‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 102 sur 188 · SES NOUVEAUX ELEVES · texte numérisé non relu

SES NOUVEAUX ELEVES

« jeunesse. Tout ce que je puis faire en cette rencontre est de « vous prier de ne leur épargner pas vos soins, dont je veux « espérer qu'ils profiteront, et qu'ils en auront un singulier à « les bien reconnaître, aussi bien que moi, qui rechercherai « soigneusement les occasions de vous témoigner que je suis « véritablement, Monsieur, votre bien affectionnée servante, « Anne-Hélène de Machaut. »

Je ne juge pas à propos de laisser ici l'affaire de mes comtes, sans les quitter eux-mêmes tout à fait, puisqu'à peine eus-je répondu a la lettre qu'on vient de voir, que mon terme se trouvant expiré, il fallut nécessairement que nous nous séparassions (1 ) ; j'en eus plus de regret pour la perte de leur présence que pour celle de mon poste ; mais j'eus du moins la consolation de voir qu'ils me regrettoient aussi de leur côté. Le sieur ïextor, resté leur conducteur en mon absence, et homme de mérite, qui étoit comme l'homme de foi de toute cette maison, et principalement leur secrétaire, m'écrivit de leur part pour me faire leurs remercîments, qu'ils ne jugeoient pas à propos d'entreprendre eux-mêmes, à cause de la langue où ils ne se croyoient pas assez forts ; et peu d'années après , toute la famille ayant voulu faire une promenade en Hollande où j'étois passé six mois après notre séparation, madame la comtesse me fit chercher d'abord, et étant allé la trouver aussitôt, ellemepria à dîner le lendemain, où je reçus d'un chacun de leur compagnie toute sorte d'honneur et de caresses. La comtesse entre autres me fit confidence d'une lettre qu'elle étoit obligée d'écrire en France à un des quatre secrétaires d'État pour quelques affaires particulières de leur maison, de la composition de laquelle elle ne se vouloit pas fier à elle-même ; et de quelque honnête manière que je m'en pusse défendre, elle voulut absolument que je la lui dressasse ; et pour n'en rien dire davantage, elle

(1) Cette séparation par le départ des comtes fut le vendredi 12 avril 1680. Ils no partirent cependant que le lendemain samedi, par le coche de Sedan. [Note de l'auteur^

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