TOME I
ircr, agir à la fois sur tous les éléments dont elle se compose, répondre à tous les besoins d'apprendre qui se développent autour du foyer, depuis le berceau jusqu'à la maturité, telle est notre ambition.
On est enfant à tout âge pour ce qu'on ignore; n'est-on pas de même un enfant pour tout ce qu'on a oublié? En se penchant sur nos pages pour les faire goûter à nos petits et à nos jeunes lecteurs , les parents, nous en avons la confiance, sentiront peu à peu le bon parfum de leur jeunesse remonter jusqu'à eux.
Lé Magasin A' Education cl de Hi-crèation, avons-nous besoin de le dire, n'est pas et ne devait pas être une œuvre improvisée.
11 y a six ans que le plan en a été conçu, médité, arrêté. Les matériaux dont il se composera d'abord ont été choisis et amassés patiemment, lentement, page à page, goutte à goutte, et préparés ainsi de longue main. Nous sommes assez riches, dès à présent, pour ne rien admettre de nouveau qui ne nous paraisse digne de notre but. Nous attendons d'ailleurs de confiance le concours de tous les esprits distingués que préoccupe le noble souci de l'éducation des générations nouvelles; nous comptons qu'ils voudront bien seconder notre mouvement et unir leurs efforts à ceux des savants, des écrivains, des artistes dont le secours nous est déjà assuré.
A côté des travaux écrits spécialement pour notre recueil, nous donnerons, à l'occasion, place, dans une partie spéciale de nos colonnes, à la reproduction, à la nouvelle mise en lumière des rares œuvres qui, dans le passé, ont mérité de devenir des classiques de l'enfance et de la jeunesse.
Nous ne remplirions qu'imparfaitement notre tache, nous ne justifierions pas notre titre, si nos petits lecteurs ne pouvaient pas y trouver ceux des joyaux qui sont pour eux comme le patrimoine de leurs
pères. Au risque donc de donner en double à quelques-uns d'entre eux un petit nombre de livres qui déjà peut-être sont dans leurs mains, nous réimprimerons ces bons livres.
Disons toutefois que ces réimpressions seront, sous plus d'un rapport, des œuvres encore nouvelles, et que ceux qui les connaissent déjà auront profit à les relire dans nos colonnes. Sans parler du complément de charme et d'utilité qu'ajoute une illustration intelligente et attentive à certains livres, quelle est l'œuvre à laquelle des notes, une révision consciencieuse n'apporte pas une saveur nouvelle? La science,' grâce à Dieu, dans notre siècle si agité, a fait des pas de géant, et il est tel livre irréprochable à son origine, excellent dans son ensemble, le Robinson suisse, par exemple, pour n'en citer qu'un, le premier que nous devions réimprimer, qui fourmilled'erreuis graves dans les détails, et qu'il était indispensable de ne pas laisser plus longtemps ( entre les mains de la jeunesse avec les ! notions fausses en ce qui touche l'histoire , naturelle, les sciences physiques et même la inorale, qui y abondent et le déparent.
Nos réimpressions auront donc un but ; celui de mettre au niveau des progrès modernes les œuvres en quelques points vieillies et dépassées, et de les sauver ainsi de l'oubli qu'elles allaient mériter. Si nous avions un regret à exprimer, ce serait de ne trouver qu'un trop faible appoint dans l'héritage du passé. La littérature de l'enfance proprement dite a été si singulièrement négligée dans notre pays de France, qu'à coté des milliers de livres excellents à l'usage de l'âge mûr que nous ont légués nos pères, ils ne nous en ont pas, à coup sûr, légué cinquante à l'usage de nos enfants. Les lacunes énormes laissées par cette indigence relative dans la bibliothèque de l'enfance et de la jeunesse sont assez nombreuses, hélas I Ce sera un effort assez grand pour nous d'avoir à tenter de
ÉDUCATION. — RÉCRÉATION
les combler, pour que nous n'ayons pas le droit de faire û de ce qui a survécu au naufrage du temps.
Nous ne pourrons tout dire à la fois, bien entendu, mais en voyant nos livraisons et nos volumes se succéder, nos lecteurs comprendront que, toute vaste qu'elle soit, aucun point essentiel de noire tâche n'aura été par nous négligé. — Le champ est immense, il faut bien nous résigner h ne le labourer que sillon a sillon.
II fallait choisir enfin : ou faire une publication à l'usage des seuls bébés, ou parler et pour eux et pour les jeunes gens et les jeunes filles, et par suite, que les pa-
rents nous permettent de le dire, pour les jeunes pères et les jeunes mères aussi. — C'est le parti que nous avons pris, bien assurés que tout convient à l'enfance ellemême, de ce qui a les qualités mais non les défauts de l'Age mûr.
Nous prions nos abonnés de se considérer tous comme nos coopérateurs. Quand donc il leur viendra une pensée qu'ils croiront utile de nous communiquer, nous l'accueillerons avec reconnaissance. Donnant, donnant. En mettant notre bon vouloir à leur service, nous croyons pouvoir invoquer le leur.
P.-J. Stahi.. — Jeas Mac*.
tAÏ'IS DE L-ÊDITEI R.
