute au cou, l'embrasse, et tout entier le mange et le dévore. »
Assequitur nec opinantem, in caput insilit, ipsum Commanducatur totum complexa, comestque.
Le bourgeois réclame et fait tapage. Mais, ajoute Lucilius, « qui te force, dis-moi, à pénétrer en tapinois, dans les replis de certaines fentes?... »
Die, qu3e cogat vis ire minutiLn Per commissuras rimarum, nocti' nigrore?
Gorpet, le traducteur de Lucilius, se donne la peine d'expliquer le sens de ire per commisura^ rimarum^ c'est fut lier e^ dit-il. — Parbleu ! Comme il s'agit évidemment d'une jeune fille qui n'est plus vierge, on lui donne ce conseil : « Achète-la sans pucelage. »
Sine eugio ac destina.
Il paraît que cela se vend aussi à Paris aux gens riches, mais toujours sans garantie.
En décrivant la dépravation des femmes, Lucilius parle des matronales et des saturnales ; et, incidemment, il nous montre la vengeance intransigeante d'un mari outragé : « Dès qu'il
a résolu de la punir et de tirer vengeance de ses méfaits, notre homme prend un tesson de Samos ; et il se coupe la verge, et du même coup s'abat les deux testicules.
Hanc ubi vult maie habere, ulcisci pro scelere ejus, Testam sumit homo Samiam, sibique illico telo Prœcidit caulem, testesque una amputât ambo.
Le poète fait ensuite cette réflexion fort juste : « Oui toute vjeille et pourrie qu'elle puisse être j'aimerais encore mieux me défaire de ma femme que de me châtrer moi-même. »
Vetulam atque virosam Uxorem cœdam potuis quam castrem egomet me.
Passons. — Est-ce pour plaire à Grétéa qu'il nous donne ensuite tous les détails de sa toilette ? Il nous dit avec le style concis de Jules César :
« Je me rase, je m'épile, je me décrasse, je me ponce, je me bichonne, je me polis, je me farde. » .
Rador, subvellor, desquamor, pumicor, ornor, Expolior, pingor.
Cela n'est pas probable, si Ton en )uge par les vers suivants :
Elle vante son âge et sa figure, en fine pourvoyeuse, en bonne entremetteuse....
./Etatem et faciem, ut saga, ut bona conciliatrix.
« Cette Phryné si connue, quand un amant lui .tombait sous la griffe....
Phryne nobilis illa, ubi amatorem improbius quem.
« Quand je bois dans sa coupe, quand je Tembrasse, j'attache étroitement mes lèvres à ses lèvres, c'est-à-dire quand mes sensni'aiguil' lonnent. »
Quum poclo bibo eodem, amplector, labra labellis Fingens compono, hoc est, quum 4'wXo-/cc7rcijf/.ai.
Lucilius n'a pas osé dire la chose en latin, il l'a écrite en grec. M. Gorpet n'a pas hésité; il a traduit en bon français l'idée de chaleur et de démangeaison du gland contenue dans le verbe grec.
Voyons maintenant quels sont les attraits de cette femme : « On la choisit parce qu'elle est svelte, agile, parce qu'elle a la poitrine blanche, parce qu'elle ressemble à un enfant. »
Quod gracila est, pernix, quod pectore puro,
Quod puero similis.
En voilà assez, — cherchons la conclusion de tout cela. Après les soupers, les duels, les femmes : « Nous sommes moroses, maussades, ennuyés du bonheur, » dit-il.
Tristes, difficiles sumu', fastidimu' bonorum.
Les sens s'émoussent, on se blase, on constate « que ce vieillard est difforme, arthritique et
podagre^ qu'il est manchot, piteux, étique, malgré sa grande tige... ram'ice magno. »
Quod deformi, senex, arthriticus, ac podagrosus Est, quod mancu', miserque, exilis, ramice magno.
Voici la note de Doussa sur le sens à donner à ramice : Ramex genus est herbœ^ item virile membriim.
