‹ Magasin d'education et de recréationChapitre 72 sur 142 · E GRENADIER · texte numérisé non relu

E GRENADIER

C'est ma sœur, mes amis. Elle vient de redire les piroles de notre dernier adieu.

DE t MEME FEMME.

Oh! mon père, pourquoi as-lu quitté (on enfant? Hélas! à ton départ, je jouais, pauvre folle, avec cet éclatant costume, livrée funèbre de la mort, que je ne t'avais jamais vu. Je te disais' que je serais hère de toi quand tu me reviendrais après avoir tué beaucoup d'ennemis. Knfant, qui parlais de tuer, sans comprendre. Quand reviendras-tu maintenant? Qu'ont-ils fait de toi, père chéri? Qu'ont-ils fait de cette tête vénérée dont mes lèvres ne s'appro-

chaient qu'avec respect? Peut-être, à l'heure qu'il est, traîne- t-clle, livide et souillée, dans la poussière ou dans la boue! Ah! mon Dieu! si ma prière peut encore quelque chose pour lui, retire-le bien vile de ces affreuses mêlées, où chaque coup tombe sur un père, sur un fils, sur un frère, sur un mari. Aie pitié de tant de pleurs que chaque flot de sang fait couler.

l'écossais.

C'est ma fille! J'entends encore le dernier adieu que m'envoyait sa bouche innocente.

TltOISlÈME FEMME.

Oh !* mon bien-aimé, où puis-je aller le ( chercher? Quand, levant la main devant Dieu, nous nous sommes juré l'un à l'autre l de ne jamais nous abandonner sur la terre, nous ne pensions pas que la guerre viendrait et qu'elle t'emporterait comme une feuille saisie par le vent. En ce moment peut-être, tu es étendu sur une poignée de paille sanglante, et une autre que moi panse tes glorieuses plaies. Ah! malheureuse que je suis, de quoi va se praindre ma tendresse jalouse? Qui sait si tu n'es pas maintenant pour toujours à l'abri des blessures? Si tu l'as pris, mon Dieu ! prendsmoi aussi. Je lui ai promis de le suivre en recevant son dernier baiser.

le uussAnn.

C'est ma femme! plus de doute. Je reconnais les paroles que sa voix chérie murmurait à mon oreille ce jour-là.

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