L. Pfyffkr d'Altishoffen , capitaine
(i) Le dénuement absolu de tous moyens de défense, engagea les officiers à demander des munitions au comte d'Afl'ry, leur colonel ; celui-ci , trompé sans doute par les promesses astucieuses des chefs de parti , répondit que le régiment ne saurait courir aucun risque , et que Ton devait être tranquille sur le compte des Marseillais ; en sorte que cette demande n'eut point d'autre suite.
356 ECLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
Cette situation, que les âmes généreuses peuvent seules bien comprendre, dura plusieurs jours. Le 4 août, le régiment reçut ordre de se porter sur Paris. (L'on savait que les fédérés et les faubourgs devaient attaquer le château des Tuileries.) Le régiment partit la nuit des casernes de Courbevoie et de Ruelle, après avoir enterré une partie des drapeaux (1). Le marquis de Maillardoz, lieutenant-colonel , et le baron de Bachmann , major, vinrent audevant de lui jusqu'au pont de Neuilly ; le corps marchait dans le plus grand silence, avec les mêmes précautions qu'on prend en temps de guerre, en pays ennemi. Ce silence, un ordre admirable , la contenance ferme et froide des soldats en imposèrent sans doute aux factieux , et comme tout fut tranquille au chfiteau , la même nuit, le régiment retourna aux casernes; le lendemain on en détacha trois cents hommes qui furent envoyés en Normandie (2).
Depuis le 4 août jusqu'au 8 , la fermentation se développa ; dans tous les carrefours les émissaires des conspirateurs ameutaient et soulevaient le peuple ; on les entendait provoquer publiquement au meurtre , au siège des Tuileries , au châtiment du tyran.
On s'arrête à ce mot de tyran.
Le meilleur des rois a été le plus malheureux des hommes ; doué d'un esprit juste et même d'une raison supérieure, étranger aux passions qui égarent la jeunesse, inaccessible à tous les genres de corruption des cours , bon , simple , économe, religieux, sévère envers lui-même , indulgent pour les autres , Louis XVI porta sur le trône toutes les vertus d'un magistrat et d'un sage; il aima son peuple comme un père , et tous ses devoirs comme un chrétien. Mais l'histoire de sa vie offre, clans plus d'un sens, des leçons à tous les princes ; plus confiant dans son opinion personnelle , plus
(1) M. de Gibelin , aide-major, et le soldat Koliker, enterrèrent les drapeaux des compagnies dans les caves de Courbevoie. Ils doivent s'y trouver encore. On ne garda qu'un drapeau par bataillon , et le drapeau blanc de la générale.
(2) Le détachement de trois cents hommes dont il est question était commandé par M. de Karrer ; les officiers qui s'y trouvaient étaient MM. deRusconi, de Hertenstein, de Blumenthal, de Mercier, le baron de BilUeux, le comte Charles d'Affry, et Lendy, adjudant.
ET PIÈGES OFFICIELLES. 55j
capable d'une volonté constante , plus énergique contre le crime , mieux soutenu par son caractère contre les séductions de sa bonté, Louis eût vécu long-temps pour le bonheur de la France ; la puissance d'un grand caractère est le premier besoin des rois.
Le 8 août, sur les dix heures du soir, M. d'Erlach , capitaine de garde, remit à M. Glutz , aide-major, un ordre conçu en ces termes : « M. le colonel ordonne que le régiment soit rendu de- » main , à trois heures du matin , aux Tuileries. »
MM. de Maillai doz et de Bachmann avaient reçu cet ordre de M. Mandat , alors commandant-général de la garde nationale de Paris. On fit le partage des cartouches aux casernes, et l'on ne put en distribuer trente par hommes ; tout le monde marcha : ceux que leur âge exemptait du service voulurent le faire ce jour-là ; il ne resta aux casernes que les malades et les fourriers., A la porte Maillot , une ordonnance, venant de Paris, remit au commandant un passe-port signé Pétion (1).
La nuit suivante , celle du 9 au 10 août, MM. Mandat, de Maillardoz et de Bachmann firent occuper les divers postes du château par les gardes nationales et par les Suisses ; on en plaça dans la cour, dans la chapelle et à la porte royale. Le baron Henri de Salis, comme le plus ancien capitaine du régiment, commandait les postes des escaliers et de la cour de la reine. Il avait sous ses ordres le chevalier de Gibelin , sous-aide-major. La réserve de 3oo hommes, commandée par M. le capitaine de Durler, ayant sous ses ordres M. de Pfyffer-d' Altishoffen , capitaine , et M. de Glutz, aide-major, était placée dans la cour des Suisses, pour se porter où l'on aurait besoin d'elle.
La gendarmerie à pied avec une partie de la gendarmerie à cheval vint se ranger dans la cour; ne s'y trouvant pas placée commodément, ils allèrent se mettre en bataille près du Palais- Royal, et une partie d'entre eux finit par charger les Suisses dans leur retraite.
Des gentilshommes et des personnes attachées au roi s'étaient rendus en grand nombre au château, armés d'épées et de pistolets. On ne peut que louer leur intention ; elle était excellente ; on doit
(1) Texte du passe-port .« Laissez passer les Suisses, pour renforcer les postes des Tuileries. Pétion, maire. »
358 ÉCLAIRCISSEMEiVS HISTORIQUES
désapprouver leur démarche et avouer qu'armes comme ilsl'étaient, ils ne pouvaient qu'embarrasser la défense, en même temps qu'ils inspiraient de la méfiance à la garde nationale.
A onze heures du soir, on avait reçu l'avis que le tocsin serait sonné à minuit , et bientôt on eut connaissance au château de L'arrêté du faubourg Saint-Antoine , dont voici les principaux articljs :
« Assiéger le château , y exterminer tout le monde et surtout » les Suisses ; forcer le roi à abdiquer , le conduire avec la reine » et la famille royale à Vincennes, pour s'en servir comme otages » dans le cas où les étrangers se porteraient sur Paiis (1). »
A minuit, on entendit sonner le tocsin et battre la générale. M. de Bachmann s'assura que tout était en ordre; il donna des instructions aux officiers j il envoya les officiers-majors visiter les postes. Depuis ce moment , ce brave officier ne quitta pas le roi un seul instant, et l'Europe sait qu'il a eu le même sort que ce prince.
Le son lugubre du tocsin, loin de décourager les soldats, les animait davantage. A deux heures du matin , quatre bataillons des faubourgs étaient déjà arrivés sur la place du Carrousel; ils n'attendaient que leurs complices pour exécuter leur horrible projet.
Entre quatre et cinq heures, M. Mandat reçut l'ordre de se rendre à la commune. On l'attendait pour l'égorger sur les degrés de l'Hôtel-de-Ville; on savait qu'il avait dans sa poche l'ordre signé Pétio/i, de repousser la force par la force, et l'on voulait par ce meurtre soustraire cette pièce écrite à la publicité.
(1) Afin de se mettre à couvert, quelle que fût l'issue de la journée, Pétion s'était rendu au château ; mais l'heure où le tocsin devait sonner approchant, il annonça qu'il allait se retirer. Les braves grenadiers des Filles-Saint-Thomas s'y opposèrent, et voulaient le garder en otage : alors le roi ordonna à M. de Sjlis-Zizcrs , aide-major, de l'escorter. Celui-ci , à la tête d'un détachement , le prit sous le bras; les gardes nationaux menaçaient Pétion qui était tremblant, pâle et défait. M. de Salis , cherchant à le ranimer, lui dit avec bonhomie : « Sovez tran- » quille, M. Pétion, je vous promets que le premier qui vous tuera sera » tué le moment après. »
ET PIÈCES OFFICIELLES. 35g
Vers les six heures du matin, le roi, tenant par la main monseigneur le dauphin, descendit dans la cour royale , accompagné de quelques chefs de division et commandans de bataillon de la garde nationale, et de MM. de Maillardoz et de Bachmann (1); il passa d'abord devant la garde nationale , puis devant les Suisses qui crièrent : Vive le roi! Un bataillon armé de piques, qui entrait en ce moment dans la cour, criait à tue tête : P iue la nation'. Tl en résulta une discussion assez vive , à laquelle les canonniers de la garde nationale surtout prirent beaucoup de part. M. de Durler parvint néanmoins à les calmer, en leur représentant dans son singulier langage que le roi et la nation ne faisaient qu'un. Cependant le bataillon , qui venait d'entrer dans la cour, reconnut qu'il n'était pas à sa place, et alla se ranger parmi ses pareils.
