‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 2)Chapitre 6 sur 54 · SUR LE BARON DE BESENVAL. VIF · texte numérisé non relu

SUR LE BARON DE BESENVAL. VIF

cherchée , se dévouait par reconnaissance aux intérêts de cette souveraine. Madame de Pompadour protégeait Marie-Thérèse.

Le baron de Besenval fit la campagne de 17^7, comme aide-de-camp de M. le duc d'Orléans (1). Il s'y distingua par une valeur portée souvent jusqu'à l'imprudence , et surtout par un enjouement continuel au fort du péril -, enjouement qui n'est pas toujours très-sincère , mais qui charme le soldat français.

Le compte que rend le baron de Besenval , de l'affaire iï Hastembeck où nous battîmes le duc de Cumberland , met le lecteur à portée de juger si le maréchal d'Estrées manqua d'audace, ou Maillebois de loyauté. Cette dernière opinion fut celle qui prévalut à la cour, parce qu'à la cour tout paraît probable. Quoi qu'il en soit, le vainqueur à" Hastembeck fut disgracié , comme s'il eût avili nos armes. Il est vrai que M. deSoubise, couvert de la honte de Rosback, reçut le bâton de maréchal de France. Toute cette conduite était conséquente. On donna le duc de Richelieu pour successeur au maréchal d'Estrées ; et tel était l'accord qui régnait dans les opérations du Gouvernement, que ce changement s'effectua sans que le ministre de la guerre en eût connaissance. Etait-il possible de mieux servir un ennemi qui n'avait pas besoin de notre secours pour nous vaincre ?

Le duc de Broglie , nommé maréchal de France , ouvrit la campagne de 1760 par la défaite de 3o,ooo Hanovriens. Il importait au prince Ferdinand de réparer promptement cet échec. Il donne 18,000 hommes au prince héréditaire de Brunswick , avec ordre de se porter

(1) Père de Philippe Égalité,

VJII NOTICE

sur le Bas-Rhin , et d'assiéger Wesel. Ce projet nous était funeste , s'il n'eût été prévenu. Le maréchal envoya le marquis de Castries au secours de la place. Ce choix, fait peut-être en courtisan (puisque M. de Castries était neveu du maréchal de Belle-lsle ) , se trouva le meilleur qu'on eût pu faire. M. de Castries , officier plein de ressources , estimé des officiers , aimé du soldat , emporta Ilhinberg, battit le prince héréditaire à Clostercamp, et sauva Wesel. Le baron de Besenval, qui commandait une portion de la petite armée du marquis de Castries, se conduisit, au combat de Clostercamp , avec autant d'intelligence que de vigueur et de résolution.

En 1761 , on forma deux aimées , dont l'une devait opérer en Hesse , et l'autre en Westphalie. Le maréchal de Broglie commandait la première -, la seconde était sous les ordres du maréchal de Soubise. Le baron de Besenval servait dans la dernière à la tête du régiment, des gardes-suisses. Un conseil irréfléchi provoqua la réunion de deux corps que leur destination séparait. Le prince Ferdinand les battit à Fillings-Hausen , le 1 5 de juillet 1761} et les deux chefs s'accusèrent mutuellement de leur défaite. Le maréchal de Broglie fut exilé dans ses terres, et vengé par l'opinion. La cour ménagea M. de Soubise j mais le public ne l'épargna point. Les épi grammes et les vaudevilles abondèrent. On ne disait guère la vérité qu'en chansons.

La paix ramena M. de Besenval à Paris , et les rapports que sa place de lieutenant-colonel des gardessuisses établissait entre le duc de Choiseul et lui , le lièrent avec ce ministre.

Quoique le temps , qui réduit les réputations à leur juste mesure, ait porté plus d'une atteinte à celle du

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