‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 11 sur 54 · SUR LE BARON DE BESENVAL. XV · texte numérisé non relu

SUR LE BARON DE BESENVAL. XV

voyer des ordres à trente lieues de la capitale, sous les yeux d'une Assemblée souveraine. Une contradiction non moins étrange, c'est que la décision qu'attaquait un district, était émanée des représentans de la Commune , revêtus des pouvoirs de tous les districts.

L'arrêté des représentans était juste 5 mais un acte de justice était une faute qu'il fallait réparer. Aussi, se hâtèrent-ils d'en prendre un autre , par lequel ils révoquaient celui de la veille , en disant qu'ils l'expliquaient* Ils se présentèrent à la barre de l'Assemblée nationale , pour lui soumettre cette lâche interprétation de leur premier arrêté.

Cette affaire était simple. Un officier-général , cîiargé par le roi de commander des troupes destinées à maintenir la tranquillité publique , remettait ce commandement inutile et se retirait dans sa patrie. Personne ne l'accusait : pourquoi la milice de \ illenox attentait-elle à sa liberté ?

Mais les districts menaçaient , et l'Assemblée nationale ménageait les districts. Elle ne dédaignait même pas de plaire au Palais-Royal , puissance ignominieuse qui s'élevait dans l'asile de la prostitution, et qui dictait impérieusement ses lois. Un excellent discours de M. Garât (1) et l'honorable caution du duc de Liancourt

(1) Ce beau discours rappelait e'loquemment à l'Assemblée tout ce qu'elle oubliait. 11 fut applaudi comme une oraison académique, et n'eut pas d'autre effet.

Combien il est à regretter que M. Carat n'ait pas joint aux lumières d'un esprit distingue' cette force de caractère , sans laquelle le talent n'est qu'un avantage à peu près inutile! Osons le dire : ce n'est pas un moindre dommage pour la littérature et la philosophie , qu'il ait été pousse dans une carrière pour laquelle il riait peu fait, et qui ne l'a

Page 1