‹ Mâedecine et moeurs de l'ancienne RomeChapitre 38 sur 46 · I. Res^baum, Histoire de la syphilis dans Vantiquité · texte numérisé non relu

I. Res^baum, Histoire de la syphilis dans Vantiquité

Tu prétends que la bouche des avocats et des poètes sent mauvais ; elle sent plus mauvais encore celle d'un /t^//a/or:

Os maie caussidis et dicis olere poetis, Sed fellatori, Zoile, pejus olet.

Dans une autre épigramme, il reproche à un fcllator de se parfumer la bouche pour masquer Todeur causée par sa sale habitude. J'aime mieux, lui dit-il, ne rien sentir que de sentir bon.

Malo quam bene olere, nil olere.

Les filles publiques usent du même procédé, et sucent souvent des pastilles de menthe dans le même but.

2° La stomalgie douleur de la bouche , la glossaîgie et généralement les douleurs du palais et de la gorge, ce qui rendait la voix voilée et le langage peu compréhensible. C'est le sens de Tépigramme faite sur un poète qui avait de la raucité de la voix :

Celui qui déclame et dont le cou est entouré d'étoffe de laine prouve qu'il ne peut ni parler ni se taire.

Qui récitât lana tauces et colla revinctus. Hic se posse loqui, posse tacere negat.

Rosenbaum fait observer que tacere tient ici place àtfellare. Et il ajoute le mal ne s'arrêtait pas là ; il cite en effet, d'après différents auteurs et d'après Martial :

3*^ Les iJiflaminations aiguës et chroniques du

palais^ des amygdales et de la luette; certains ulcères mains de la gorge, ^ décrits par Arétée, de même nature que les ulcères égyptiens et syriens; enfin la pâleur des lèvres.

Le Cunnilingere [qui opus peragit linguam arrigendo in cunnumeumque lambit) existait à Rome et se rencontrait dans toutes les classes de la société. Ce vice a été apporté de la Grèce, comme le fellare.. Les hommes qui se livraient au cunnilingere, outre le teint pâle de la figure, avaient une mauvaise odeur de la bouche. Rosenbaum cite l'épigramme de Martial sur Charinus, qui se porte bien, qui digère bien, qui se promène au soleil, mais qui cependant a le teint pâle. Pourquoi?

Cunnum Charinus linguit, et tamen pallet.

Rosenbaum et Ménière attribuent tous les deux la paralysie de la langue du Zoïle de Martial à l'action du cunnilingere.

Sidère percussa est subito tibi, Zoile, lingua, Dum lingis; certe, Zoile, nunc futues.

Ces auteurs relatent un cas semblable dans répigramme à Mannéius*. Ce triste personnage est ainsi décrit par Martial :

Mari par la langue, amant par la bouche, plus dégoûtant que les coureuses de rempart;

Lingua maritus, mœchus ore, Manneius Summœniasis inquinatior buccis;

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