Cicéron, épitre xxiv, liv. IIL
2. D'après la loi Julia, l'adultère était puni de mort. Aussi les femmes mariées payaient-elles leurs amants pour les engager au secret. Pétrone a mentionné cet infâme commerce des hommes qui laisaient payer leurs caresses :
Scribit amatori meretrix; dat adultéra nummos.
JUVENàL
bines de naissance, pourvu qu'elles ne soient ni sœurs, ni mères, ni filles de celui avec qui elles habitent et qu'elles ne soient pas de condition servile. Le concubinage avec des femmes incestueuses, étrangères ou esclaves, injustœ nuptiœ et illegitimœ^Q.si\ç. seul que les femmes lég times hésitent à tolérer et pour lequel elhs peuvent réclamer les douces sévérités du tribunal. Simple question d'amour-propre. Le temps n'est pas éloigné, d'ailleurs, où elles prendront la mode des robes transparentes, faites de soie et de lin, dont les courtisanes seules avaient osé se vêtir et qui étaient la livrée d'infamie imposée aux femmes adultères. Sénèque s'est indigné de cette mode.
« Je vois, disait-il, des vêtements de soie, si Ton peut donner le nom de vêtements à des étoffes qui ne garantissent ni le corps ni la pudeur, et avec lesquels une femme ne pourrait, sans mentir, assurer qu'elle n'est pas nue. Nous faisons venir à grands frais ces étoffes de pays inconrms, même au commerce, afin que nos femmes n'aient rien de plus à montrer en secret à leurs amants. »
On peut croire, comme le dit Juvénal dans sa sixième satire, que sous le règne de Saturne, la pudeur habita la terre, mais elle ne tarda pas à suivre sa sœur Astrée, quittant notre monde pour les espaces célestes. Si Tâge d'argent vit le premier adultère, Tâge de fer amena bien d'autres crimes. Avec lui, il ne se trouva plus, dit le poète, une femme di^ne de toucher les ban-
delettes de Cérès, et dont un père n'eût à redouter les embrassements.
Paucœ adeo Cereris vittas contingere dignas, Quarum non timeat pater oscula.
Mais l'impudicité n'était pas leur seul défaut. Juvénal nous les montre encore prodigues, impérieuses, superstitieuses, cruelles et empoisonneuses. L'une verse à son mari du vin de Galène empoisonné, une autre a recours aux champignons vénéneux, comme ceux qu'on donna à Britannicus et à Claude. Il y en a qui se ruinent pour satisfaire aux exigences des chanteurs et des baladins, en dépit de l'anneau qui les infibule.
Sigaudet cantu, nuUius fibula durât.
Il en est qui trouvent les baisers de l'eunuque efféminé d'autant plus délicieux, qu'elles n'appréhendent point une barbe importune et n'ont pas besoin de se faire avorter.
Sunt quas eunuchi imbelles, ac moUia semper Oscula délectent, et desperatio barbas, Et quod abortivo non est opus.
Cependant, pour que la volupté n'y perde rien, elles ne livrent leurs organes au fer des médecins qu'après leur entier développement et lorsqu'ils portent déjà les signes de la puberté.
Illa voluptas Summa tamen, quod jam calida matura juventa Inguina traduntur medicis, jam pectine negro.
Toutes ces manœuvres expliquent la raison
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pour laquelle Juvénal conseille à Ursidius qui veut se marier, pour avoir un héritier et une femme honnête qui ne cache pas ses amants dans un coffre, de se faire soigner. « Médecins, ajoute-t-il, ouvrez-lui donc la veine médiane ! »
Omedicil mediam pertundite venam.
L'indication de la veine médiane prouve qur les anciens connaissaient les différentes veines du pli du bras et qu'ils lui donnaient la préférence, pour la phlébotomie, sur lacéphaliquc et la basilique, quoique certains auteurs pensent qu'on pratiquait alors la saignée à la veine frontale.