Un moment après, M. Rœderer, procureur-général syndic , en écharpe tricolore, ainsi qu'un autre membre de la commune , et M., de Boissieux , officier-général, parcoururent les postes ; ils proclamèrent verbalement l'ordre que l'on avait déjà reçu par écrit (2), de défendre le château , et de repousser la force par la force. Alors
(1) Ce même cortège militaire reconduisit le roi au château. Sa Majesté' y rentrait, lorsqu'une députation de la garde nationale, qui avait à sa tête M. Rœderer, M. de Beaumetz et un autre membre du département, vint solliciter le roi de se rendre dans le sein de l'Assemblée nationale. M. de Gibelin, qui connaissait M. de Beaumetz, ancien président du conseil d'Artois, lui dit : « Monsieur, croyez-vous sauver les » jours du roi en le menant à l'Assemblée?» — M. de Beaumetz répondit : « Si je croyais le roi plus en sûreté ici, je me mettrais dans vos » rangs, afin d'y mourir pour lui. s A l'instant, M. de Bachmann se retourna vers M. de Gibelin et lui dit : « Si le roi va à l'Assemblée, il est » perdu. î) Ce sont les dernières paroles que les camarades de ce vertueux chef aient recueilli de sa bouche.
(2) Texte de la proclamation : « Soldats, un attroupement va se pré- » senter ; il est enjoint à nous , officiers de la loi , par le décret du 3 oc- » tobre, de requérir la garde nationale, et à vous, troupes de ligne , de » vous opposer à cet attroupement, et de repousser la force parla » force. » Culte proclamation a été communiquée au rédacteur (M. de Pfyffer d'Altishoffen ) par le brave Dim, sergent-major des gardessuisses , aujourd'hui officier pensionné à Soleure.
des gardes nationales, qui n'avaient pas chargé, chargèrent leurs fusils, et les canonniers leurs pièces (1). A sept heures les murmures recommencèrent , et des bataillons entiers de gardes nationales allèrent rejoindre les séditieux.
Entre huit et neuf heures, le roi se détermina à se rendre dans le sein de l'Assemblée nationale avec toute la famille royale et quelques gentilshommes. Il était escorté de deux bataillons de gardes nationales et des gardes-suisses de garde, avec MM. de Maillardoz,de Bachmann , de Salis-Zizers , aide-major (2),Chollet et Allimann , adjudans. La reine fit d'inutiles efforts pour empêcher ce funeste départ , après lequel la résistance la plus héroïque ne pouvait plus avoir un heureux résultat. M. de Bachmann l'avait prévu et l'avait dit.
Ce départ fut décisif pour les gardes nationales qui occupaient l'intérieur du châicau et les cours. La plus grande partie abandonna les Suisses ; les uns allèrent joindre les bataillons des faubourgs, d'autres se dispersèrent. Tous, cependant, ne partagèrent pas cette défection. Parmi ceux qui restèrent fidèles, il faut citer la presque totalité des grenadiers des Fillcs-St.-Thomas.
L'armée de Santerre se mit en mouvement, ses canons en tête, et bientôt on la vit s'avancer vers les portes du château.
Le maréchal-dc-camp de jour, se voyant presque seul avec les Suisses, jugea qu'il ne pourrait conserver les cours avec si peu de monde ; il cria : « MM. les Suisses , retirez-vous au château (3).»
(i) 11 y eut un grand nombre de canonniers qui refusèrent de charger leurs pièces. Un officier suisse, M. l'aide-major Glutz, proposa de s'en emparer, en taisant observer qu'on s'en servirait probablement contre les troupes fidèles jdes volontaires se présentèrent pour faire ce coup de main. On crut impolitique et dangereux d'y consentir • l'événement prouva qu'on n'aurait pas dû hésiter.
(2) M. de Salis-Zizers fit former les troupes en bataillon carré autour de la famille royale, pendant qu'on traversait diagonalement le jardin pour se rendre à l'Assemblée ; une horde de cannibales, portant la tête de M. Mandat au bout d'une pique, força la porte du côté de la terrasse, près du café de Flore. M. de Salis £t faire halte. La contenance du bataillon en imposa aux brigands , et ils se retirèrent.
(3) A la célèbre retraite de Meaux , les Suisses purent mieux et plus librement disposer de leur courage. Le colonel Louis Pfyffer entra au
Il fallut obéir , laisser six pièces de canon au pouvoir de l'ennemi, et abandonner les cours. On aurait dû prévoir qu'il faudrait les reprendre , sous peine«d'être brûlé dans le château; de simples soldats le disaient très-haut. Cependant l'on obéit, et l'on prit les dispositions que le temps et les localités pouvaient permettre ; on garnit de soldats les escaliers et les croisées du château ; le premier peloton fut placé à la chapelle , c'est-à-dire un peloton de grenadiers des Filles-St. -Thomas en première ligne, et les Suisses en seconde (1).
M. le capitaine de Durler trouva au premier appartement , en face du grand escalier , M. le maréchal de Mailly qui était avec M. de Zimmcrmann, lieutenant de grenadiers et officier-général. M. le maréchal ayant annoncé à M. Durler qu'il était chargé , de la part du roi , de prendre le commandement du château , M. de Durler lui demanda ses ordres: de ne pas vous laisser forcer, repartit le maréchal. M. deDurler répondit qu'on pouvait y compter. Ce fut le seul ordre queles Suisses reçurent de ce maréchal de France, et l'on ne saurait leur reprocher de ne l'avoir pas suivi à la lettre.
Pendant que M. de Durler parlait avec M. le duc de Mailly, il vit distinctement par la fenêtre le portier du roi ouvrir la porte royale aux Marseillais; ils entrèrent peu à peu, élevant leurs chapeaux, et faisant signe aux Suisses de venir les joindre. Un de la bande, plus hardi que les autres , s'approcha d'une fenêtre et lâcha un coup de pistolet. Le sergent Lendi allait répondre à cette insolente provocation ; les officiers le retinrent; mais cet acte de modération ne servit, comme à l'ordinaire, qu'à enhardir les assaillans (2).
conseil et y parla avec fermeté : son avis devint celui du conseil qui confia le roi à ses fidèles alliés. Charles IX fut sauvé. Ce prince avoua a que sans ses bons compères les Suisses, sa vie et sa liberté étaient en ■» grand branle, s
(1) Les compagnies d'Affry, Salis, Diesbach et PfyfTer, prirent poste dans la grande galerie , en face du Carrousel ; les grenadiers sur le grand escalier.
(2) Les officiers firent des efforts incroyables pour empêcher toute agression ; les soldats, outrés de tant d'injures, étaient très -difficiles à contenir.
562 ÉCLA1RCISSEMEWS HISTORIQUES
Enfin toute la colonne ennemie entra et plaça ses canons en batterie ; on égorgea des sentinelles suisses qui étaient placées au pied du grand escalier où les premiers Marseillais montèrent au poste de la chapelle, le sabre à la main. MM. de Durler, de Reding, Joseph fie Zimmermann, et de Glutz, aide-major, accoururent pour faire placer une barre en bois en travers de l'escalier. M. de Boissieux voulut haranguer les assaillans, mais d'affreux hurlemens couvrirent sa voix; enfin quand ceux-ci virent que leur tentative était inutile , ils se retirèrent en accablant les Suisses d'injures (1).
