‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 13 sur 165 · SUR MADAME ROLAND. XXI · texte numérisé non relu

SUR MADAME ROLAND. XXI

» comment cela est-il possible ! il y a dix- sept ans quil » est posé , il n'avait jamais bougé. » L'exclamation de l'hôtesse ressemble au raisonnement dont nous parlions tout à l'heure \ quand on compare les petites choses aux grandes , on les trouve subordonnées aux mêmes lois, et les trônes ont leur vétusté comme les lits d'auberge.

Mademoiselle Phlipon perdit presque à la fois sa mère et sa fortune. La mort de sa mère fut le coup le plus sensible qu'ait jamais éprouvé son coeur : quant à la perte de son bien , cette première rigueur du sort lui apprit à se fortifier contre ses atteintes. Une liaison fondée sur l'estime détermina son mariage. Roland, écrivain laborieux, savant éclairé, administrateur habile , joignait à l'austérité de son âge et de son caractère , la sévérité des mœurs anciennes. Tout fut grave pour madame Roland , dans cette union 5 ses années , comme elle dit elle-même dans une des lettres inédites que nous joignons à cette édition , ses années étaient laborieuses et marquées par le bonheur sévère qui tient à V accomplissement des devoirs. La naissance d'un enfant y mêla beaucoup de douceur. Madame Roland , en s'occupant de l'éducation de sa fille, se plaisait à lui rendre les tendres soins qu'elle avait elle-même reçus de sa mère. Renfermée le reste du temps dans le cabinet de son mari , elle s'associait à ses travaux et profitait de ses lumières. Roland, inspecteur des manufactures , lui montrait ce qu'un préjugé absurde avait fait de tort au commerce , ce que des réglemens imprévoyans avaient donné d'entraves à l'industrie. Madame Roland tournait ses connaissances nouvelles au profit de ses opinions , et la liberté , qui était déjà pour elle une passion , acquérait à ses yeux l'autorité d'une doctrine , quand elle voj^ait s'y rattacher des

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