La cause de ces désordres et de cette immoralité des femmes, il faut l'attribuer au pernicieux exemple que leur donnèrent les hommes, les courtisans et les affranchis qui composaient la classe dirigeante de la société, et qui, les premiers *, outragèrent la nature. L'ironie
I. Il faut se souvenir que le respect que le Romain professait dans l'origine pour le mariage et pour son épousf était moins le résultat de la moralité que celui de l'intérê que l'Etat trouvait dans la considération de celle qui avai' soin de la nouvelle génération.
11 y avait des femmes publiques à Rome avant qu'il y eiài une histoire. Aussi le commerce avec ces femmes, loin d'être blâmé, était-il consacré par une coutume très ancienne. Leî Etrusques menaient une vie impudique, les Messapiens, les Samnites et les Locrins prostituaient leurs filles. Toutefois la débauche avec les femmes fut peu marquée chez les Ro mains pendant les cinq premiers siècles, car leur vie guerrière et agricole les empêchait de se perdre dans le gouffre du vice, et la loi des Douze Tables les forçait d'exercer le coït avec leur femme légiùme {colites prohebito). Mais à
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mordante de Juvénal va jusqu'au persiflage, quand il semble reprocher à Posthumius, sur le point de se marier, « d^abandonner cet enfant soumis, paisible et désintéressé qui partageait sa couche, et qui jamais ne lui a reproché d'avoir ménagé ses flancs et frustré son ardeur. »
Nonne putas melius, quod tecum pusio dormit? Pusio, qui noctu non litigat : exigit a te Nulla jacens illic munuscula, nec quceritur quod Et lateri parcas^ nec, quantum jussit anheles.
Cest donc avec raison que la plupart des commentateurs' de Juvénal ont affirmé que ce conseil donné par le poète n'était qu'un sarcasme violent contre Posthumius.
M. de Paw, entre autres, a recherché les causes de ce vice honteux des Romains qui, avant eux, avait déjà infecté les Grecs. Il dit* : « Chez les Athéniens, la beauté individuelle fut plutôt le partage des jeunes hommes que des jeunes femmes, d'oia il résulta, dans le cours des passions humaines, un écart qui a beaucoup étonné la postérité, mais dont on a jusqu'à
mesure que leurs relations s'établirent avec les autres peuples, ils en prirent les mœurs et les vices.
Dans leurs voyages, lestils des riches patriciens apprirent dans les bras des courtisanes grecques et asiatiques à pratiquer la débaucha selon les règles de l'art. Ils lancèrent à Rome la libertine, arnica, qui ressemblait à l'hétaïre grecque, par son amour des richesses, mais nullement par son éducation, [.'ancienne matrone succomba bientôt dans la lutte avec Vamica. La femme romaine, dans ses efforts pour vaincre rimpudicité de celle-ci, usa de tous les rathnements et n'en devint que plus méprisable.
I, De Paw, Recherches philosop'i'.q-.ics.
présent ignoré la véritable cause.... Eschine assure que le plus beau des Grecs n'égalait pas le plus beau des Athéniens. » L'explication des habitudes pédérastiques par l'amour de l'esthétique ne me paraît pas très juste et me surprend de la part d'un pudique Allemand comme M. de Paw.
Il est bien certain qu'il ne faut pas soupçonner Juvénal d'avoir approuvé cette infamie, car ses expressions ne permettent pas de douter de sa pensée, d'autant plus qu'il ajoute un peu plus loin : a la monstrueuse turpitude de nos mœurs révolta les habitants même de Canaple, ville d'Egypte très fameuse par son luxe et ses voluptés. »
Et son indignation augmente encore, quand il nous apprend que c'était dans un char, sur la voie Flaminie, que Néron caressait sa bizarre maîtresse, c'est-à-dire l'ignoble Sporus, qu'il épousa publiquement, et sur le corps duquel il exerça des cruautés non moins afïreuses qu'extravagantes : dans un moment d'érotisme impérial, il le châtra.
Le moraliste n'a, d'ailleurs, aucune pitié pour les victimes de ces passions honteuses. C'est, en riant, dit-il, que le médecin coupait ces fruits secrets de la débauche, les fies et les condylômes de l'anus.