Yoici quel était l'état des choses au moment où le combatallait commencer. Sept cent cinquante Suisses répartis sur plus de vingt postes; deux cents gentilshommes sans armes, quelques gardes nationales restées fidèles, tous sans commandans en chef, sans munitions, sans canons , attaqués de toutes parts par près de cent mille hommes d'une populace furieuse , ayant avec elle 5o pièces
(i) L'adjudant suisse, Roulin, qui s'était avancé pour tâcher de calmer les assaillans, fut saisi et dépouille de ses habits: on allait lui trancher la tête, au moment où il fut délivré par ses camarades. Un des commandans de la troupe de Santerre, ancien garde-française, s'approcha de la barre, et demanda à parler au commandant des Suisses. M. de Durler s'élant présenté , il voulut l'engager à se joindre à eux , lui promettant qu'il serait bien traité • mais voyant que ses paroles étaient sans effet sur cet officier, il tira son sabre, en l'accablant d'injures ; au même instant, un autre ancien garde-française darda un coup de pique contre M. de Durler qui Je para froidement avec la main.
On avait assuré aux soldats que l'intention des Marseillais se bornait à les désarmer. Le sergent Blaser s'avance vers eux avec quinze grenadiers, et leur dit : « Qu'ils savaient qu'on voulait les désarmer; qu'ils » ne croyaient pas que la conduite du régiment pendant la révolution » pût mériter un tel affront ; que, si Ton ne voulait plus du régiment, » on pouvait le renvoyer légalement ; mais qu'ils ne quitteraient pas » leur poste et ne se laisseraient pas désarmer; qu'ils étaient Suisses , m et que les Suisses n'abandonneraient leurs armes qu'avec la vie. » Ces paroles généreuses agirent un instant sur l'imagination mobile des Marseillais; ils crièrent : Kivent les Suisses! nous ne les désarmerons pas. Mais cet élan ne dura guère ; car, un moment après , on désarma de force douze factionnaires.
d'artillerie. Cette populace se sentait encouragée par le corps législatif, et disposait de la municipalité.
La troupe de Santerre fit une décharge qui blessa plusieurs sol dats. Les grenadiers des Filles-St. -Thomas ripostèrent , et les Suisses suivirent leur exemple. Les Marseillais répondirent par une décharge générale d'artillerie et de mousquetcrie, qui coûta la vie à beaucoup de monde. M. Philippe de Glutz, lieutenant des grenadiers, fut tué , et M. de Castelberg eut la cheville du pied fracassée (1).
L'action devint générale; elle se c'écida bientôt en faveur des Suisses. Le feu des croisées et celui de la réserve de M. de Durlev furent très-meurtriers. En peu de temps la cour se trouva évacuée; elle était jonchée de morts, de mourans , de blessés.
MM. deDurler et de PfyfTer firent du château une sortie de cent vingt hommes; ils prirent quatre pièces de canon, et redevinrent maîtres de la porte royale. Pendant qu'ils traversaient le Carrousel , un autre détachement , sous les ordres du capitaine Henri de Salis, s'empara de trois canons qui étaient à la porte du manège , et les amena jusqu'à la grille du château ; de-là , ce second détachement alla rejoindre le premier, sous le feu de l'artillerie qui , de la porte de la cour de la reine , tirait sur eux à mitraille. Les Suisses réunis portèrent l'épouvante et la mort parmi les assaillans ; la cour royale fut couverte de morts ; ils enlevèrent une partie des canons de leurs adversaires, et réussirent à les conserver; mais ils ne parvinrent pas à faire taire un feu à mitraille qui, d'une petite terrasse placée vis-à-vis du corps-de-garde des Suisses, plongeait sur la cour royale. Ces braves soldats essuyaient un feu meurtrier avec le sang-froid et la tranquillité du courage. Les détachemens étaient criblés, mais se ralliaient toujours de nouveau. Après des efforts presque malheureux, les Suisses restèrent les maîtres du champ de bataille ; les soldats traînèrent les canons pris aux ennemis; les officiers y contribuèrent; partout on se battit avec un égal acharnement; partout l'ennemi était repoussé , et les
(0 M. de Castelberg, massacré sur les degrés du grand escalier, fendit la tête à un Marseillais d'un coup de sabre, un moment avant d'expirer.
Marseillais, qui formaient les têtes des colonnes d'attaque, souffraient prodigieusement (1).
Mais les Suisses voyaient avec anxiété approcher le moment où l'épuisement des munitions allait les laisser exposés au feu de l'ennemi, sans aucun moyen d'y répondre.
Dans cet instant critique, M. d'Hervilly (tué depuis pour la cause royale à Quibcron) arrive sans armes ,sans chapeau , à travers des coups de fftsil et de canon. On voulait lui montrer la disposition qu'on venait de faire du côté du jardin. « Il ne s'agit pas de cela , » dit-il , il faut vous porter à l'Assemblée ». On crut pouvoir encore être utile à cet infortuné monarque , et une voix (c'était celle du baron de Viomesnil, frère aîné du maréchal de ce nom) , une voix qui cria : Gui , braves Suisses, allez trouver le roi; vos ancêtres l'ont fait plus d'une fois , confirma celte trompeuse espérance
Il fallait chercher à se rallier ; on réunit les tambours qui n'avaient pas péri. On fit battre l'assemblée, et malgré la grêle de balles qui tombaient de toutes parts , on parvint à ranger les soldats comme à un jour de parade (2). Pour couvrir la retraite (5),
(1) Quinze Marseillais qui feignaient d'être morts , voyant les Suisses s'avancer vers eux, se jetèrent à genoux en demandant la vie. M. de Durler fut obligé de se précipiter au-devant des soldats, pour soustraire ces Marseillais à leur vengeance.
(2) Un témoin oculaire m'a assuré qu'il n'avait pu se lasser d'admirer le sang-froid du capitaine Pfyfler qui allignait ses soldats comme à l'exercice.
(3) Les officiers qui se trouvèrent alors réunis étaient MM. de Salis- Zizers, de Durler, de Pfyfler, capitaines -de Zimmermann, maréchal de camp et lieutenant de grenadiers, Alexandre de Zimmermann, de Glutz et de Gibelin, officiers majors, Joseph de Zimmermann, de Luze,de Gross, Ignace de Maillardoz, lieutenans ; de la Corbière et de Castella , enseignes 5 d'Ernest, de Diesbach de Steinbrugg et Deville, sous-lieutenans.
Pendant que l'on battait l'assemblée , Fridolin Heffti , de Ennetbuel , Canton de Glaris, sergent de' la compagnie de Besenval, homme d'une force prodigieuse, fut blessé d'un boulet de canon qui lui fracassa la cuisse • ses camarades accoururent à son secours : au moment où les tambours battirent il leur dit : « N'entendez-vous pas qu'on rappelle? » Allez à votre devoir et laissez-moi mourir, i>
on pointa deux rfes pièces enlevées aux assaillans, et qui se trouvèrent encore charge'es contre le vestibule , à côté de la grille. M. de Durler y plaça deux hommes, avec ordre de lâcher leurs coups de fusil sur la lumière, si l'on étaitpoursuivi (1 ). MM.de Reding , de Glutz et de Gibelin aidèrent quelques soldats à transporter une pièce de canon sous le vestibule. Ce fut dans ce moment que M. de Reding eut le bras cassé d'un coup de carabine (2).
La traversée du jardin fut excessivement meurtrière; il fallut soutenir un feu très-vif de canon et de mousqueterie qui partait de trois points différens,la porte du Pont-Royal, celle de la cour du manège et la terrasse des Feuillans. M. de Gross eut la cuisse cassée d'une balle ; il tomba près du bassin , auprès du groupe d'Aria et de Pœtus.
