XXVJ INTRODUCTION
tout frappé de renseignement élevé qui en ressort. On y voit un homme droit et sincère, dont la vie fut hérissée de difficultés et do pièges, et qui ne perdit jamais, d'après son propre langage, la confiance en Dieu, la crainte du Seigneur, « ce chef de toute science. » Plusieurs fois, Rou se trouva déçu dans ses plus chères espérances , plusieurs fois il fut au moment de tout perdre ; cependant, avec l'aide de Dieu, vers qui son cœur était habituellement tourné, il obtint, après une vie agitée, un asile où il passa tranquillement le reste de ses jours.
Ses Mémoires sont éminemment propres à montrer ce qu'était un bon huguenot du XVIIe siècle, un peu vert par-» fois, mais convaincu et tolérant. Le fond de son caractère religieux est tout entier dans cette note du tome II, p. 314, que nous croyons devoir reproduire ici : « Il (Claude Le Petit) croyoit que ma religion me feroit approuver toutes les railleries mal entendues qu'il faisoit de la Vierge et des saints, de quoi j'étois bien éloigné, ayant toujours tenu pour principe que, quelque religion qu'on professe, il en faut de bonne foi remplir tous les devoirs; car quant au reste, j'ai toujours été fort éloigné d'approuver toutes les superstitions romaines. »
Nous avons cru servir la cause du protestantisme français, non pas seulement en rappelant quelques faits historiques, mais en faisant ressortir ces principes chrétiens, en mettant en lumière cette piété simple et naïve, dont l'histoire des protestants offre de si nombreux exemples. On trouve ces qualités chez tous ces grands hommes , qu'animait une croyance sincère, les Coligny, les Duplessis-Mornay, les Rohan ; elles honorent également la carrière plus modeste de Jean Rou.