REMARQUES
tion, et qui aussitôt m'y fit la réponse qu'on va voir; M. Ba} le, pareillement défunt, fut le second, et m'envoya à divers ordinaires consécutifs les trois lettres qui suivront celle de M. de La Devèze. Voici donc celle de ce dernier :
« Pour M. 7T\
« Je vous renvoie, Monsieur, la belle dissertation et les « doctes remarques que vous avez faites sur votre traduction « de Y Histoire d'Espagne, par Mariana. Votre ouvrage n'a pas « besoin de recommandation après cet heureux passeport que « vous mettrez sans doute à la tête ; on aime naturellement de « connaître d'abord le fort et le faible d'un auteur qu'on veut « lire, et c'est à quoi vous avez parfaitement pourvu par l'écrit « que vous m'avez mis en main. Je l'ai lu avec un plaisir ex- << trême, car vous avez eu l'habileté d'unir ensemble deux « choses qui produisent cet effet, je veux dire le savoir et la « politesse, d'où naît Y utile et l'agréable.
« Je n'ai pas, Monsieur, fait de remarque qui mérite d'aller « jusqu'à vous, pour altérer tant soit peu la beauté de votre « ouvrage, et ce n'est que pour m'éclaircir moi-même que je « vous propose ici mes doutes sur quelques expressions dont « vous vous servez dans cette espèce de préface.
< Vous y parlez de la traduction de Mariana qu'un de vos « amis avoit faite et qui n'a pas vu le jour ; vous dites quelle « étoit fort défectueuse. Il me semble que c'est en dire assez, et « je ne voudrois pas enchérir encore, comme vous faites par « ces termes: Pour n'en parler pas plus désavantageusement . L'a- « mitié a quelque chose de sacré dans le tombeau même.
« Dans la même page, parlant de l'histoire de Mariana, vous « faites dire aux Espagnols, sur le sujet de cet ouvrage, qu'il « n'y a pas de salut hors l'histoire de Mariana. Je les crois ca- « pables de cette expression, et même d'autres plus outrées ; « mais je doute que notre langue l'admette en pareil cas ; ce»