‹ Mâemoires de Bailly (volume 2)Chapitre 13 sur 33 · SUR LA VIE DE BAILLY. • XV · texte numérisé non relu

SUR LA VIE DE BAILLY. • XV

le •serment de ne point se séparer avant d'avoir achevé la constitution de la France (i).

Deux jours après cette mémorable séance , l'ordre du clergé vint se réunir à l'Assemblée nationale qui, dès le moment , renferma dans son sein , non-seulement la majorité des députés , mais la majorité des ordres.

Le lendemain même de la réunion , le ministère , qu'elle aurait dû peut - être éclairer sur sa position , hasarda la séance royale qu'il méditait depuis plusieurs jours. M. Necker, dont les conseils n'avaient pu être ^écoutés , refusa d'y assister.

Il y avait une imprévoyance bien inexcusable , dans la situation où se trouvait alors la France , à mettre aux

(1)30 juin. Le serment du Jeu-de-Paume est un grand et solennel événement dans Phistoire de la révolution française. Le soin d^en perpétuer le souvenir avait été confié , dans le temps , à la peinture : le chef de l'école moderne devait consacrer ses pinceaux à représenter cette scène aussi animée qu'imposante. Le tableau qu'il avait entrepris n'a point été terminé ; il n'y a eu d'achevées que les têtes de cinq principaux personnages. Mais le dessin , d'après lequel devait être terminé ce tableau , a été conservé soigneusement. U est d'un travail beaucoup plus fini que ne le sont d'ordinaire les compositions du même genre j et le talent du grand maître qui l'a tracé , l'effet général de cette belle et vaste composition , la grandeur des souvenirs qu'elle retrace , la ressemblance exacte d'une multitude de personnages célèbres ou fameux , tout rend ce mor- /ceau également précieux , soit pour l'âge actuel , soit pour l'avenir*

Une société, composée d'hommes de goût, d'hommes éclairés , s'esk réunie pour charger la gravure du soin de multiplier cette grande page historique. Os ont acquis le dessin de l'auteur; et le burin, aussi fidèle qu'exercé, deM. Jazet, doit reproduire cette importante composition.

Tous ceux qui, sans prévention, sans esprit de parti, recherchent ce qui peut intéresser les arts , ce qui doit éclairer l'histoire , remercieront M. Vallée d'avoir conçu et djurigé cette entreprise. M. Vallée demeure rue de la Chaossée-d'Antin, n^ 22.

XTI • NOTICE

prises l'autorité royale et la force populaire. Peut-être les malheurs de la révolution, peut-être la chute du trône furent-ils les suites de cette démarche imprudente. On fit prendre au monarque trompé le ton du commandement en parlant à la représentation nationale ; on lui fit casser les arrêtés pris par TÂssemblée dans les séances des 17 et 20 juin. J)ès lors, la royauté, longtemps considérée par la nation comme ime ptdssance modératrice et paternelle, commença d'être regardée comme une puissance rivale et contraire: la défiance s'établit ; les conseils violens prirent un crédit qui ne s'accrut que trop rapidement , et le prince le plus humain , le plus ennemi du despotisme , vit s'évanouir en un jour, par l'imprudence de ses minist;res , la popularité que lui avaient acquise seize années d'un règne bienfaiteur.

Le ministère espéra donner le change à l'opinion par l'énuméralion pompeuse des bienfaits que le monarque accordait à ses peuples : mais cette opinion , dont la lutte des ordres avait exalté l'efiervescence , ne pouvait plus se contenter de ces concessions incomplètes et tardives. Dès le 5 juin , elle avait applaudi au doyen du tiers lorsque , le garde -des-sceaux lui rappelant l'ancien usage qui assujettissait les députés des communes à se mettre à genoux en présence du roi , il avait répondu avec fermeté : Et si ^vingt-cinq millions cChommes ne le veulent pas, qui pourra les y contraindre P Le 17 juin, elle avait applaudi à la constitution de l'Assemblée ; le 20, au serment prononcé dans le jeu de paume ^ le 22 , à la réunion du clergé ; le 23 , elle applaudit aux députés qui refusèrent de se séparer après la séance royale ; elle applaudit à la véhémente apostrophe de Mirabeau au

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grand-xnjSiitjre des cérémomes ; elle applaudit à la .résolution de VAssemblée qui ^ séance tenante , ■pe];$i^t;i 4fuas s€^ pr^cédens arrêtés 9 proclama Tinviol^ilité de se9 membres, et déclara coupable de h^ute- trahison (quiconque oserait y attenter. Dès lors , JU révolution fut consommée ; mais dès lor« ausfd le trône fut compromis , et les esprits ino4éré6 commencèrent à ypir des nuages df^s Tavenir.

