M\ SES HABITUDES
« verrez vous-même s'il vous plaît démonter. — Jouai garde de « le faire, lui dis-je, eette occasion n'étant nullement heure de « visite, et ne pouvant que lui être à charge ; laites-moi seule- « ment la grâce de lui présenter mes respects. — Non , Monsieur, « me dit l'intendant, je suis sur que vous ne lui sauriez faire « un plus grand plaisir, et je vous prie de monter. » Je le lis donc, ce fidèle domestique m1 ouvrant de lui-même la chambre de son maître sans plus grand mystère d'avertissement. Mois étonnement témoigné à M. de Marolles avec mes plus humbles civilités, il me répondit que ce qui me paraissoitsi étrange, lui étoit tout familier. « Je fais tout ce que je puis, me dit-il, pour « allonger la vie etles jours, mais ils me paroissent également l'un « et l'autre s'enfuir comme une ombre. Je me lève le plus matin « qu'il m'est possible, et me couche le plus tard de même; ce- « pendant le temps me semble trop court, et l'assiduité de mes « occupations me le fait paraître comme un trait d'arbalète ou « un vol d'oiseau. » Ce fut ce que me dit en propres termes le bon M. de Marolles, que je quittai bientôt pour continuer ma course.
J'ai donné au petit début de cette narration, un air de vie voluptueuse et purement charnelle, en ce qui regardoit M. de Marolles, parce que, dans ce moment où il me parioit de ses occupations les plus attachées, je voyois bien devant lui un grand volume d'estampes où il faisoit toujours de nouveaux arrangements, et même quelques notes curieuses: mais il ne me paraissoit en aucun endroit de sa table, qui étoit fort longue, ni Bible ni bréviaire, ce qui ne me faisoit pas juger trop favorablement du véritable point de vue dont il envisageoit cet unique nécessaire dont notre Seigneur louoit la prudente Marie, au préjudice de sa sœur, l'inquiète et trop affairée Marthe. Car que dire là-dessus? et sera-ce une trop grande témérité que de se faire à soi-même cette demande sur le sujet et pour le compte de M. de Marolles? Ce grand homme, veux-je dire, ne tàchoit-il point d'éloigner de sa pensée, le plus qu'il pouvoit, le formi-