SUR LA VIE DE BAILLY; XXIX
le sang d'un tel scélérat 5 qu'il faut déplacer l'échafaud. "Cette idée est accueillie par mille acclamations. L'écba- "faud , lentement démotité , transporté pièce à pièce dans om des fossés pratiqués sur le bord de la Seîne , est relevé sous les yeux de Bailly , que Ton conduit à pied sur la chaussée pour le rendre témoin de cette sinistre opération. Là , petidant trois heures , il reste en butte aux outrages de la populace qui lui crache au visage , lui lance des pierres , le frappe avec des bâtons. La pluie , qui continuait à tomber avec violence , inondait la tête nue de Bailly : il frissonnait. Tu trerrihïes j Bailly P lui dit un des satellites : Mon ami, c'est de froid, lui répond "doucement l'auguste victime. Cependant la nature épuisée trahit son courage -, il tombe évanoui. Revenu à lui , il s'adresse avec calme à ses bourreaux pour demander qu'on hâte son supplice. Cette prière , plusieurs fois tètiouvélée , est exaucée enfin. L'échafaud est relevé sur •tfti tuonceau d'immondices : alors Bailly, rassemblant «es forces , se relève , monte à l'échafaud d'un pas ferme , '}ét p^résente la tête au coup mortel.
' Ainsi périt Sylvain Bailly, auteur de plusieurs ouvrages rtfttiarquables 5 menlbre de l'Académie des sciences , de TAcadémie dés belles-lettres et de l'Académie française 5 mèttibre et président de la première de nos Assemblées nationales , et deux fois maire de Paris. Il aVait vécu cinquante-sept àti s .
^Bailly^étaît d'une taille élevée 5 ses trâhs'étaîent allongés, sa figure noble mais froide , son caractère sérieux , son ame douce et sensible. L'étude était ^on occupation 'fa[Vorîte,la méditation son état hâbiluel.'Sës ti'avaûx liii procurèrent une aisance honorable- ; U dépensa Hatois son a'dministratiôn la plus ^adde partie de sa fortune , et