Enfin, l'on arriva dans les corridors de l'Assemblée nationale. Le baron de Salis , emporté par son ardeur, entra dans la salle du corps législatif, l'épéenue à la main , au grand effroi du côté gauche de l'Assemblée ; les députés qui le composaient crièrent : Les Suisses, les Suisses; et plusieurs cherchaient à se sauver par les fenêtres.
(1) Au moment où M. de Durler donnait cet ordre, un grenadier le poussa rudement de côte en criant : On pointe sur nous. En effet, le boulet vint frapper le degré sur lequel ce capitaine était place' auparavant
(2) On coucha le mieux que Ton put M. de Reding sur les sacs des soldats morts 5 il fut reconnu par un tailleur de Paris qui l'affubla d'une redingote, et le transporta chez un chirurgien ; malheureusement une lettre interceptée fît découvrir son asile et il fut transféré à l'Abbaye où il a été massacré de la manière la plus cruelle. (Voir l'agonie de 36 heures). 11 était frère d'Aloys de Reding, landamanu de Schwyz, dont le nom et les services seront immortels dans les Annales de la Suisse; de Théodore de Reding, qui acquit tant de gloire en défendant l'indépendance nationale de l'Espagne, et de Lazare de Reding , lieutenant -général et ancien gouverneur de Majorque. Aux Champs-Elysées, quand le peuple assaillit à coups de pierres le régiment royal-allemand, M. de Reding arracha vivement la mèche des mains d'un canonnier qui allait mettre le feu à la pièce. Il faut louer ce trait indélibéré d'humanité, et avouer en même temps que , si ce coup eût été tiré, il aurait pu produire de grands changemens.
366 ÊCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
Un député vint ordonner au commandant de faire mettre bas les armes à sa troupe; celui-ci refusa de le faire. On conduisit M. de Durler auprès de Sa Majesté. Il dit au roi : Sire, on veut que je mette bas les armes. Le roi lui dit : « Posez-les entre les mains de la » garde nationale; je ne veux pas que de braves gens comme » vous périssiez. » Un moment après, le roi lui envoya un billet de sa propre main conçu en ces termes : Le roi ordonne aux Suisses de poser les aimes et de se retirer aux casernes (1). Cet ordre fut un coup de foudre pour ces braves soldats; ils criaient qu'ils pouvaient encore se défendre avec la baïonnette; plusieurs pleuraient de rage ; mais dans cetteafFrcuse extrémité, la discipline et la fidélité prévalurent, tous obéirent.
Cet ordre de quitter leurs armes et de se livrer ainsi sans défense à des tigres altérés de leur sang, fut le dernier sacrifice que l'on exigea des Suisses.
On sépara les officiers d'avec les soldats ; ceux-ci furent conduits à l'église des Fcuillans; les officiers furent déposés dans la salle des inspecteurs; les députés y entrèrent pour les voir , non sans manifester descraintesqui, dans quelques-uns, étaient accompagnées de férocité et de bassesse, et dans les autres de pitié.
Vers le soir, un député, nommé Bruat, de l'un des départemens français oii l'on parle allemand (2), vint trouver les officiers et leur dit en cette langue : « Qu'il allait faire tout ce qui dépendrait de » lui pour les sauver. » En effet, il leur procura des redingotes et la facilité de sortir; alors, chacun isolément chercha à se tirer d'affaire comme il put. Ces officiers fidèles erraient dans Paris, proscrits par la fureur populaire, au moment même ou un décret du corps législatif venait de mettre les Suisses sous la sauve-garde de la loi (3). »
(1) Le billet du roi se trouve encore entre les mains de madame la générale de Durler, née Zurlauben, veuve du général*.
(a) Du Haut-Rhin. {Note des now. edit. )
(3) Je prie M. Bruat, s'il existe encore, de me pardonner de rompre le silence auquel s'étaient engagés avec lui les officiers qui lui ont dû la
* On trouvera, dans le recueil des Portraits qui font partie de la Collection des Mémoires , le fac-similé de cet ordre e'erit en entier de la main de Louis XVI
( Note des nouv. édit.)
Le château n'étant plus défendu, l'armée de Santerre y entra, massacrant lâchement les blessés et tous ceux qui s'étaient perdus dans l'immensité du palais (1). Une partie des Suisses qui occupaient les appartenions n'avait pu se joindre au détachement qui se retirait sur l'Assemblée nationale. Ils descendirent au moment oii les Marseillais entraient dans le château, et ayant trouvé chargées les deux pièces que M. de Durler avait laissées, ils y mirent le feu, ce qui leur donna le temps d'opérer leur retraite par le jardin. Avec eux se trouvait le père Second-Lorettan (2), capucin et aumônier du régiment; il fallut traverser une grêle de coups de fusil et de coups de canon. Là périrent M. le baron de Waldener , M. Simon de Mailla rdoz , M. de Millier et beaucoup de soldats. Cette petite troupe s'était d'abord dirigée sur l'Assemblée , et y fut reçue à coups de fusils ; elle se porta au pont tournant et le trouva fermé; enfin elle put sortir par
vie : le temps est venu , où ce n'est plus accuser quelqu'un , que de publier une bonne action. M. Coquet, alors lieutenant de la garde nationale de l'Oratoire, sauva près de deux cents Suisses, et en nourrit douze pendant près de trois semaines.
M. Desault, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu , reçut plusieurs soldats blessés, et d'autres qui s'étaient sauvés, et les fît cacher dans des lits de malades. Une troupe de furieux se porta à l'Hôtel-Dieu, et demanda qu'on les leur livrât : « J'en ai fait jeter par les fenêtres une dou- » zaine, et j'en ferai autant de tous ceux qui se présenteront. » 11 ne fut contredit par aucun des aides-chirurgiens qui étaient présens. Les Marseillais se retirèrent.
(1) Tous les officiers blessés ont été massacrés , excepté M. de Repond qui a pu s'échapper, malgré un coup de feu reçu à la jambe.
(2) Le respectable et courageux père Loreltan allait au milieu du feu porter avix mourans les secours de la religion. Ce fut bien malgré lui , et par obéissance, qu'il quitta le matin même l'habit de son ordre, et il dut la vie à un habit de M. Simon de Maiîlardoz, qu'on lui fit endosser. L'honnête et brave Beckin, chirurgien-major du régiment, et son aide, M. Kichter, pansaient les blessés au milieu du feu le plus vif ; ils furent massacrés tous deux en exerçant leurs fonctions, n'ayant pas voulu abandonner nos blessés , même après la retraite de M. de Durler. M. Beckin a laissé un fils à qui il ne reste que l'honorable souvenir de son père. Cette famille a tout perdu par le pillage des casernes de Courbevoie.
368 ËCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
le jardin du dauphin. Arrivée à la place Louis XV, la gendarmerie à cheval chargea les Suisses; la plupart furent massacrés. Le père Second fut sauvé par son déguisement. Un moment après , le sergent Stofel , de Mels , canton de St.-Gall , commandant quinze hommes qu'il avait ramassés de divers postes, se'fit jour jusque sous le vestihulc où se trouvaient les canons qui venaient d'être abandonnés et que les Marseillais gardaient. Il s'empara de trois ; un quatrième était encloué ; il les défendit encore quelque temps , et lit enfin sa retraite sur l'Assemblée.
Accables par le nombre , les Suisses n'ont pu laisser d'autres trophées que les cadavres de leurs ennemis. Mille traits particuliers d'héroïsme et de dévouement se sont perdus dans la gloire générale de cette journée (1). Nous regrettons surtout de ne pouvoir citer le nom de tous les hommes généreux qui, au péril de leur
(i) Les Suisses, e'pars dans les divers postes du château et dans les cours, n'avait- nt pas été prévenus de la retraite qui venait d'être ordonnée ; entendant les derniers coups de canon qui furent tirés sous le vestibule, ils se replièrent la plupart sur le grand escalier. Quatrevingts Suisses environ défendirent ce poste contre la foule innombrable des assaillans ; ils en tuèrent quatre cents avant de céder. Ils soutinrent le choc pendant vingt minutes, et tous furent massacres : aucun n'essaya de se sauver par la fuite.