Ca^duntur tumidas, medico ridente, mariscai
Remarquons, en passant, que Juvénal dit le médecin et non le chirurgien. Car à Romeau^^-i
2'î6 JUVÉNÂL
bien qu'à Athènes, les médecins pratiquaient, en même temps, la médecine, la chirurgie et la pharmacie. Ils étaient même aliénistes, au besoin ^ et le plus renommé, pour les affections mentales, était Archigène, connu également comme médecin et chirurgien, comme le prouve ce passage de la treizième satire :
Et phthisis et vomitse putres, et dimidium crus Sunt tanti? Pauper locupletem optare podagram Nec dubitetLadas,si non eget Anticyra nec Archigène.
Qu'il faut comprendre ainsi :
« Qu'importe la phtisie, Tulcération des poumons, une fracture de jambe ? Qae ce malheureux Ladas n'hésite pas à préférer un franc accès de goutte, s'il n'est tributaire de l'ellébore et d'Archigène. »
De là le proverbe : Archigenis indiget^ pour dire d'un individu qu'il était fou. Aujourd'hui, on se contente d'envoyer les lunatiques à Charenton , et tout le monde sait ce que cela veut dire.
Juvénal constate qu'il y avait une loi contre les attentats à la morale publique, mais elle ne fut appliquée qu'une seule fois, et ce fut au législateur même qui l'avait fait adopter et à laquelle on avait donné le nom. C'était la loi Scaiitmia, Ce fait en dit assez et à peine est-il nécessaire de citer la description des mœurs romaines écrites par Salvien, qui confirme les récits des autres historiens :
I, Salvien, De Gubeniat, dei.
« Viri in semetipsis fœminas profitebantin\ et hoc sine pitdons iimbraculo, sine ullo vere^
cundiœamictu Videbat qiiippe hœc iiniversa
îirbs^atpatiebatiir : videbantjudices^et acquies^ cebant; populus videbat et applaudabat.., »
Mais pendant que les femmes entretenaient fastueusement leurs amants, les protecteurs, ciuœdi^ ne donnaient souvent que peu de chose à leurs protégés, pathici. Juvénal s'adresse à un de ces derniers qui est dans la misère. Son visage est morne, ses cheveux secs et mal peignés, sa peau est terne.
Quelle maigreur! dit-il à Névolus. Un malade, en proie depuis longtemps à la fièvre quarte, ne serait pas plus défait.
Quid macies asgri veteris, quem tempore longo Torret quarta dies, olimque domestica febris.
Et Névolus avoue sans le moindre embarras que ce métier, qui a fait la fortune de bien d'autres, ne lui a rien produit, sinon quelques manteaux d'une étoffe grossière et quelques pièces d'argenterie de mauvais aloi. Les débauchés le séduisent par des promesses, mais quand ils ont assouvi leurs désirs ils comptent toutes les sommes qu'ils lui ont données.
« Oui, objecte le patin eus au cinœdus^ mais comptons aussi mes pénibles services. Croistu qu'il soit facile de satisfaire tes brutales fureurs et de subir le dégoût qu'elles inspirent ? »
Numerentur deiiide labores.
An facile et pronum est agere intra viscero penem Legiiimum, arque illic hesternte occurrere cœiice?
Il est facile de comprendre d'après cela ce que devaient être les mœurs conjugales. Si Tinconduite des femmes était acceptée par les hommes, ceux-ci en revanche, à peine sensibles aux chants des actrices espagnoles et à leurs danses lascives, préféraient autre chose, que Juvénal exprime encore ainsi :
Alterius sexus major tamen ista voluptas.
Il ne faut donc pas s'étonner si Césonnie a des intrigues, elle qui a eu en dot un m-illion de sesterces! A ce prix, son mari lui laisse une entière liberté; elle peut même en sa présence, accorder des rendez-vous, recevoir des billets galants et y répondre.
