‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 181 sur 188 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Le Pastor fido (Le Berger fidèle) est l'ouvrage de Jean-Baptiste Guarini, gentilhoinme, né à Ferrarel'an 1538, et mort à Venise en 1643. Cette pastorale célèbre est son chef-d'œuvre. Le monologue d'Amarillis (Amarylle) forme la 4e scène du 3e acte.

L'article , d'ailleurs excellent, de la Biographie universelle , ne mentionne pas parmi les œuvres de Rou sa traduction de cette fameuse pièce de théâtre. Il est vrai qu'elle n'a peut-être jamais vu le jour. Le texte de Rou nous laisse dans le doute à cet égard, et nos recherches bibliographiques ont été infructueuses.

— PAGE 35, LIGNE l!). -

Au lieu de Cêlimaure de Brignol Sal, il faudrait Cèlimante, de Brignole Sale.

Histoire de Cèlimante et de Télesmène, Paris 16 H, 2 vol. in-8°. — Roman peu recherché, dit Longlet-Dufresnoy. Hérissant, rédacteur du Catalogue de Madame de Pompadour, a su qu'il était de Jean Rou, et le lui a attribué. Barbier, d'après Van Thol, nomme à tort notre auteur Le Rou (Dict. des Anonymes, n° 7376) (1).

Ce roman est tiré de Le instabilità delV ingegno, diviseinotto giornate, recueil de nouvelles en prose et en vers (Bologne, 1635, in-4° ; 1637, in- 1-2 ; Venise, 1641 et 1652, in-12), ouvrage d'Antoine Jules Brignole Sale, fils d'un doge de Gênes, qui se lit jésuite. H était né en 1605 et mourut en 1665.

— IWGE 36, LIGNE 3. —

Je voulus passer aussi en Espagne... — D'après ce que dit notre auteur, dans le dernier de ses suppléments (Voy. t. II, p. 311), le goùl si vit dont il s'éprend pour la langue espagnole venait, vraisemblablement, de ses

(1) Voici comment le titre en est donné dans le « Dictionnaire bibliographique et critique des livres rares, qui n'ont aucun prix fixe, etc., Cailleau et l'abbé Duclos. Paris, 1790 :

Histoire de Cêlimaure {sic) et de Telismènc (sic) , par Le Hou [sic) , Paris, i6#5, 2 tomes en l vol. in-8°, vendu 8 livres en mar« bl. chez madame la comtesse de Venir.

relations antérieures avec le malheureux Claude Le Petit, qui dit lui-même, dans la préface de sa traduction de Y Ecole de l'intérêt, avoir une passion pour cette langue.

Claude Le Petit, sur lequel notre auteur donne plus loin (t. II, p. 311) des détails curieux, et jusqu'ici complètement inconnus, dit, dans la préface de sa traduction de l'Ecole de l'intérêt, « galanterie morale » de l'auteur espagnol Pietra Buena (Paris, 4662, in-12), que cette traduction devait être suivie du chef-d'œuvre de don Diego Saavedra Fajardo : Idea de un principe cliristiano politico representada en cien empresas (l'Idée d'un prince chrétien et politique représentée en cent emblèmes). On ne sait ce qu'est devenue cette traduction. Elle a peut-être donné à Rou l'idée de la sienne. Le Petit avait été brûlé vers 1664, et ses papiers, saisis par la police, avaient sans doute disparu.

