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accompagner et le remener en son logis; mais il me pria de le laisser à lui-même, parce qu'il ne se connaissoit plus, et que la solitude pourroit, seule, le rétablir. Je le saluai respectueusement, et il m'embrassa en me disant qu'il ne poinoit néanmoins se repentir de son entreprise, parce qu'il la savoit bonne, et que Dieu, qui le connaissoit, lui en rendoit témoignage dans le fond de son cœur.
Il n'y avoit pas plus de sept ou huit jours que tout ceci s'étoit passé, lorsque M. de L'Angle (1), l'un de nos pasteurs, et qui m'honoroit de son amitié, me vint rendre visite, comme il le faisoit de temps en temps, et principalement depuis mes radieuses affaires, tant pour me consoler que pour apprendre (sur la connaissance qu'il avoit eue des bonnes intentions que M. Petitpied avoit pour moi) s'il étoit résulté quelque succès dont nous fussions contents. Je lui dis comment toute cette affaire avoit échoué. Il en haussa les épaules et me dit obligeamment : « Je sais bien que ce n'est pas à moi une petite entre- « prise que celle qui me vient présentement dans l'esprit; et sans « doute qu'il y a quelque chose de fort singulier à voir un mi- « nistre espérer de réussir dans une affaire où un curé de dis- « tinction a manqué son coup. Mais M. l'archevêque (2) m'a « toujours témoigné tant de bonne affection dès le temps que « nous étions à servir dans nos fonctions différentes deux « Eglises opposées, dans une seule et même ville, savoir, celle « de Rouen, où nous nous voyions du moins une fois par se- « maine, qu'il faut que j'éprouve s'il est encore envers moi le
"• (1) Samuel de L'Angle, fils de Jean-Maximilieii de L'Angle, l'un des pasteurs les plus distingués qu'ait eus l'Eglise de Rouen, lui fut adjoint comme collègue, et prêta ses soins à cette Eglise, jusqu'à ce qu'en 1671 il fut appelé à Paris par le synode de Gharenton. Les lettres de Claude nous apprennent que dès l'année 1683 il était retiré en Angleterre ; il y mourut à l'âge de soixante et onze ans. (Voir la France protestante de MM. Haag.)
(9) François II de Harlay-Champvallon, succéda en 4 652 à son oncle, François I"Harlay-Champvallon, dans l'archevêché de Rouen, et mourut archevêque de Paris lo, 6 août K;(Jj, âgé do soixante et dix ans. (Voir In, note des éditeurs des Historiettes de Tallemand des Réaux, édition Tcchencr. T. IV, p. 87.)
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« même qu'il m'a toujours paru en ce temps-là. La politique a « voulu que depuis notre commune transplantation, sans chan- « ger de sentiments envers lui, je changeasse, tout au moins, « de conduite en ce qui regarde le commerce d'entretiens et « de visites. Je suis ici bien ;;lus exposé aux soupçons que je « n' et ois à Rouen, où de longue main on étoit accoutumé aux « innocentes visites que je rendoisà M. l'archevêque, sans en « prendre aucun scandale; ici ce n'est pas de même, et dans <c les deux différentes communions, on ne manqueront pas de « tirer de là des conséquences fort opposées à nos réciproques « vues. C'est aussi ce que j'ai fait entendre à M. l'archevêque, « lorsque dans les petites visites que je lui fais de loin à loin, « il m'a fait d'obligeants reproches de ce que nous nous voyions « si rarement. J'ai donc dessein de prendre occasion de ces « mêmes obligeants reproches que je viens de dire m' avoir été « faits par lui tant de fois, pour lui parler de vous ; et je lui « préparc un filet dont il ne lui sera pas facile de se dépê- « trer. »
31. de L'Angle me laissa là-dessus, mais en me faisant entendre que le lendemain uc se passeront pas sans qu'il vît 31. l'archevêque, et cependant il me recommanda de lui dresser un mémoire instructif sur toute mon affaire, afin4'être plus en état d'amener M. l'archevêque à son but; sur quoi je lui envoyai dès le lendemain l'écrit que voici :
ENDROITS DE MES TABLES QUI Ans de , , RAISONS ET AUTORITES.