Gomment, d'ailleurs, pourrait-il en être autre ment, quand la femme a le droit de reproche à son mari ses amours infâmes, quand on voit une jeune femme instruite par une mère, qui se charge de corrompre les domestiques qui l'entourent, de faire appeler le médecin en renom, Archigène, pour visiter sa fiUequelle retient sans maladie, dans un lit dont elle aifecte de soulever les couvertures, tandis qu'un amant introduit en secret, caché dans un réduit, relient son haleine, et, plein d'impatience, s'excite lui-même au plaisir qui l'attend.
Advocat Archigenem, onerosa que pallia jactat Abditus interea latet et secretus adulter, Impatiensque morce pavet, et prrepiuia ducit.
Il n'est pas étonnant qu'avec un pareil coefficient dans la foixe de répulsion conjugale, certaine femme ait pu compter en moins de cinq automnes huit maris! Beau sujet d'épitaphe, dit Juvénal :
Sic crescit numerus, sic fiunt octo maritî, '' Quinque per automnos; titulo res digna sepulcLri.
Le lit nuptial, que les premiers Romains avaient entouré du plus profond respect, qui avait été consacré au génie qui présidait à la naissance des hommes et qu'ils décoraient des images de leurs ancêtres, fut souvent souillé par plus d'une belle-mère. Cicéron nous a donné un exemple dans l'histoire de la mère deCluentius, qui, devenue éperdument amoureuse de son gendre, Tépousa, et se fit tendre le même lit nuptÀal qu'elle avait dressé, deux ans auparavant, pour sa propre fille j et d'où elle l'avait chassée.
Ces fureurs utérines des femmes romaines que notre civilisation moderne considère avec raison comme une névrose avaient été observées chez presque tous les peuples de l'antiquité, et on en trouve des exemples, même chez ceux qui furent les plus renommés par leur austérité. « L'amour, dit AL de Paw, qui est déjà une passion terrible par elle-même, dégénérait en manie dans le sein brûlant des Lacédémoniennes: elles tombaient dans des fureurs inexprimables. J'ose avouer à la face de l'univers, a dit Galien, que j'avais conçu une haine mortelle contre ma
propre mère ; car elle était si violente, que dans ses accès de fureur, elle mordait ses propres esclaves comme une bête féroce, et alors le sang coulait de sa bouche. »
Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, l'hystéricisme nymphomaniaque est nettement accusé, et il est regrettable qu'aucun médecin de cette époque ne nous ait donné une description scientifique de ce qui se passait dans les jeux floraux, dans les mystères de la bonne déesse et dans ceux de Cybèle.
Dans l'examen auquel il se livre, pour expliquer cette monomanie erotique inconnue des latines de la République, Juvénal, après les monstrueux exemples donnés par les hommes, dénonce cet éternel mobile de nos actions,
Divitice molles.
les richesses corruptrices, mais aussi et principalement les excès alcooliques.
Quidenim Venus ebria curât?
Quelle peut être, en effet, la retenue d'une femme passionnée, en état d'ivresse ?
Inguinis et capitis quce sont discrimina, nescit;
Elle seprête à tout et confond tout, la région frontale avec la région inguinale ! Après l'ivresse du vin, l'ivresse de la sensiiqliré.Celldci est fatalement le corollaire de celle là chez la femme.
Juvénal nous initie, avec la plus parfaite exac-
titude, à ces soupers de nuit dans lesquels on mangeait des huîtres, en vidant à pleine coupe de nombreux flacons de Falerne mousseux. Voici la description de l'orgie, d'après la traduction de J. Dusaulx :
« A ses regards incertains déjà le plancher tourne, la table se soulève et la lumière se double. Eh bien, doute encore des obscénités de Tullia, des propos qu'elle tient à cette Maura trop fameuse et sa plus ancienne am.ie, quand Maura vient à passer auprès du vieil autel de la Pudeur! C'est là qu'elles font, pendant la nuit, arrêter leurs litières, c'est là que se déclarent leurs fureurs concentrées, et qu'après avoir à l'envi bravé la statue de la déesse, par les insultes les plus bizarres, elles se livrent, à la clarté de la lune, des assauts réciproques dont frémit la nature.