M. Forestier de Saint-Venant se dirigea avec trente hommes vers les Champs-Elysées; il chargea Fépée à la main un corps posté à la statue de Louis XV, et le força trois fois ; mais , ayant perdu la moitié de son monde , le reste du détachement fut désarmé , et. lui-même fut tué d'un coup de pistolet par un gendarme à cheval. M. Joseph de Forestier, quartier-maître, qui avait assisté au combat comme volontaire, parvint à se sauver à travers la foule, après avoir accompagné le roi à l'Assemblée.
M. de la Corbière était entré au régiment la veille du 10 août : dans la retraite il fut d'abord renversé d'un coup de hache ; mais un garçon de bureau de l'Assemblée , M. d'Aigremont , le releva et le sauva. Ce fut le même M. d'Aigremont qui sauva aussi M. le capitaine d'Erlach, massacré depuis, et M. Ignace de Maillardoz.
MM. Henri de Salis-Zizers, de Pfyffer, de Durler, capitaines; de Glutz, de Gibelin, et Alexandre de Zimmermann , aide-majors ; Emmanuel de Zimmermann , Joseph de Zimmermann , d'Ernest ,
vie , ont sauve le petit nombre d'officiers et de soldats échappés au massacre.
M. de Montmollin, qui venait d'entrer au régiment, emprunta un uniforme à M. tle Forestier, pour pouvoir assister au combat; il était enseigne de bataillon, et a conservé, jusqu'à son dernier soupir, le drapeau qui lui a coûté la vie. A la tête de quelques soldats, il était parvenu à se faire jour jusqu'au pied de la statue de la place Vendôme. Là, ne pouvant plus avancer, après s'être battu en héros, et avoir tué de sa main plusieurs ennemis, percé enfin par derrière , il tomba dans les bras d'un caporal qui se perdit sans pouvoir le sauver. « Laissez-moi périr, lui dit-il , et ne songez qu'à » sauver le drapeau. » Le caporal qui le soutenait ayant lui-même reçu un coup mortel, M. de Montmollin s'enveloppa dans son
de Uiesbach de Steinbrugg, et de Castella, ont dû la vie aux soins de M. Bruat, député; mais les trois derniers ayant été arrêtés dans des visites domiciliaires, ont été' massacrés à la conciergerie.
M. Hubert deDicsbach, lieutenant des grenadiers, dont la compagnie avait été détruite sur le grand escalier, dit aux sept hommes qui lui restaient encore, en patois fribourgeois : «Que ce n'était pas la peine » de survivre à de si braves gens. » Il prit alors le fusil d'un soldat tué, et se jeta clans la foule la baïonnette en avant; il y trouva la mort, ainsi que six à sept hommes qui Pavaient suivi. Un seul fut sauvé.
Le baron Constant de Rebecque, aujourd'hui lieutenant-général au service de S. M. le roi des Pays-Bas, commandait un détachement de trente hommes dans la salle des Cent-Suisses , lorsque le feu commença : il fit répondre tant qu'il eut des cartouches à brûler. Le feu ayant cessé, il réussit, par miracle, à se sauver à travers la foule. MM. de Gottreau, Jean de Maillardoz, de Capretz ont été tués à la place Royale et dans la rue Verte , en se retirant avec leurs détachemens.
Il m'a été impossible d'apprendre par qui M. de Répond, lieutenant , et Deville, sous-lieutenant, ont été sauvés.
Le fusilier Miiller, de Lucerne , soldat de la compagnie de Durler , reçut un coup de feu à travers le corps; un bourgeois qui le connaissait le fit transporter à THôtel-Dieu , où on le coucha à côté d'un Marseillais blessé mortellement. Ce dernier, dans le paroxysme de la fièvre, proférait d'horribles imprécations contre les Suisses; il mourut au bout de trois jours. Joseph Miiller guérit, et parvint à gagner ses foyers où il vit encore.
$jO ÉCLAIRGISSEMENS HISTORIQUES
drapeau. Ses meurtriers ne purent s'en emparer après sa mort qu'en le déchirant.
Une sentinelle suisse, attaquée par une foule de Marseillais, en tua sept, et, n'ayant plus de cartouches, elle se servit de son sabre, et tua encore plusieurs ennemis avant de succomber.
Ainsi finit le régiment des gardes-suisses du roi de France , comme l'un de ces chênes robustes dont l'existence séculaire a affronté cent orages, et qu'un tremblement de terre a pu seul déraciner.
Il est tombé le jour même où l'antique monarchie française s'est écroulée. Il comptait un siècle et demi de services fidèles rendus à la France.
Pour détruire ce corps respectable , il a fallu la réunion d'une foule d'événemens malheureux ; il a fallu que les Suisses fussent privés de leur artillerie, de leurs munitions , de leur état-major, de la présence du roi ; il a fallu les affaiblir cinq jours avant le combat , par un détachement de 3oo hommes ; il a fallu que les 200 hommes qui accompagnèrent le roi à l'Assemblée ne pussent pas tirer un coup de fusil; qu'au moment de l'attaque, un ordre mal calculé rendît inutiles les sages dispositions de MM. Maillardoz et de Bachmann ; qu'au moment d'une victoire dont on devait poursuivre les avantages, M. d'Hervilly vînt diviser et affaiblir la défense; il a fallu enfin , pour anéantir ce corps, éternel honneur de notre pays , qu'on réunît contre lui cent mille hommes et une artillerie immense.
11 y a une modestie de nation qui interdit à un Suisse de faire, autrement que par le récit des faits, l'éloge de la fidélité de ses compatriotes ; mais il lui est permis de rappeler que les Suisses se sont battus à la Bérézina , comme à Mogarten, et que les Suisses du 20 mars ont été fidèles comme ceux du 10 août.
Bien peu de Suisses du 10 août ont survécu à cette fatale journée; l'approbation de leur patrie et l'admiration de l'Europe les dédommagent de la perte de leur état et de leur fortune (1). Ils n'attendaient plus de récompense de la France, lorsque le roi a bien voulu, par un décret du 10 août 1816 ,leur donner des témoignages de sa
(i) Le pillage des casernes de Courbevoie et celui de la caisse du régiment sont une perte immense. Jamais propriétés ne furent plus lé-
ET PIÈCES OFFJCIELLES. 5j ï
satisfaction ; ils ont alors connu des espérances qui seront réalisée* sans doute , car ils ne peuvent avoir compté en vain sur la parole d'un roi juste (1).
Les officiers qui accompagnèrent le roi à l'Assemblée , et qu'on transféra dans les prisons de l'Abbaye, ceux qui furent pris à Paris, dans les visites domiciliaires, ont tous été massacrés (2); le baron
gitimes; si elles eussent été respectées ou restituées par un équivalent, quelques hommes, débris vivans du régiment des gardes, auraient aujourd'hui une existence modeste , mais assurée et suffisante.
(1) Copie d'une lettre de Sa Majesté Louis XVI II à M. de Durler, lieutenant-colonel au régiment royal étranger, au service de Sa Majesté Britannique , datée du 6 septembre 1796.
« J'ai reçu avec grand plaisir , Monsieur , l'expression de vos sentiment» » et de ceux des officiers du régiment royal étranger. Je savais la con- » duite que vous avez tenue le 10 août 1 792 , journée aussi mémorable , » quoique l'issue en ait été bien différente dans les fastes de votre brave » et loyale nation, que celle de Meaux et d'Yvry, et j'acquitte une dette )> sacrée , en vous disant , pour vous et pour tous vos compatriotes , que » jamais les rois de France n'oublieront ce que les Suisses ont fait dans » cette funeste occasion. Je reconnais bien votre digne chef, le baron » de Roil, aux ordres qu'il vous a donnés; il sait aussi à qui il les adresse.
