I. Traduction de Saint-Ange
Je suis le dieu des vers^ je suis bel-esprit né : Mais les vers n'' étaient point le charme de la belle. Je sais jouer du luth; arrête':;. Bagatelle ! Le luth ne pouvait rien sur ce cœur obstiné.
Je connais la vertu de la moindre racine; Je suis par mon savoir dieu de la médecine, Daphné courait plus vite à ce nom si fatal.
Mais s'il eût dit : Voye^ quelle est votre conquête; Je suis jeune., amoureux, et surtout libéral; Daphné., sur ma parole, aurait tourné la tête.
Nous avons montré ailleurs quel avait été le rôle d'Orphée * : à la fois poète, législateur et médecin, il avait cherché à adoucir les mœurs sauvages des peuples primitifs de la Grèce. Ovide a compris, comme l'auteur des Pierres précieuses., l'influence du merveilleux sur les hommes * . Il a très bien rendu les images ingénieuses qui expriment le pouvoir de la lyre d'Orphée sur les natures les plus grossières.
Carminé dum tali sylvas, animosque ferarum Threicius vates, et saxa sequentia ducit;
Cette pensée se retrouve dans Horace aussi admirablement écrite :