VI NOTICE
ce prince et ses ennemis ; et le maréchal d'Uxelles , président du conseil des affaires étrangères , chargea le baron de Besenval de se rendre auprès du roi de Suède , pour lui proposer cette intervention.
A la fin de juin 1720, c'est-à-dire au moment de la chute du système , et lorsque Paris , désenchanté par une banqueroute insolente, menaçait, à grands cris, d'arracher Law du Palais-Royal si le régent ne le chassait pas , le baron de Besenval eut ordre d'envoyer une compagnie de gardes - suisses protéger l'asile de cet Ecossais : et , par une singularité qui peut être remarquée, ce fut le baron de Besenval , son fils , qui , dans la journée du 11 juillet 1789, à la tête de la même troupe, eut à contenir le peuple delà capitale , qui demandait le rappel de M. Necker.
Au reste , on ne compare ici que les époques.
Pierre -Victor entra fort jeune et presque enfant au régiment des gardes. Son père était colonel de ce corps. Au printemps de l'j^'] , la guerre se ralluma; toute l'Europe était en armes. Quelle en était la cause? Le traité de Versailles , entre la France et l'Empire. On sait que ce traité, signé le iermai 1^56, était, en grande partie , l'oeuvre de la marquise de Pompadour. Cette dame , qui commençait à se défier du pouvoir de ses charmes, cherchait à remplacer le crédit d'une maîtresse usée , par une certaine consistance politique. Ajoutons que l'impératrice-reine avait écrit à la favorite avec moins de dignité que de politesse (1) , et que la marquise, fière d'être re-
(1) Marie-Thérèse, dans cette lettre e'trange , appelait madame de Pompadou^, ma cousine. Il était tout simple que le prince de Kaunilz n'eût pas été frappé de cette inconvenance 5 elle le menait à son but.