» Soyez auprès des officiers de votre régiment l'interprète de mes sen- )j timens pour eux, et ne doutez jamais, Monsieur, de tous ceux que » j'ai pour vous. »
M. de Durler alla rendre ses hommages à Sa Majesté Louis XVIII. Ce prince l'accueillit de la manière la plus flatteuse, lui rappela la conduite énergique et loyale qu'il avait tenue le to août, et lui dit, en lui remettant un brevet de maréchal-de-camp : «Je ne suis ici que le comte w de Lille, mais c'est sur les marches des Tuileries que le roi de France » vous remet ce brevet. »
(2) Noms des officiers massacrés :
A l'Abbaye , MM. Joseph de Reding, de Biberegg, capitaine. A la Conciergerie, le marquis de Maillardoz, lieutenant-colonel , de Salis^ Zizers , aide-major, de Wild , aide-major, Alliman , adjudant, Chollet, adjudant, de Zimmermann, lieutenant; d'Ernest, de Diesbach, de Steinbrugg, de Castella d'Orgemont, sous-lieutenans, et Chollet, tambour-major. L'aide-major de Salis, au moment où on le jetait hors de la porte du guichet, pour le livrer aux assassins, put arracher un« baïonnette à un garde national, et en perça un des brigands.
372 ÉCLAIRC1SSEMENS HISTORIQUES
de Bachinaun seul a péri, le 5 septembre, sur l'échafaud qui attendait le vertueux Louis XVI.
On a dit que le baron de Bachmann était l'âme du régiment des gardes-suisses, remarquable même entre les plus braves par son sang-froid dans le danger, bon sans faiblesse, loyal et simple comme un ancien chevalier, militaire instruit , véritable ami de son pa^s, religieux observateur de tous ses devoirs, sévère par principe pour le maintien de la discipline , père des soldats , usant avec eux de cette popularité noble qui ajoute à l'amour sans altérer le rcspeet, tel était le baron de Bachmann. Il unissait à toutes ces qualités une taille imposante, une figure mâle et noble, et une contenance martiale ; en sorte que, sous le double rapport des avantages physiques etducaratère moral, on pouvait le considérer comme le modèle des guerriers de notre nation.
Il fut grand et noble à sa mort , comme il l'avait été toute sa vie. Il avait vu approcher avec sang-froid le 10 août ; il contempla sans émotion le 3 septembre. Il ne s'abaissa point à discuter son innocence devant des juges criminels ; il demanda la mort et la reçut en héros. Ses dernières paroles furent : Ma mort sera vengée.
Etat nominatif de MM. les officiers de l'ancien régiment des gardessuisses , qui se sont trouvés à l'attaque du château des Tuileries , le 10 août /703.
De. V état-major .
Le marquis de Maillardoz , de Fribourg, lieutenant - général , grand-croix , lieutenant-colonel du régiment , massacré à la Conciergerie.
Le baron de Bachmann, de Glaris, lieutenant-général , grandcroix , major du régiment, guillotiné.
Le baron Rudolf de Salis-Z izers , des Grisons, aide-major, massacré à la Gonciergie.
De Glutz, de Soleure , aide-major, aujourd'hui colonel fédéral . et colonel par l'ordonnance du roi du 10 août 1817.
De Wild , de Fribourg , sous-aide-major, massacré à la Conciergerie.
ET PIÈCES OFFICIELLES. 5j5
Le comte Alexandre de Zimmermann, de Lucerne , sous-aidemajor, aujourd'hui colonel au service de INaples.
De Gibelin , de Soleure , sous-aide-major, aujourd'hui lieutenantcolonel.
Allimann , de Soleure , adjudant, massacré à la Conciergerie.
Chollet , du Yallais , adjudant , massacré à la Conciergerie.
Bekin , chirurgien-major, tué sur le champ de hataille.
Le père Lorettan , capucin , du Yallais, aumônier du régiment , a survécu.
Joseph de Forestier, de Fribourg , trésorier.
Jean Lacaze-Pelairuy , chirurgien-major.
Pierre-Antoine Morisot, d'Avallon ( France) , chirurgien-major.
Antoine Legros , de Marquois ( France ) , aide-chirurgien.
Jean Debriouse , de Saint-Georges (France ), idem.
Pierre-Marie-Joseph Ordinaire, de Couvet, idem.
Etienne Laymeries, de Porentruy, idem.
Charles-François Bournonuille , de Versailles (France), premier commis du bureau des Suisses.
Nicolas-Albert-Michel Mandevavre , de Frutigen , maître de mathématiques.
Chollet , du Vallais , tambour-major.
Joseph-Bernard Heiiobig , de Schwyz , sous-tambour-major.
Officiers des compagnies.
Le baron Henri de Salis-Z izers , des Grisons , capitaine, aujourd'hui chef de la brigade des gardes-suisses, mort en 18x9.
De Duriez; de Lucerne , capitaine , a survécu ; mort depuis , en Egypte , lieutenant-colonel du régiment royal-étranger, et maréchal-de-camp,
De P/%#è/d'Altisholïen , de Lucerne , capitaine, mort depuis en §uisse.
Le baron de Reding , de Schwyz, capitaine, blessé pendant l'affaire , massacré ensuite.
Le chevalier d^Erlach , de Berne , capitaine , tué.
Le comte Emmanuel de Zimmermann , de Lucerne, premier lieutenant , maréchal-de-camp , sauvé , mort depuis.
3y4 ÊCLA1RC1SSEMENS HISTORIQUES
Joseph de Zimmermann, de Lucerne , premier lieutenant , marechal-de-camp , lieutenant-général par le décret au 10 août 1816. mort en 1819.
De Repond , de Fribourg , premier lieutenant , blessé , mort depuis.
Hubert de Diesbach , de Fribourg, premier lieutenant , tué sur le champ de bataille.
De Gottreau , de Fribourg , premier lieutenant, tué sur le champ de bataille.
Louis de Zimmermann , de Lucerne , premier lieutenant , massacré à la Conciergerie.
De Castelberg , des Grisons , second lieutenant des grenadiers ; tué sur le champ de bataille.
Gros , de Fribourg , second sous-lieutenant , tué sur le champ de bataille.
Frédéric de Luze , de Neufchâtel , second sous-lieutenant , aujourd'hui colonel par le décret du 10 août 1816.
Philipps de Glutz , de Soleure , second sous-lieutenant , tué sur le champ de bataille.
Simon de Maillardoz , de Fribourg , second sous-lieutenant , tué sur le champ de bataille.
D'Ernest , de Berne , premier sous-lieutenant , repris dans une visite domiciliaire , massacré à la Conciergerie.
Ignace de Maillardoz , de Fribourg , premier sous-lieutenant , aujourd'hui lieutenant-colonel.
De Forestier, de Fribourg, premier sous-lieutenant, tué sur le champ de bataille.
Le comte Diesbach de Steinbriigg , de Fribourg, premier souslieutenant , repris dans une visite domiciliaire , massacré à la Conciergerie.
Le comte de Waldner, premier sous-lieutenant, tué sur le champ de bataille.
Jean de Maillardoz , de Fribourg , second sous-lieutenant , tué sur le champ de bataille.
De Millier, d'Uri , second sous-lieutenant, tué sur le champ de bataille. #
De Montmollin, de Neufchâtel, second sous-lieutenant, tué sur le champ de bataille.
De Constant de Ilebecque , de Vaud, second sous-lieutenant, aujourd'hui lieutenant-général au service des Pays-Bas.