Un peu plus loin, nous trouvons un vers sur lequel on ne peut faire que des commentaires, car il ne nous reste que des lambeaux de cette satire :
Rugosi passique senes eadem omnia quaerunt.
Ce qui veut dire : les vieillards ridés et amaigris demandent toujours les mêmes choses. Quelles choses ?...
Le poète, très bon observateur, prouve qu'il possédait une certaine érudition scientifique acquise par la lecture des auteurs grecs; il nous fait une description intéressante des infirmités de ses contemporains. Et voici ce qu'il dit d'un de ces vieillards prétentieux : Il est remarquable par ses jambes cagneuses et décharnées.
Insignis varis cruribus et petilis.
D'un autre : « la chassie, la gale, la lèpre lui remontent aux yeux. »
Illuvies, scabies oculos huic, denique petigo conscen-
[dere.
Pas mieux partagé celui-ci ; il est « défait et rongé de gale, il a la tête couverte de dartres. »
LUCILIUS 2n
Tristem et corruptum scabies et porrigini plénum.
Beaux exemples d'herpétisme sénile ! — Et « ce Trébellius, qui n'est que fièvre, marasme, excrément et pus... »
In numéro quorum nunc primu', Trebelliu' multo Obmarcessebat, febris, senium, vomitum, pus.
On voit, d'après cela, que les hygiénistes ont raison de recommander la tempérance, à partir de l'âge de retour, d'éviter les habitudes de bonne chère et les plaisirs de la table, de suivre un régime destiné à conserver et non à développer.
Passons aux défauts physiques des femmes maintenant. « Crois-tu, écrit Lucilius à un stoïcien, qu'il serait difficile à cette belle aux jolies tresses, à la jambe fine, de faire tomber ses mamelles jusqu'à son ventre et même jusqu'à sa vulve.
Num censés xxXXwrXoxa(j.ov xaXXwcpupov illam Non licitum esse uterum, atque etiam inguina tangere
[mammis.
Nous connaissons la cause de ce manque de consistance des mamelles, mais nous savons aussi qu'elles sont naturellement flasques chez certaines femmes, qu'elles tombent au-devant de l'épigastre. Il y a même des femmes de certaines peuplades africaines dont les mamelles pendantes jusqu'à l'aine et même jusqu'aux genoux, peuvent être rejetées derrière les épaules, pour allaiter leurs enfants qu'elles portent sur leur dos.
Lucilius continue à examiner toutes les imperfections du beau sexe :
« Et si je te disais qu'elle était bancale ou cagneuse, cette Alcmène, l'épouse d'Amphitrion, et tant d'autres, et Hélène elle-même.
Compernem aut varam fuisse Amphitryonis âxoin Alcmenam, atque alias, Helenam ipsam denique, nolo.
« Et Tyro, cette fille d'un noble père, n'avaitelle rien de disgracieux, une verrue, un signe, un nœvus, la bouche fendue, une seule dent un peu longue. »
Tufà) eÛTraTÈpsiav aliquam rem insignem habuisne, Verrucam, ricevum, rictum, dentem eminulum unum.
On voit que, pour notre poète, la vraie beauté n'existait pas* (celle que les philosophes ont définie) : Hélène elle-même ne fait pas exception. Et cependant elle réunissait les trente points que les anciens exigeaient chez une femme pour qu'elle soit parfaitement belle, — lesquels se décomposaient ainsi :
I. Dans ses fragments poétiques, Pétrone nous donne une idée de la beauté des femmes romaines. Il dit à sa maîtresse :
« Tes yeux brillent comme la flamme des astres, tes joues ont l'éclat des roses et la teinte de tes cheveux surpasse celle de l'or:
Candida sid^reis ardescunt lumina fiammis; Fundunt colla rosas, et cedit ciiiiibus aurum ;
« Tes lèvres douces ont la couleur de la pourpre, et les lignes azurées de ta gorge en relèvent la blancheur :
Mellea piirpureum depromuiit ora ruborem Lacteaquc admixtus sublimât pectora sanguis.