Nous avons donné en note le relevé de l'acte d'annonces ou publications de mariage entre Jean Rou et Louise Elle-Ferdinand. Voici la teneur de l'acte même de mariage :

« Ce même jour (1er décembre 1 669) a esté béni le mariage d'entre Me Jean « Rou, advocat en parlement, fils de deffunt Me Jacques Rou, vivant pro « cureur en parlement, et d'Elisabeth Toutin, sa femme, d'une part, et da- « moiselle Louise Ferdinand, fille de deffunt Pierre Elle-Ferdinand, vivant « peintre du roy, et d'Anne Catier, sa femme, d'autre part, et a ledit espoux « dit estre âgé de trente ans ou environ, et ladite espouse de dix-huit « ans ou environ, et estre sous la direction de Louis Elle-Ferdinand, pro- « fesseur de l'Académie royale de peinture et sculpture, à la célébration du- « quel mariage ont assisté Me Jacob Joly, procureur en parlement, ami de « l'espoux, Me Pierre Joly, advocat en parlement, aussi ami de l'espoux, le- « dit Louis Elle-Ferdinand, oncle paternel de ladite espouse, de l'advis du- « quel a esté traité ledit mariage, et Jean Beeck, résident de monseigneur « l'électeur de Brandebourg, cousin de ladite espouse, et ont signé.

« Rou (avec paraphe).

« Louise Elle.

« Jolv. Louis Elle-Ferdinand. Beeck.'

(Registre in-fol. des Baptêmes, Mariages et Enterrements faits a C ha renion pendant l'année 1669.)

— PAGE o2, NOTE 1 . —

... Doit avoir dédié un de ses ouvrages à Elie Bouhcreau. — Le professeur Taneguy Le Fèvre a adressé ad Eliam Boherellum un grand nombre de ses épîtres latines. (Voyez Tanag. l'abri Epistolx, Salm,in-4°,2 vol.)

... Rien ne prouve mieux la licence et le relâchement des mœurs du temps de la Fronde, que de trouver dans les lettres de madame de Sévigné, l'aveu du plaisir qu'elle avait à recevoir les visites du marquis de Pomenars, du divin Pomenars, ainsi qu'elle l'appelle, parce que cet homme l'amusait parla gaieté et les saillies de son esprit. Ce gentilhomme breton, effrontément dépravé, passait sa vie sous les coups d'accusations et même de condamnations criminelles. Si le roi avait ordonné qu'on tînt en Bretagne les grands jours, comme autrefois en Auvergne et en Poitou, Pomenars n'aurait certainement pas échappé aux châtiments infligés par les juges de ces redoutables assises. Il avait été accusé de fausse monnaie, il fut absous, et paya les épices de son arrêt en fausses espèces (I). Il paraît qu'un nouveau procès s'était renouvelé contre lui, peut-être pour ce dernier méfait; et de plus, il se trouvait encore poursuivi pour avoir enlevé la tille du comte de Créance. Tout cela ne le rendait pas plus triste et ne l'empêchait pas de venir aux Etats, et d'y montrer tant d'audace et d'impudence que « journellement, dit Madame de Sévigné, il fait quitter la place au premier président, dont il est l'ennemi, aussi bien que du procureur général (2). »l\ allait chez la duchesse de Chaulnes, aux Rochers, partout où il pouvait s'amuser (3). Il sollicitait gaiement ses juges avec une longue barbe, parce que, avant de se donner la peine de la raser, il fallait, disait-il, savoir si sa tête, que le roi lui disputait, lui resterait. II est probable que quand il parlait ainsi, c'est de l'accusation de fausse monnaie qu'il était question. L'autre accusation était d'une nature moins grave. Il s'agissait de la demoiselle de Bouille, tille de René de Bouille, comte de Créance, et cousine de la duchesse du Lude; cette demoiselle qui, après avoir vécu quatorze ans avec Pomenars, s'avisa un jour de le quitter, de se rendre à Paris, et de le faire poursuivre pour crime de rapt (4) . « Pomenars, dit madame de Sévigné à sa fille, qui s'inté-

(L) Soigné, Lettres (11 novembre 167-1).

(2) Sévigné, Lettres (7 et 19 août 1671).

(8) Sévigné* Lettres (26 juillet 1671).

Ci) AmelotdeLaHoussaye3Jtfémotre5 (1737, in-12, t. IL p. 107).

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