De Ville , de Neufchâtel , second sdus-lieutenant , aujourd'hui lieutenant-colonel par l'ordonnance du 10 août 1816.
Castella d'Orgemont, de Fribourg, second sous-lieutenant, massacré à la Conciergerie.
De la Corbière , de Genève , second sous-lieutenant , aujourd'hui lieutenant-colonel .
De Caprez , des Grisons, second sous-lieutenant, tué sur le champ de bataille.
Etat nominatif des sous-offiçiers et soldats de l'ancien régiment des gardes-suisses , qui se sont trouvés à l'attaque du château des Tuileries , le 10 août 1792 ; par ordre de canton.
(Cet état est très-incomplet, les livres des compagnies et les rôles ayant été perdus. Le nombre des sous-officiers et soldats tués peut se monter entre six et sept cents hommes. La plus grande partie de ceux qui ont été sauvés , se sont trouvés avec le roi à l'Assemblée nationale.)
Zurich. Jacques Rinderknecht , Jean Theiler, Jean Stapfer, Jacques Stapfer , Salomon Simmler , tués ; Jean Baumgarten , Félix Bourkard, Jean-Marie Brakmann, ont survécu.
Bekne. Abraham Baumann, André Dœnnler, Abraham Entzer, Jean Jaun, tués ; Jean-Emmanuel Suter, Samuel Gnaegi, Magnus Cattin , Balthasar Frossard , Jean-François Girardin, André Gammenthaler , Louis Eckemann , Michel Debois , Antoine Vaisard , Frédéric Schneider, sergent, Abraham Hory , Jacques- Marie Dupierge , Pierre Paumier , François Frézard , Jean-Frédéric Eglese, fourrier, Jacques Buchwalder , François-Joseph Maillot , Adam-Louis Degoumois , Claude Landry , Etienne Pièche , François-Joseph Maillot , Jean-Pierre Melliat , Joseph- Laurent Raparlier , Joseph-Laurent Crombian , Jean Guillard , Antoine Cattin , Jean Vaumonfort , Joseph- Auguste Lemaîlre , Louis Errard, Henri-Aubin Errard, Jacques Girardin , Nicolas Mathey , Denis Pasquié , Pierre-Germain Saunier , Jacques Vernier , Pierre Scherer , Charles Brian , Rodolf Gasser , Georges
3rj6 ÉCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
Bruechet, François Brong, Antoine Vaisard, Jean -Baptiste Gigon , Joseph-Biaise Masson , ont survécu.
Lucerne. Joseph-Antoine Schwœgler, sergent-major, Gaspard Stalder , sergent , Fridolin Bueler , Joseph Lustcnberger , Joseph- Jost Hueber , Pfister , Jean Albot, Jean Eader, Xavier Singer, Aloïs Tschopp , tués; Antoine Bueler, Joseph Bueler, Joseph Mùller , Joseph Hofstetter , Pierre-Joseph Weibel , Jacques- Aloïs Gotty, Joseph Rolly , Jean Mùller, Xavier Sigerist, Benoît Deprez, Jean-Paul Amrcin, Jean Kling , Xavier-Jacques-Ambroise Lotscher, Maurice Barth, Cristoph Pfyffer, Frédéric Kling, Joseph Ehrenbolger , ont survécu.
Schwyz. Joseph-Balthasar Niderist, sergent, Jean Ehrier , François Schwiter , Louis-Jérôme Schwiter , Joseph-Balthasar Gwerder, Joseph-Balthasar Studiger, Joseph -Sébastien Ulrich, Aloïs Rieter , Jean Erler , Jean-Dominique Frischherz, Joseph et Charles Stossel , Charles Aufdermauer, Charles Abegg , Jean Abegg, Joseph-Antoine Kœlin , Nicolas Abegg, Charles Schwiter, Joseph Kailly, Etienne Schonbachler, Joseph Marty , Jean Tmhof, ont survécu.
Unterwald le haut. Jacques Vonmatt, Gaspard Kunz, Joseph Zysat, Joseph- Maria Huber, François-Joseph Bûcher , Joseph- Maria Ebli , tués.
Unterwald le bas. Nicolas Odermatt, Michel Zimmeimann , Nicolas Niederberger, tués; François-Joseph Schmitter a survécu.
Glaris. Charles Leuw , caporal, Baptiste Leuw , Fridolin Hefti , Jean Luschinger , tués.
Zug. Joseph- Antoine Dosenbach , Biaise- Antoine Klotter, sergent , Joseph-Gerold Bûcher , Balthasar Gattiker , Gaspard Gattiker, Beat-Charles Iten , tués ; Dosenbach , tambour, a survécu. Fryeourg. Noé Gavillot , sergent , Jean Jungo , Antoine Delley , Louis Cosandey , Joseph Bertschi , Christe Haymoz, Joseph Roulin , Jean Menoud , Joseph Niquillé , Claude Roux , Joseph Menoud , François Sensonens , Jean Bertschi , Jacques Gotschmann , Jean Lehmann , Louis Progin , Claude Chaumartin, Joseph Perrin , Joseph Genoud , Jacques Siffert , sergent , Nicolas Rappoux , Antoine Deforel , Jean Moettrau , Jacques Dorand , NicolasDucret , Etienne Gendre, François Thorin , Baptiste Page,
Nicolas Rosset , Claude Pithou, Joseph Schodelet, Jean Schodelet, Pierre Castella , François Genilloud , Jean Peissard , Antoine Vicht, François Gobet, Claude Bapst, Pierre Deschoux, Jean Jekelmann , sergent-major, tués; Claude-Joseph Roulin , Jean- Joseph Bays , François Dudin, Vincent Jaquet, Joseph Schnewli, sergent , Pierre Gachét, Pierre Morel , Jean Pillioud , Jean- François Cupillard , Pierre Moutet , Maurice Moutet, sergent, Jean Grosset , François Progin , Joseph Chenaux , Pierre Ghassot , Claude Jolion , Christe Lehmann , Jean Reynold , Nicolas Levet , Jacque L'homme , Joseph L'homme , Jean Painblanc, Jean Bruker, Joseph Gobet, Pierre Barbey, François Gendre , morts depuis ; François-Vincent Noël , Jean Fassnacht , Jacques Perny, Jean-Jacques Fassnacht, Paul Crémaud, Jean, Louis-François Derron, Claude Volery, Jean Dubey , Denis Sudan , François Mouttet , Jean-Joseph Ecoffey , Louis Gendre , Georges Page, Antoine Roulin, François-Xavier-Nicolas Schœffer, François Beaudevin , Jacques Egger , Jean-Joseph Michel , Pierre- Louis Perny, Jean-François Viel , Louis EcofTay , Jean Beaud , Jacques Roulin , Jean Hayot , Jean-François Chassot , Jacques Villard , Antoine Thomas , Joseph Badoud , François-Joseph Sterreaux , Joseph Vial , Louis Criblet , Joseph Godet , Nicolas Corpataux , Pierre-Joseph Overny , Jean Riedot , Georges Gachet , Jacques Salin , François Sugneaux , Jean Seillaz , Jean Deforell , Jean-Baptiste Veillard, Joseph Brulhart , Claude-Joseph Sauge, Nicolas Berroux , Claude-Joseph Sudan , Jean-Jacques Egger , Joseph Armingau , Gabriel Savary, Jean-Baptiste Thùrler , Jacques Rodolf Bersy , Pierre-Joseph Minguet , Antoine Paschoud , Jean-Baptiste Mayeux , Auguste de Forestier , volontaire , Jacques Colland , volontaire , Jean-François-Martin Sottaz, volontaire , Jean-Théodor Bresy , ont survécu.
