XIV NOTICE
atrocités populaires. Il apprit en route que Foulon et Bertier avaient trouvé des bourreaux avant qu'on leur donnât des juges, et ne douta point qu'un pareil sort n'attendît le baron de Besenval , s'il était conduit à Paris. En faisant différer son départ , il lui sauva la vie.
M. Necker rentra dans la capitale , comme un monarque chéri dont les jours auraient été menacés. Les acclamations le suivirent jusqu'à l'Hôtel-de-Ville , où les rcprésentans de la commune et les électeurs lui prodiguèrent toutes les louanges que Colbert a méritées. Plein du danger de M. de Besenval , il s'empressa de solliciter , non sa grâce , comme on l'a dit, mais sa liberté, qui fut accordée. Le roi ne l'eût pas obtenue.
La démarche de ce ministre était délicate ; un refus eût compromis sa popularité. Si cette chance ne s'offrit point à M. Necker , il eut plus de générosité que de prévoyance. Mirabeau, qui le haïssait personnellement et dont son retour déjouait les espérances, ne perdit pas cette occasion de l'humilier. Le soir même il souleva le district de l'Oratoire contre l'arrêté qui proclamait l'élargissement du baron de Besenval. Telle était, en ce moment , la confusion des idées , qu'une fraction de la république municipale de Paris se crut en droit d'en-
comment les réunir? Il rebâtissait une aile de son château ; la charpente en était presque termine'e : il y met le feu. Le tocsin , la flamme et les cris font accourir, et d'autant plus diligemment que l'habitation seigneuriale touchait aux dernières maisons du village. Pendant ce mouvement , dont le comte de Saint-Chamans se disposait à proiiter, le bruit se répand que M. Necker, impatiemment attendu, change de chevaux à la poste. M. de Saint-Chamans y court, aborde le ministre, lui peint avec chaleur la situation de M. de Besenval, lui persuade qu'un mot de sa main à la municipalité' de Villenox sauvera le prisonnier. M. INeckei n'hésita point.