POUR LA JONCTION DES ACADEMIES BE PARIS ET DE ROME
« laissé pour y marquer précisément ce qu'il désirera y clian- « ger, ce qui sera, comme je le puis connaître, quelques mots « seulement. Il souhaite avec impatience de voir la lettre ita- « lienne, laquelle il eût bien voulu montrer à l'assemblée d'hier, « et qu'il m'a fait demander deux fois depuis ; c'est ce qui « m'oblige à vous prier de nous l'envoyer par le présent por- « teur. Toute la Compagnie a été charmée de la lettre que vous « nous avez dressée pour l'Académie de Rome, aussi bien que « M. Le Brun qui en fait beaucoup d'estime, jusqu'à la vouloir « faire voir à M. Perrault, auquel j'ai montré les traductions « latines, qu'il a trouvées fort belles, et qu'il m'a prié de lui « laisser sur quelque difficulté qu'il a trouvée à l'endroit des « qualités de M. Colbert, et à celui où il est parlé des maîtres des « requêtes de notre hôtel, ou ce mot d 'hôtel que vous avec tra- « duit fidèlement, lui a semblé un peu mesquin; sur quoi je lui « ai fait entendre l'observation que vous m'avez faite pour la « conservation des termes de chancellerie, ce qu'il a approuvé « en disant qu'en cela il étoit fort peu instruit.
< Je suis, etc., ïestelin. »
Ces lettres patentes du roi avec les statuts dressés pour la jonction mentionnée, toutes pièces latines et de ma façon , comme il a été dit, après avoir été scellées du grand sceau à queue, enfermé dans une boîte d'argent, le tout fut enveloppé d'une tavayole de taffetas blanc, et mis dans une grande boîte couverte de maroquin bleu fleurdelisé, et fermée par des crochets d'or, puis envoyé à Rome sous l'adresse du sieur Errard (1 ) qui y étoit retourné depuis peu avec le même caractère de son poste précédent, afin qu'il présentât ce magnifique pa-
(1) « Il plut encore au roi d'établir, en 1665, une autre Académie à Rome, pour instruire et perfectionner les étudiants de l'Académie de Paris, qui en ayant remporté des prix, sont en même temps envoyés à Rome, pour jouir du bénéfice de la pension que sa Majesté leur accorde. M. Errart fut choisi pour être le directeur de cette Académie et y a resté assez longtemps ; M. Coypel a aussi eu cette qualité. (Le Comte, Cabinet des singularités d'architecture, peinture, etc. Paris, 1699. T. HT, p. 75.)