‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 82 sur 174 · LE .MINISTRE · texte numérisé non relu

LE .MINISTRE

iidèlc et naturel de toute l'ingénuité des circonstances qui regardent l'ouvrage que je publiai, au bout de quelque temps, à la prière de l'auteur. Yoici donc cette lettre :

« 1er août.

« Vous ne vous attendiez pas à cette corvée, Monsieur, n'en « accusez cependant que votre mérite. Si vous n'aviez pas au- « tant de lumière, de pénétration et de discernement que vous « avez, Ton ne se seroit pas avisé de vous prier de vouloir exa- « miner cet écrit. Ce sont des objections que l'on m'a faites à « peu près en France, et ce sont ces illusions qui en retien- « nent un grand nombre dans l'apostasie. Si vous croyez, Mon- « sieur, que cet écrit puisse être de quelque utilité, je vous « supplie d'avoir la bonté de le lire avec soin, et de le corriger « sans flatterie. Les égards que l'on a pour les enfants, à cause « des pères, m'obligent à taire mon nom. Ainsi, je vous prie « d'éclaircir ce qui est obscur, de fortifier ce qui est faible, de « rectifier ce qui approche de l'égarement, et de mettre les « choses dans leur jour; augmentez, diminuez, l'on vous en « croira par la haute opinion que l'on a de vos lumières. Je « vous prie de mettre vos remarques sur une feuille de papier, « et de marquer la page et les sections. Le gentilhomme qui « vous délivrera cet écrit le reprendra au temps que vous lui « marquerez, et je vous prie, en le lui rendant, qu'il soit ca- « cheté. J'espère, Monsieur, que vous aurez cette bonté, et

< comme l'on doit tout attendre d'un homme habile et pieux, « j'ai cette confiance que vous entreprendrez ce travail en fa-

< veur de votre très humble et très obéissant serviteur. »

Je suis persuadé qu'on trouvera quelque chose de si modeste et de si chrétien, et en même temps de si naïf et de si sincère dans cette conduite, qu'on ne s'étonnera pas que j'aie facilement acquiescé à ce qu'on exigeoit de mes soins, et que j'aie sollicité la publication d'un ouvrage où l'on ne peut manquer de voir régner de si beaux caractères. Quoique c'en

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