M On sait à présent ce qui se passe aux mystères de la bonne déesse, quand la trompette agite ces sortes de Ménades, et lorsque également ivres de sons et de vin, faisant voler en tourbillons leurs cheveux épars, elles invoquent Priape. Quels désirs ! quels élans ! et quels torrents vineux ruissellent sur leurs jambes !
« Sauféia, la couronne en main, provoque de viles courtisanes, et remporte le prix offert à la lubricité. A son tour, elle rend hommage aux ardeurs de Médulline. Celle qui triomphe dans ce conflit est censée la plus noble. Là, rien n'est feint ; les attitudes y sont d'une telle vérité qu'elles enflammeraient le vieux Priam et l'in-
firme Nestor. Déjà les désirs exaltés veulent être assouvis; déjà chaque femme reconnaît qu'elle ne tient dans ses bras qu'une femme impuissante *, et l'antre retentit de ces cris unanimes : Introduisez les hommes, la déesse le permet. Mon amant dormirait-il ? Qu'on Tcv^eille. Point d'amant ?... Je me livre aux esclaves. Point d'esclaves ? Qu'on appelle un manœuvre... et à son défaut, et si les hommes manquent, l'approche d'un âne ne l'effraierait pas. »
Nobles et plébéiennes, toutes sont également dépravées :
Jamque eadem summis pariter minimis libido.
C'est une impératrice qui donne l'exemple : « Dès qu'elle croyait l'empereur endormi, préférant un grabat au lit impérial, cette auguste courtisane s'évadait du palais, suivie d'une seule confidente; elle se glissait à la faveur des ténèbres et d'un déguisement, dans une loge fétide, misérable, et qui vaquait à son heure. C'est là
I On considérait jadis la tribaderie comme une cause de stérilité et de répulsion pour les devoirs conjugaux. Dans sa colère, le mari d'une dame romaine, qui avait surpris celleci s'amusant avec une esclave, lui enleva le clitoris avec un instrument meurtrier, et rendit à la fécondité celle que huit ans de mariage avaient trouvée stérile. Les vices contre nature dont les tribades et les subigatrices avaient pris l'habitude, avaient extraordinairement développé chez certaines d'entre elles les dimensions du clitoris. Tulpius raconte qu'une femme fut fouettée publiquement et bannie de Rome pour avoir abusé de sa conformation. Et Colurabus cite l'exemple d'une autre femme dont le clitoris, aussi long que le petit doigt avait fini par s'ossilier.
que, sous le nom de Lycisca, Alessaline toute nue, la gorge retenue par un réseau d'or, dévouait à la brutalité publique les flancs qui te portèrent, généreux Britannicus ! Cependant, elle flatte quiconque se présente et demande le salaire accoutumé.
Et resupina jacens multorum absorbuit ictus.
« Puis, sur le dos renversée, se livrant au hasard, elle profite du temps au gré de ses lubriques fureurs. Le chef du lieu congédie ses courtisanes : elle en frémit; brûlant de jouir encore, elle ne veut partir que la dernière. Elle sort enfin plus fatiguée qu'assouvie : les yeux éteints, enfumée par la lampe, toute souillée, elle rapporte Todeur de cet antre sur l'oreiller di l'empereur. »
Clausit, adhuc agidee ridigce tentigine vulvce, Et lassata viris, sed non satiata recessit.
Lorsque le proxénète ordonne de partir,
La dernière^ à regret, par L'heure poursuivie^
Elle sort fatigue.' et non pas assouvie.
Et^u réduit impur, témoin de ses excès^ De la lampe fétide au plafond suspendue, L'odeur, à son retour, sur ses pas répandue, Jusque sur l'oreiller du stupide empereur De son infâme nuit va révéler l'horreur ^.
Tacite corrobore ce fait : « Alessaline, dégoûtée de Tadultère par la facilité, dit-il, s'adonnait à des débauches inconnues. »
Jam Messalina facilitate adulterum, in fastidium versa, ad incognitas libidines profluebat.