Soleure. Joseph Vogeslang , sergent-major, Jean Bernhard , sergent-major , Urs Walker , sergent-major , Jacques Sluber , sergent , Charles Lambart, Jean Kaufmann , Sébastian Ollenbach , Frédéric Jecker , Urs Schulep, Joseph Hugy , Urs Hugy, Urs- Joseph Kocher , Urs-Joseph Halbenleib , Dominique Halbenleib , Pierre Fluely , Joseph Hofer , Urs Ruefi , Jean Affoher,Jean Oeglcr, Joseph Welty , Joseph Meyer, François Millier, Jean Augor , Urs-Joseph Diemand , Joseph Wys , Joseph Krech, Joseph h. a5
3 78 ÉCLURCISSEMENS HISTORIQUES
Strausak, Joseph Glutz, Jean Spùty , Joseph Kayser, Antoine Oyerly, Jean Sxssely , David Mùller, Benoît Kully , Rodolf Gernhard , Léonce Baumann, Urs Baumann , Urs-Joseph Voland, Jacques Genny , Joseph Brunner, Joseph Wittmer , Jean-George Meyer, Jean Scherrer, Pierre Bachmann , Jean-George Freyer, Urs Roth, Joseph Gerber , Joseph Kuntner, Urs Walker, Nicolas Bernhard, tués: Ferdinand Moll, Urs-Joseph Meyer, Joseph Bloch , Jean-Etienne Borrer , Jean Affolter , Jean-Joseph Winistorfer, Urs-Joseph Berger, Jean Burkart, Urs-Joseph-Thomas Henzcros, Jean Rauber, Jean- Joseph Meyer , Rodolf Grutier , Joseph Gibier, Jean Hassenfratz, Jacques Pfistcr, Jean Moll, Jean Wysscr, Jean Meyer, mort depuis, Jean-Pierre Din , Nicolas Schenker, Jean-Ulrich Schrciber , Jean StocMi, Jean Yogtli , François Burry , Joseph Zenner, Léonard Zcnncr, Louis Chibler, Joseph Kolliker, Philippe Ditz , Daniel-Georges Kolikcr , Jacques Guisiger , Jacques Kœch , Jean-Clément Abourg , Joseph Fegly , Souttcr, Jeanlsch, Joseph Widmer, Jean Kœch, Urs Bloch, Joseph Keller , Jacques Borner, Urs-Joseph Rohn , Martin Borner, Joseph Grimm, Martin Michel , Joseph-von Dœniken , Léonce Pittcrli , Jean Felzhalb , Joseph G utzwyler, Urs-Joseph Dopplcr , François Wohlgemulh, Jean Kohler , Jean Fellmann , Jean Borrer, ont survécu.
Basle. Thadé Rueffli, Etienne Fohs , Livin Leeman.
St.-Gall. Bartholomé Pfifiher, Conrad Lendy , Bartholomé Broder , Paul Wachtcr , Joseph Glarner , Jacques Maffle , Jean- George Messmer, tués; Jacques S toffel, -Pierre Piiffner, Pierre Guntîi, Oswald Broder, Joseph Nick , Jacques Brunner , Jacques Albrecht , Bonifiée Niek, Adam Wagner , Pierre Schmiz , Jacques Faigle , Lons le Grand, Henri Kuhn , Georges Rohncr, Théodore Gobel, Nicolas Prudent Eglez, volontaire, Louis Lendy, sergent , ont survécu.
Grisons. Philippe Lorenz , Jacques Bossi , Etienne Roffler, Georges Niggli , Jacques Truog, Pierre Hœrtli , tués. Chrétien Florin , Philippe Luzi , Franz Schmidt , Joachim Ragueltly , Georges Camenisch , Jean-Pierre Canthieni , Jacques Capeter, Pierre Thienni , Jean Sprecher, Luce Ehrhard , Jean Bertsch , Ch étien Sprecher, Nicolas Waldner, Pierre Meissen , Jean Wolf, Crispin Yos , Silvestre Winkler, André ïruog , Chrétien Bundy,
Jean Badrann, Chrétien-Antoine Cadufs , Jean-Julien Tschurr, Gottfred Holzbecker. Charles- Antoine Malbach , Ferdinand-Henri Erny, Charles Trévary, Jean-Antoine Joos , Martin Cachenny, Jean-Baptiste-Marie Schueller, Joseph Yos, Jean-Pierre Clavin , Dominique-Marie Barbérisse , volontaire , ont survécu.
Argovie. Gaspard- Antoine Herzog , tué. Christophe Berner , Henri Meyer, David Wys , Léonard Oelhafen , Gaspar Bader , Jacques - Léonce Stierli , Jacques Eœrtschi , Rodolf Liïscher , Georges-Nicolas-Denis Steiner, Frédéric Luxembourg , ont survécu.
Turgovie. Georges Schmid , tué.
Tessin. Joseph Caglieri , Pierre-François- Antoine Chiodi.
Vaud. David Peylard, Pierre Dulhevoz, Jean-Louis Falconnet, Charles Minod , François-Moïse Minod , Pierre Manusson , Jacques-David Yallotton , Jérôme-David Vallotton , tués. Marc- François Viande , Henri Pinget, François Rogelet , Louis Amey, François Johannot , Georges Larpin , André Ogiez , Charles Pavillard , Daniel-François Chapuis, Jean-Louis Guery, Jean-Isaac Chevalley, Frédéric-Emmanuel Duperthui , Pierre Magnin , Jean- Antoine Grangier , Marc-Antoine Monasson , François Truan , David Jaquet, Benjamin Truan , Abraham-Jérémie Jaquet , Jean- Jacques Yullien , Jean-Pierre Arthaud , Pierre Rochat , Pierre- Louis Jaccard , Abraham Pigneron , Pierre-David Cornu, Pierre- Louis Yuichoud , Jacques - François Burnier , Josué - David Pilet, Jean-Louis-Mathias Merminod, Abraham Jenner, Pierre Rochty, Pierre-Louis Locker, Salomond Junod , Jacques-Antoine Boraley, Vincent Dufour, Jacques Dufour, David Bugnon, Pierre Plet, David Thévenaz, Jacques Gommalier Fonjalaz , Joseph Monasson, ont survécu.
Vallais. François Clausen, François Glaisen , tués. Pierre- Joseph Biollet , Joseph Aubret, ont survécu.
Neuchatel. François-David Clerc , Jean-David Junod, Henri- Louis Sandoz , Jean-Pierre Favre, Pierre-Simon Jaccot , Jean-Joseph Diacon , Louis Perret, Biaise-Modeste ïissot , François-Gabriel Dornier, Louis-Marie-Noël Dornier, Antoine-André-Louis de Rajnaud, ont survécu.
Genève. Jacques Begoulle , Moïse Guy, Jean-Antoine Choisy, Jean-Daniel Besançon, Pierre Dorsival, tués. Abraham Mermil-
38o ÉCLAIRCISSEMENS HIST. ET PIÈCES OFFIC.
lod , Jean-François Clergeon Hudry, Michel-François Guy, Philippe Albert, Joseph Exartier, Claude Cusin, Jean-Marie Deschamp, Laurent Beccard, Jean-Michel Mugnier, Maurice Yeyrat, Antoine Morier, René Soret , volontaire , ont survécu.
Etat des sous-officiers et soldats de V ancien régiment des gardes suisses qui ont droit à la médaille , et dont le lieu de naissance n'est pas connu , ou qui sont nés au régiment ou en Jhrance.
Laurent Bernugy, François Roll , Madet, Delpire , Jacques Holtzenbecker , Louis Foax , David Coulon , Couzin, Joseph Barbey, Jacques Esnou, Jean- Charles Martenat, Coulon, Théodore Chaudron , Joachim Kainic , Abegg , Pierre-Antoine Morier, Joseph Desloyer, François Nick , Clément Alexis Schnider, André Fischer, François Brong.
1 IN DES ÉCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES ET DES PIECES OF*ICIELl,Ka
La Bibliothèque
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Échéance
The Library
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