A DEMEURER FERME
« légère cette petite rétribution de Ions les tiens, et il ne tien- < dra même qu'à toi de t'en faire un sujet de bénédiction et de « grâce, c'est-à-dire, si tu la diriges au bon usage d'une pa- « tience chrétienne, et surtout d'un sérieux amendement de « vie. Songe pour cet effet, que comme Dieu, dans notre régé- « nération, ne demande pas le déracinement entier de nos « passions, mais seulement leur rectification et leur réduction « à un bon emploi, tu dois, aussi bien que tous les autres hom- « mes, ramener au but de ta conversion toute la nature de ton « tempérament, et que, comme les avaricieux doivent faire « servir leur amour pour les trésors à la seule acquisition de la « perle de grand prix ; les ambitieux, leur désir des honneurs « à la recherche du royaume des cieux; et enfin les timides et « les lâches, leur crainte des périls et des maux passagers à la « fuite des peines éternelles; tu dois, à plus forte raison, toi à « qui la nature a donné du courage et de la force, sanctifier ton « impétuosité par l'entreprise courageuse de la milice spiri- « tuellc et de la lutte avec le Seigneur, afin qu'après avoir « perdu dans les assauts de ce saint combat la hanche du pé- « ché, enfin, à l'aube du jour, c'est-à-dire lorsque Dieu aura « arrêté l'heure de ta délivrance, avec elle tu remportes sa bé- « diction. Tu as fait voir plus d'une fois, dans des occasions « qui n'étoient pas de l'importance de celle-ci, que les hommes, « quels qu'ils fussent, n'étoieut pas capables de t'intimider ni « ni de te faire fléchir, et tu as toujours soutenu ce que tu as « cru être de tes droits et de ton honneur, au péril de tout ce « qui pou voit arriver. Ah ! mon cher frère, qu'il ne soit pas dit « qu'en qualité d'enfant de ce siècle, tu aies été plus généreux « et plus fort qu'en qualité d'enfant de lumière, Mets plutôt en « usage, pour la conservation de ton àme et l'acquisition de « ton salut, cette intrépidité que tu as montrée en tant d'au- « très occasions, et ne refuse pas à Dieu un zèle que tu as ac- « cordé quelquefois à l'idole de quelque passion humaine; ce <- sera relever, par le secours de la grâce, ce qui étoit en toi