‹ Mâemoires de Bailly (volume 2)Chapitre 5 sur 33 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

de son caractère, fut élevé dans la maison paternelle. On ne lui enseigna point le latin qu'il n'apprit que dans un âge plus avancé , et qu'il ne connut jamais qu'imparfaitement : ses premières études se bornèrent au dessin dont son père lui donnait des leçons. Mais la nature , souvent plus forte que l'éducation , l'appelait vers une autre Garrière.Bailly apprit, à la vérité, à juger avec goût des tableaux et des objets d'arts ; mais ses progrès ' dans le dessin furent médiocres.

Bientôt un hasard heureux développa ses dispositions pour les sciences. Un mathématicien, M. de MoncarvîUe , offrit au père de Bailly d'instruire son fils dans la science des calculs , en échange des leçons que le sien recevrait dans l'art du dessin. BaiUy avança rapidement dans cette nouvelle étude. En peu de temps il fut digne d'avoir des maîtres plus célèbres; Clairault et l'abbé Lacaille devinrent successivement ses instituteurs.

Cependant l'amour des lettres se manifestait chez leur élève en même temps que l'amour des sciences. Bailly essaya sa muse adolescente en composant deux tragédies : l'une , intitulée Clotaire , renferme , par un hasard remarquable , le tableau A'un maire de Paris massacré par le peuple; triste et singulier rapport entre les premiers sujets de ses travaux littéraires et le sort qui l'attendait dans sa carrière politique! l'autre tragédie avait pour titre Iphigénie en jTaunrfe ; c'était le sujet que Guymond de la Touche a traité depuis avec plus de bonheur.

Le jeune poëte consulta , sur ces premiers essais , le comédien Lanoue , homme estimable , connu par quelques succès dramatiques , et bon juge des ouvrages de littérature. Lanoue trouva dans l'une et l'autre pièce

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