SUR LA VIE DE BAILLY. V
une conduite sage , des conceptions plus raisonnables qu^originales , un style plus correct que brillant. Il engagea l'auteur à quitter la carrière du théâtre pour celle des sciences. Un tel conseil fait honneur au jugement de Lanoue. Bailly s'y montra docile. Il cessa d'écrire pour la scène ; mais , entraîné par son goût vers les études littéraires , il partagea ses travaux entre lès lettres et les sciences , et , cherchant un genre plus accessible à son talent , il s'exerça dans les concours académiques , où ses eâbrts furent couronnés de quelques succès.
En 1767, l'Académie française mit au concours l'éloge de Charles V : Laharpe obtint le prix 5 Bailly mérita \ accessit: l'année suivante, il obtint également à l'Académie de Rouen \ accessit de l'éloge de ComeiUe. Bientôt l'éloge de Molière lui valut un troisième accessit à l'Académie française \ la palme fut décernée au discours brillant et spirituel de Chamfort. Cependant ces premiers essais portaient encore les traces de l'inexpérience : le style , toujours grave et noble , n'était pas exempt de roideur et d'enflure. Un progrès sensible se manifesta danà l'éloge de Leibnitz , couronné en 1 769 par l'Académie de Berlin ; l'élève de Clairault était d'ailleurs ici sur son terrain ; des notes pleines d'érudition ajoutèrent au mérite de cet éloge, auquel succédèrent ceux de Gook , de Gresset et de l'kbbé Lacaille. Aucun de ces derniers écrits n'avait été composé pour les concours des Académies ^ peut-être n'en valurent-ils que mieux : l'auteur , plus libre dans sa composition , mit plus d'abandon dans son style \ les dé« £iuts reprochés à ses premiers ouvrages commencèrent à s'eSkcer : le dernier de ces éloges surtout réunit tous Iqs suffrages ^ c'était un tribut payé à la mémoire d'un