‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 108 sur 188 · SON DÉPART · texte numérisé non relu

SON DÉPART

« mademoiselle Suzon (1) ; mais, comme je l'apprends, grâces « à Dieu, rétablie, et que je ne crois pas que la malignité de ce « venin ait osé rien attenter contre une beauté si privilégiée, « vous me permettrez de consacrer la fin de cette lettre à l'é- « gayement du récit d'une nouvelle à laquelle ni Tune ni l'autre « vous ne vous seriez peut-être pas attendues. Ma femme, con- « sidérant combien nous sommes tous mortels, et craignant « qu'une gratitude comme la mienne, qui doit être éternelle, « ne vienne h finir en ma personne, faute de successeur en qui « la provigner de génération eu génération et d'âge en âge, « s'est enfin résolue à me donner un héritier des respectueux « sentiments qui me feront être toute ma vie, Mademoiselle, « votre, etc. »

« A Paris, le 28 juin 1680. »

Comme ce fut donc sur cette lettre que ma vocation fut résolue et que la lettre de M. de Sommerdick en fut comme le sceau, je ne reculai mon départ que jusqu'aux couches de ma femme, que j'étois bien aise de voir entièrement relevée ; elle accoucha, le 14 août 1680, d'une fille, qui fut nommée Marie- Elisabeth.

Sur ces entrefaites , il arriva que la marquise de Gouvernet s' étant ravisée, pria M. Le Coq de me porter à un renouement, et voici un billet dont il m'honora sur ce sujet :

« Ce mercredi...

« On me vient, Monsieur, prier de vous parler d'une affaire « de conséquence et qui vous regarde. Mandez-moi, je vous « prie, si, au sortir du Palais, je vous pourrois trouver chez « vous sur les six heures; je ne manquerai pas de m'y trouver, « pour m' acquitter de ma commission et vous témoigner en « même temps la reconnaissance que j'ai de mille honnêtetés « que j'ai reçues de vous en bien des occasions , qui n'est pas

(1) Susannc Du Moulin, iillo du Cyrus Du Moulin <t fa Mari.'. 4e Mai-bai^ épousa en 1684 le célèbre Jacques Basuaje. (Voir la Fronce "protestante de MM. Haay.)

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