C'est ]^ne grande sagesse, da^s qni^onqiie ei^eree le pouvoir A l^njurée d'une révolutioii , ,de mesurer de aui^ Vétenduje de^ conçessioni» qu'e^ge Topinion publique, 4e les exécuter ^ans réserves , et d'aller XQ^ine , dès le pjremi^^ofipLent , :un peu au-^jà ^e,çè qu'qn «attend de lui : il n'est qi;e ce .pipyen.de rester ms^tre dcis éréwr Vf^ns. Devfmce^i^Tyo^s l'ppinjipn ; yo\is la ding^^ p^ U çoYi^i^ce : ^9^j£(i^es(-ivoiis,diQvapG;er psir.eU^) eUevoua Viaine ^^(^s^|a.ye ^ ^ sp}^.

I^ [^véfie^i^Qns ,fie jusûlièi^isi^^ que ,trpp alors «ette ^temdle jif^rîté. j4près ;l!â(^,4<^ da séance .çoyale y Ja courf^ ^^t.ç^ligéeds rplpyer ,,^t.d^ d(HUQu^.fiUeTifiâmi& les:ii9a^ia(àla rf^nifîn^deis ovdres ; cette cpno^sion forcée acçrp^t la p^^e^ij^e, d»i .{^i^ti pOfKulaiire 9^n$,cÂ)pter^sc» défiance^.

Présii^k^t 4e ri^sç^e^lée . dans ces cirqpi^twjc^ dj£- ^cilç^s ,f^}^y s$^t allier la modération au,cpur/»ge* Après la réunjk>n^4^ pi4rQs , ilopnserya qudque .temps encore se&fo^ç)j[pnf;yf]^:dw3'Ç€|S.prQQiiersmQmensla sagessede sa cpnd^^ A4Q^<ïii^ 4^ 9MHP^ 9 .^î dUe ne put Viefl&cer , lleffiet 4QSrpf4te^fj^9#. jalouses .ei le^ress^jatimejat .des intérêts blessés. Il pï:^9i4a;l!A^switttWée\ juçqu',au»c^ ^^àl'eap*

pKs^^iie ^m)ffm4itio^^ yjikl^^^putatipn deJ'Aâsi^Mée

l4i poniailejé. nmmmommii^- ^e^G»^èi^ui)éykj^%hQm-'

XVÏII NOTICE

mage si flatteur avait ëté précédé d'autres hommages" : rAcadémîe française , par Forgané de Marmonlel , son secrétaire 5 avait adressé une lettre dé félicitations au président de l'Assemblée nationale': rAcadémie dés belles-lettres avait fait plus encore ; un arrêté pris par elle plaça le buste de Bailly dans la' salle dé ses séances. Cependant la cour, vaincue le 23 juin , sôngcaît à renouveler le combat : des troupes s'approchaient de Paris et de Versailles ; l'Assemblée avait, à. plusieurs reprises, deinandé leur éloignement sans pouvoir l'obtenir 5 un ministre clier au peuple ,. M. Nécker , venait d*èt]^e exilé'; on annonçait dés mesurés violentés,- la' dissolution de l'Assemblée , l'arresialion de plusieùt^ déptiiîés. Ces préparatifs méhàçans amenèrent la jbùméë du 1 4 juillet : la Bastille prise et rasée , la création instantanée "d'une garde nationale , l'institution d'une municipalité dans la capitale du royaume , signalèrent dans cette journée lé triomphe du parti pojiulaîre. Les nouveaux friiriistres n avaient pas vu qu'en appelait là force militaire contre la "représentation nationale, qii'eh la réduisant ainsi à chercher à son tour uU' appui dans la ""fôrfce poJ)ulaire-5 ils précipitaient eux-mêwiés la France dans les voies irrégulières d'une révolution hostile et violenté. Ce fttt

encore le trône qui paya cette erreur du "ministère. ' Le lendemain de cet événement-, une députatibn de l'Assemblée nationale set-éndit àï'H6tel-de-Viire deParié; Bailly et M. de La Fayette en faisaient pàHîe : arrivés à l'Hôtel-de-Ville, une acclamation univierséllé décerna au premier le titre de maire de Paris, au. second celui de eommandant'gériéral de la hiilice parisiennes

A peine sorti de ses pteiflières -fonctions, Bailly se trouva donc investi d'une fonction peut-être phis déli-

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