I. Archives municipales de Dijon
nécessiter Tamputation de l'organe ? Le poète ne sait pas nous dire en quoi consiste la lésion, il se contente d'affirmer que cette mutilation est indispensable, que Baccara va être fait gallîis^ prêtre ds Cybèle. Et cela est d'autant plus siàr, ajoute-t-il malicieusement, que le médecin qui le soigne est son rival en amour :
Curandum penem commisit Baccara Grœcus Rivali medico : Baccara Gallus erit.
Citons maintenant Tépigramme à Glyptus; ce sera la dernière et non la moins intéressante au point de vue des mœurs romaines :
Peut-être, pour donner à sa femme un motif de divorce et sous prétexte d'un simple défaut de vigueur de son organe, Glyptus, raconte Martial, n'a pas hésité, lui, à se le faire couper.
Fou, lui dit-il, pourquoi as-tu recours au fer ? tu étais déjà eunuque.
Quas tibi stabat, praecisa est mentula, Glypte, Démens, cum ferro cuid tibi? Gallus eras.
Si tous ceux qui, de nos jours, sont dans le même cas {mentula non stabat)^ usaient de ce procédé trop radical, nos chirurgiens ne manqueraient pas de besogne. Mais la loi française, heureusement, s'y oppose et ne reconnaît pas l'impuissance comme une injure grave, et n'y reconnaîtra jamais une cause de divorce. Cependant, notre ancienne législation présentait quelquefois certaines contradictions et admettait les principes de la loi romaine sur la rupture
du mariage pour cause d'impuissance conjugale. C'est ainsi que le Parlement de Paris, en Tan 1600, confirma les arrêts rendus par l'official de Sens et la primatie de Lyon, en faveur de la baronne de F..., malgré l'éloquent capitulaire de Sébastien Rouillard, avocat du mari, (( auquel est traicté qu'un homme, nay sans testicules apparents, et qui a néanmoins toutes les autres marques de virilité, est capable des œuvres de mariage. »
En revanche, la célèbre marquise de L... plaida pour le même motif devant le Parlement de Paris et perdit son procès, malgré son affirmation que la couche nuptiale n'était pour elle « qu'un Ht de repos ».
La marquise s'appelait Emilie et le président Achille de Harlay. Mais l'histoire ne nous a pas conservé le nom du bel esprit qui rimait ainsi en faveur de la noble dame :
Vainement la riche Emilie Plaide, requiert, conclut et veut Que, d'avec un Jean qui ne peut^ Un prompt divorce la délie.
Les experts ayant affirmé Que répoux est bien conformé, Quoiquen lui la nature dorme^ Les choses de manière iront QuUl l'emportera pour la forme^ Quoiqu'il n'ait pas droit dans le fond,
La procédure était beaucoup plus simple à Rome :
Le moindre prétexte suffisait pour rompre le
mariage par le divorce. La dissolution s'en opérait par ces seules paroles : Res tuas tibi habeto ou res tuas tibi agito. Les femmes portèrent, sous ce rapport, la licence encore plus loin que les hommes. Sénèque * se plaint qu^au lieu de dater des consulats, elles dataient des différents maris dont elles avaient changé ; et Juvénal affirme que les femmes rompaient le mariage quand elles étaient négligées par leurs maris '^. Espérons que nos jurisconsultes ne s^inspireront jamais de la loi romaine, sous ce rapport.
Et maintenant qu'on me permette de dire comme Horace : Verum non amplius addam.