IL EST KECOMMANDK AU DUC DE MONTAUSIER. *J
rapporterai ici que la première, dans la crainte de paraître affecter trop de parade de quelque petit bien qui y est dit de moi; de sorte que si, nonobstant cela, j'allègue cette première, c'est pour quelques particularités qui sont de l'intérêt de ces présents Mémoires. Voici donc cette lettre à monseigneur do Montausier.
« A cette heure, Monseigneur, que je ne puis me promettre « d'avoir l'honneur de vous voir que rarement à Paris, et que « j'ai tout à fait perdu l'espérance de pouvoir vous aller cher- « cher ailleurs, vous me permettrez bien , s'il vous plaît, de « vous renouveler quelquefois les assurances de mes respects.
« Je me sers aujourd'hui, pour cela, du voyage qu'un de « mes amis va faire à Saint-Germain , pour avoir l'honneur de « présenter a monseigneur le Dauphin un ouvrage chronolo- « gique par des Tables qu'il a faites avec beaucoup de lumière « et d'exactitude; et, comme elles pourront être utiles à ce « jeune prince et lui servir de clef pour entrer plus facilement « dans l'intelligence de l'histoire, j'ai cru, Monseigneur, que « vous approuveriez son dessein, et que vous auriez la bonté « de faire agréer son offre à votre illustre pupille. C'est de quoi « je vous supplie très humblement, et de vouloir considérer le « mérite particulier de M. Rou, qui est celui dont je vous « parle, lequel, à ce que disent tous les savants, s'est acquis « des connaissances dans toutes les belles lettres au-dessus de « l'ordinaire des gens de son âge. Je l'estimerai heureux, Mon- « seigneur, si vous lui permettez quelquefois d'avoir l'hon- « neur de se présenter à vous, et encore plus si vous l'honorez « de vos commandements, quand vous l'en aurez reconnu « digne , vous assurant que je mettrai sur mon compte toutes « les grâces qu'il vous plaira de lui faire, par l'intérêt que je
il produisit, pour la première fois, le singulier talent que toute la France a reconnu en lui pour c s sortes d'ouvrages. » (Nicéron.)
Dix-huit années plus tard, Fléchicr put assister aux dernières heures du duc de Montausier, et ce fut encore lui qu'on chargea de prononcer son oraison funèbre. (Le père Nicolas Petit, Vie du duc de Montausier.)