‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 55 sur 188 · LA MARQUISE DE VILLAHS · texte numérisé non relu

LA MARQUISE DE VILLAHS

ticularilé qu'il me conta sur la dernière catastrophe de cette (lame.

Comme tous les complices de cette affaire étoient enfermés séparément, il ne put rien savoir de précis touchant l'exécution des quatre condamnés Rokan, la Villarè (1) , Preau et le flamand Van don Eyncle; mais, sur quelque doute d'inquiétude

(1) Il règne une certaine confusion relativement aux complices de la conspiration du chevalier de Rohan, duc probablement à ce que les historiens qui en ont parlé n'ont pas eu connaissance des pièces de l'instruction de l'affaire.

Le marquis de La Fare, dans ses Mémoires, le président Hénault, dans son Abrégé chronologique de l'Histoire de France, et d'après eux l'auteur de l'article sur le chevalier de Rohan, dans la Biographie universelle 3 adoptent le nom de Villiers (la marquise de Villiers Bordcville) sans être complètement d'accord sur le nom et l'histoire du complice Van den Enden. Le marquis de Bcauveau, qui paraît avoir été mieux renseigné sur ce point, l'appelle la marquise de Villars, mais il se trompe d'un jour pour la date de l'exécution des complices, qu'il porte au 28 novembre 1674 au lieu du 27 (Voir ses Mémoires, concernant ce qui s'est passé de plus mémorable sous le règne de Charles IV, duc de Lorraine et de Bar) .

Dreux du Radier s'est aperçu de ce désaccord, et a voulu le rectifier dans ses héeréatioM historiques.

Voici ce qu'il en dit :

« A l'égard de la dame complice, que les uns appellent Villars et les autres Villiers, il est certain que son nom était Villars, ou du moins que ce nom était celui de son mari, qui s'appelait Jacques de Malorties, seigneur de Villars Boudeville (et non pas Bordeville), Belleville et la Saucelle.

« (Jacques de Mallorties, seigneur de Villars Boudeville, etc., marié à Louise de Bellau de Gortonne, complice du chevalier de Rohan, femme d'un esprit supérieur et d'une beauté peu commune. On ne dit rien des circonstances de sa mort, parce qu'elle mourut protestante.)

« Villars est donc le nom où il faut s'en tenir, et ceux qui nomment cette dame Villiers ou Bordeville, comme l'ont fait La Fare, Réboullet et M. le président Hénault d'après eux, se sont trompés. »

Ce redressement ne nous paraît pas satisfaisant, car nous lisons dans les pièces de l'instruction (Interrogatoire de la dame de Villars) :

« A dit se nommer Anne Sarrau, veuve en premières noces de François de Cajuremont, sieur d'Heudreville et en secondes noces de François de Malorty, chevalier seigneur de Villars, âgée d'environ trente-quatre ans et demeurante ordinairement dans sa terre d'Heudreville, au baillage d'Evreux, et qu'elle est catholique, apostolique et romaine. »

Dreux du Radier se trompe en disant que la dame de Villars mourut protestant,'; eUe déclare dans son interrogatoire qu'elle est catholique, c'est un prêtre, le père Porcher, qui l'accompagne jusqu'à l'échafaud; enfin le procès-verbal de la prononciation et de l'exécution de l'arrêt de mort, nous apprend qu'elle aurait dit ;i li p irsonne venue pour lui annoncer l'arrêt : « Qu'elle le considéroit comme un juste châtiment de Dieu, parce qu'elle avoit été longtemps dans une fausse reli-

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