‹ Mâemoires du marquis de Ferriáeres (volume 3)Chapitre 91 sur 151 · CHAPITRE V. IJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. IJ

Maigre ces raisons, la reine insistait. «■ Quai-je » à craindre , disait-elle , d'être tuée ! Autant vaut » aujourd'hui que demain! Que peuvent-ils faire » de plus ? Laissez-moi me rendre auprès du roi ; » c'est là ma place; mon devoir m'y appelle; et )> s'il faut que je périsse, c'est à côte' de lui, c'est » à ses pieds que je veux expirer ! » Mais au même instant elle fut entourée par les grenadiers des Filles-Saint-Thomas que le roi avait envoyés à son secours et à celui de ses en fans.

Pendant que ces scènes se passaient , une partie des séditieux, mécontens d'avoir cherché inutilement des victimes, se portaient dans tous les coins des appartenons du château pour trouver la reine.

N'ayant pu découvrir cette princesse , et ne sachant pas que la demeure de Sa Majesté était au rez-de-chaussée, ils arrivèrent à l'appartement de monseigneur le dauphin, dont ils brisèrent les portes à coups de haches, croyant y trouver son auguste mère.

Elle était parvenue , dans l'intervalle , à se retirer avec ses enfans, sous l'escorte des grenadiers, dans les appartenons du roi, où les brigands la forcèrent aussi de recevoir la cocarde nationale que de£ poissardes lui présentèrent.

Que Marie-Antoinette fut magnanime dans ce moment d'horreur ! Quoique accablée de douleur , la grandeur de son ame lui donna la force de parler avec calme à tout ce qui l'entourait , de ne penser

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