‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 107 sur 188 · Ô0 CORRESPONDANCE X CE SUJET · texte numérisé non relu

Ô0 CORRESPONDANCE X CE SUJET

« régler votre condition sans vous conseiller abrégera fort l'af- « faire; et vous viendrez avec M. Boreel. l'un des ambassa- « deurs de cet Etat en France, lequel doit s'en revenir ici aux « premiers jours. Je prierai madame de Sommerdyk d'obliger « monsieur son mari la lui écrire un mot en votre faveur, afin « que vous en Eussiez le voyage plus agréablement. >~e balancez « point, si vous m'en croyez; le parti en soi est bon. mais sur- « tout dans ces mauvais jours il ne doit point être refusé ; et « vous me saurez bon gré de près, si les 600 livres ne vous sa- « tisfont pas de loin; une médiocre somme, donnée de bonne ■ grâce, est, a mon avis, préférable à beaucoup d'argent qui « seroit comme extorqué ; enfin, vous serez content, je vous en « réponds

« M. DE M. Du MOLLI>. n

La principale des réponses que je fis a ces deux lettres de mademoiselle Du Moulin regarde la première, et comme ce fut sur cette réponse qu'elle conclut entièrement mon affaire, je la mettrai ici :

■ Vous me faites justice. Mademoiselle, quand vous inférez « de mon silence que votre lettre d'il y a un mois a été perdue ; « c'est a mon grand regret que je n'ai rien vu de vous depuis « mon départ de Londres . et je vous proteste que ce ne fut pas

< -ans mortification que je vous manquai en passant par Can- « torbéry. Je ne vous dis plus. Mademoiselle, que je vous suis « bien obligé de tous vos bons sentiments; comme il n'y a pas « de nouveauté pour moi dans les marques de votre tendresse, « il ne vous en doit point paraître dans celles de ma reconuais-

< >auee. Tout ce que vous me dites au sujet de M. et de ma- « dame de Sommerdick ne sert qu'a me mire retrouver partout

la géne i - use mademoiselle Du 31oulin : et je croirois répondre « mal a toutes ses boute-, si je ne lui disois qu'elle a sur moi un « empire absolu, et que ce n'est pas un faible aimant pour m'at-

I] G?la n'eut pas de lieu. M. de Sommerdik n'ayant pas voulu se commettre : . , MI'. . . Note de fauteur.

KOI PARI POUB LA HOLLANDE. 161

« tirer a la Haye, que de in apprendre que j'\ retrouverai une « si illustre amie. M. Jurieu m'avoil t'iit cette proposition d( - « l'an passé; mais mon engagemenl auprès du fils du roi d'Àn- «< gleterre m'en avoil rendu L'acceptation impossible. Cet enga- • gement ayant cessé, je ne fus pas plutôt sorti d'auprès de « mon petit prince, que noire cher M. lia} le m'embarqua avec «< les comtes dé Witgenstein, auprès desquels j'ai passé si peu de tt mps qu'U leur restoit a demeurer a Paris. Il n'y a que « deux mois qu'ils s'en sont retournés a Sedan, ou ma conduite « leur étant inutile, et ayant affaire auprès de M. le duc de « Montausier, cette affaire terminée, je me suis trouvé en état « de penser à un nou^vel établissement. J'y travaillois encore « ce matin quand votre lettre m'a été rendue, car je revenois « de chez un de mes amis, qui veut m" envoyer en Brandebourg, « auprès d'un des petits princes; mais je vous avoue qu'une si " terrible transplantation m'effraye, et que je manque un peu « d'haleine pour une course de trois cents lieues. Je vous parle « ainsi de ma personne même. Mademoiselle, parce qu'il me « semble que vous ne m'en demandez une autre 1 que dans la « supposition qu'il n'y a rien à espérer de ma part ; mais cela « n'est point, pourvu que je trouve un bon poste. Agissez donc, «' ma chère demoiselle, comme votre cœur et votre prudence « vous le dicteront, car mes intérêts sont en vos mains ; je suis « persuadé que vous ne voudriez pas m'engager que sous des « conditions avantageuses, et, en un mot, le parti dont vous «< m'écrivez dépend de celles qu'on vous accordera. Je sais, au « reste, le rang et le mérite des illustres personnes dont vous « me parlez, et je m'estimerai heureux si elles se peuvent accom- « moder de mes sen ices. Je suis aussi ravi d'apprendre le succès « de votre voyage, que j'ai été affligé de la fâcheuse maladie de

(1) Dans la lacun-' du premier des deux extraits ci-dessus, il y a une prière à moi tait.- de la part de madame de Sommerdick (puisquon lui ùtoit l'espérance de în'avoir moi-même) de lui choisir au moin* un gouverneur de ma main. [Sote de fauteur.]

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