‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 19 sur 174 · HOU EST CHARGÉ DE DRESSER LES STATUTS · texte numérisé non relu

HOU EST CHARGÉ DE DRESSER LES STATUTS

lumière et l'ombre, puisque sans lui il n'y a point de lumière, et que sans lumière il n'y a point d'ombre; c'est de la palette de couleurs que la peinture tire la lumière et l'ombre, qui font sa principale essence. Et à l'autre égard, on peut dire que si le roi, représenté par le soleil, qui est sa devise, remplit tout le monde de l'éclatante lumière de sa gloire , d'un autre côté, la peinture, désignée par la palette, est l'ombre de la nature, puisqu'il n'y a rien qu'elle ne copie ; car quoiqu'elle embrasse tout, elle n'est pourtant pas les choses mêmes qu'elle représente, elle n'en est que l'image et l'ombre.

Je viens présentement au billet de M. Testelin qui justifie ce que j'ai avancé ci-dessus, touchant les écrits où j'ai été employé pour l'Académie royale, et même par ordre d'en haut ; car lors qu'on termina l'affaire de la jonction des deux Académies , savoir celle de Paris et celle de Rome, je fus chargé de mettre en ordre les statuts de cette jonction et de dresser la patente du roi qui en devoit faire toute la validité ; et ces deux pièces ayant été approuvées , je reçus un second ordre de mettre tout cela en latin, et les originaux de ces deux pièces, qui furent signées du roi, étoient même écrits de ma main (1). C'est de quoi le billet qui suit rend un témoignage authentique, comme de toutes les autres choses de cette nature que j'ai avancées.

Billet du sieur Testelin , secrétaire de l'Académie royale, etc., au

sieur Rou.

«Le 20 décembre 1676.

« Monsieur,

« J'ai montré à M. Le Brun le projet dont il a témoigné d'être « très satisfait, et tout à fait conforme à sa pensée. Je le lui ai

(1) Les lettres patentes du roi, pour la jonction des deux Académies, furent données à Saint-Germain-en-Laye, au mois de novembre 1676, et furent suivies d'un arrêt du conseil, du 22 décembre 1676, autorisant l'union de V Académie de peinture et de sculpture de Paris avec celle du dessin de Rome. (Félibieu. T. III. Pièces justificatives, p. 224.)

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