Nous n'aurions pas, non plus, entrepris cette tache véritablement inquiétante de publier un recueil à l'usage de l'enfance et de la jeunesse , si nous n'avions été assuré du concours exclusif et dévoué de l'auteur de V Histoire d'une Bouchée de pain, des Contes et du Théâtre du Petit-Chûleau , de Y Arithmétique du Grand-Papa; si le jeune et aimable savant qui a écrit Cinq semaines en ballon, M. Jules Vente, ne nous avait, comme M. Mac» 1 , assuré sa collaboration pour de longues années; si l'éditeur, M. Hetiel, n'y avait été très-vi» entent poussé, qu'il nous soit permis de le dire, par l'auteur, M. Stalil ; si d'illustres membres de l'Institut, des professeurs éminents pour la partie éducation ; si des écrivains distingué», les uns déjà célèbres, les autres dignes de le devenir, pour la partie récréation, ne nous avaient apporté le concours indispensable de leurs lumières et do leur talent; si, enfin, des artistes dévoués à notre idée, les uns appréciés déjà, M. Froment, M. Frtulich, pour leur exquise aptitude à reproduire les scènes de l'enfance et de la jeunesse, les autres tout à fait nouveaux , ce qui a bien son prix aussi, ne nous avaient fourni à l'avance des séries de dessins exquis, chastes et charmants, gais et doux à la fois, dont le succès n'a pu nous paraître douteux.
Bien que, à notre grand regret , nous ne donnions
pas cette publication absolument pour rien, prions instamment les familles de vouloir bien croire que ni nous n'avions qu'un but de spéculation , que si nous n'obéissions pas à un goût, à une préoccupation tout à fait spéciale, nous n'aurions pas pensé à l'œuvre d'une si grande dilficulté que nous entreprenons aujourd'hui. Qu'elles nous aident dans notre tache, qu'elles s'en fassent les amies, les soutiens, et elles sentiront peu à peu que c'est d'une maison, que c'eut d'un foyer qu'elle part, et non pas d'une boutique dont tout le souci serait seulement de voir grossir sa caisse.
Faire des affaires! rien de plus légitime sans doute ; mais faire celles pour lesquelles on se sent un goût déterminé, une vocation particulière, celles dont ou attend mieux qu'une satisfaction matérielle, c'est-à-dire une satisfaction morale, voilà ce qui peut surtout expliquer notre entreprise.
Si nous nous adressions à ce qu'on appelle le grand public, ou plutôt le public des grands, nous ne tiendrions pas ce langage, naïf à force d'être sincère; mais pourquoi, quand nous avons la conscience de faire œuvre de famille, no parlerionsnous pas en père de famille, à des pères, à de» mères, à des enfants, et dans le langage qu'autorise le commun amour de l'enfance et de la jeunesse?
L'KoiTeua.
k ÉDUCATION. — RÉCRÉATION.
LES SERVITEURS DE L'ESTOMAC
NOUVELLES LETTRES A USE PETITE FILLE SUR LA VIE DE L'HOMME
ET DES ANIMAUX
mystérieux. Ce sont vos bras, vos jambes, votre petil nez, vos grands yeux qui me resarclent, vos oreilles qui m'écoutent , toutes choses qui sont pour vous des camarades de chaque instant, et dont l'histoire doit , il me semble, vous intéresser encore davantage.
Tout cela fait partie de la machine à marcher, qui fait la paire avec notre machine à manger.
Vous avez grandi , et vous avez appris , depuis que nous avons commencé à étudier ensemble. Vous n'êtes plus la |MMite fille qui ne savait rien , et je n'ai plus besoin de vous parler tout à fait comme à un enfant. Nous allons donc laisser là ces mots de machine à manger et de machine à marcher, qui étaient bons pour le commencement , mais qui ne valent pas ceux
1» connaissent pxs, la leet.no de VHisloire d'une dt! M^sieiirs les savants, bien qu'ils soient
bouchée de pain comme an préliminaire, sinon plus gentils. Kl) fait (le science, comme
indispensable, au moins utile, de» Serviteur» de ailleurs, ce n'est pas toujours ce qui est le
l'estomac. .Nous ne pouvons pas dans le livre non- , ..
veau redire, ou le comprend, «ont ce que l'ancien P 1,,S S cnUl ViU,t ,e m,cux -
a dû contenir. ' Celte machine à manger, nous aurions
LLTTttR i.
ix rnoDK/noN.
Je vous ai déjà raconté, dans Y Histoire d'une bouchée de pain 1 , ma chère enfant, une partie de votre histoire , celle qui se passe au dedans de vous, dans le silence et l'obscurité , sans que vous ayez à vous en occuper, sans même que vous en soyez prévenue; et vous avez été obligée de me croire sur parole, la plupart du temps.
Ce qui me reste à vous raconter est moins
I. Xous prévenons nos lecteurs que sous ce *.ttro : Ir* Serviteurs' île l'estomac , nou* donnons ici un livre qui a un premier chapitre. Ce premier chapitre nom l'avons publié en un volume, intitulé l'Histoire d'une bouchée de pain. Pour eeu\ d'entre eiu qui l'auront lu, tout ira bien; pour les autres, il y aura peut-être par-ci par-li quelques obscurités dans celui-ci. Pour ékiter cet inconvénient, nous voilà obligé de recommander, a ceux qui ne