‹ Magasin d'education et de recréationChapitre 73 sur 142 · AT MÊME FEMME · texte numérisé non relu

AT MÊME FEMME

Je lui ai dit : Pars, et conduis-toi comme un homme. Il est parti et il n'est pas revenu. Ah ! tigres impitoyables! nous élevons nos enfanis dans les transes et dans les larmes. Nous passons les nuits, penchées sur leurs petits berceaux, et, quand nous

L'ANNIVERSAIRE DE WATERLOO

en avons fait des hommes, vous venez nous les prendre pour les emmener à la mort.

Kt nous, malheureuses! il faut encore que nous les encouragions à mourir, si nous voulons qu'ils ne soient pas déshonorés.

Pauvre cher enfant! si fort! si beau! si bon pour sa mère! Ah! s'il est au ciel un Dieu vengeur, les cris des mères ne laisseront plus dormir les provocateurs de tant de massacres. Ils les poursuivront jusque dans la tombe et monteront derrière eux au pied du trône où les attend le grand

juge. ( Bile radie »a Vie dans *ct m»in»l I.E COSAQl'E.

C'est ma mère! j'ai reconnu sa dernière parole, (iirtiuce rets die.) C'est moi, mère, c'est moi ! <mie rei*ve i» iHo ) Que vois-jc? une inconnue! C'est une Anglaise!

L'ÉCOSSAIS, écartant le voilo do la fil!.-.

Grand Dieu ! c'

LE HUSSARD, Partant !e voila de la Oman.

Ce n'est pas elle! c'est une Française I

LE GRENADIER, écartant 1* voile d.» la saur.

C'est une Russe! Ce n'était pas nous qu'on pleurait, c'était peut-être un de ceux que nous avons tués. Comment avonsnous pu nous tromper ainsi?

LA PAIX, «'avançant.

Il y a des soeurs, des épouses, des filles et des mères partout, mes enfants, et la nature n'a qu'un seul langage dans tous les pays. < v la o.. 0 m..i Et toi, vas faire retentir ta trompette dans les casernes et les brasseries, mais n'invoque plus les morts et ne compte plus sur les femmes.

Jius Macé.

ÉDUCATION. — RÉCRÉATION

LA PRINCESSE 1LSEE

(Suitf.)

La petite Usée avait tout compris, et elle paraissait déjà avoir plus de confiance dans les hommes. Klle se pressa contre la porte de sortie, et laissant couler quelques gouttelettes à travers les ais, elle jeta à la déro-

bée un eoup-d'teil sur la maison située au-dessous d'elle. Elle aperçut alors, tout à fait à ses pieds, une roue de moulin nouvellement construite; le garçon du meunier, bel enfant aux cheveux bouclés, se

LA PRINCESSE ILSÉE.

tenait debout sur le petit pont et criait en riant du côté du réservoir : « Oui, regarde seulement pareil bas, princesse Usée; dans un instant on va l'ouvrir les portes : alors la danse commencera, et tu t'élanceras gaiement autour de la roue! » — « Vais-je donc être rouée? » se dit la petite Usée, et le cn'iir lui battait bien fort en regardant cette roue gigantesque. Mais tout à coup voilà que la roue se met à craqwer de toutes ses pièces et lui dit tout bas: « Ne nous reconnais-tu plus, petite Usée? Nous sommes le bois de tes chers arbres; ne crains rien, nous ne te ferons pas de mal. »

Aussi, lorsque le meunier sortit à son tour, se prépara à lever l'écluse et cria d'un ton joyeux : «Descends maintenant, petite Usée, tu t'es assez reposée dans le réservoir; allons, arrive, remue-toi et aide-nous à travailler, » la petite princesse ne lit pas trop de façons; elle courut vivement à la mue, releva sa petite robe, posa sans hésiter, quoique avec précaution, ses petits pieds délicats, d'abord sur une palette, puis sur une autre, et, lorsque sous ses pas légers la roue commença à se mouvoir, elle continua à sauter hardiment de degré en degré, laissa flotter son voile au vent, enfonça sur so tète son petit l>onnet d'écume, et s'échappa enfin en bondissant le long de la roue du moulin; la roue continuait à faire de grands tours; le moulin battait ta mesure, et le cordon de perles argentines qui s'était échappé des boucles

humides de la princesse Usée tombait goutte à goutte de tous les degrés de la roue.

La petite Usée était maintenant devenue une travailleuse au service des hommes, une eau de prospérité et de vie pour la vallée et ses habitants. Elle travaillait avec les ouvrière dans les moulins à farine et à bocarder ainsi que dans les forges où elle fit la connaissance tant redoutée du feu; mais elle ne tarda pas à s'apercevoir que l'antipathie était réciproque, c'est-à-dire que le feu ne la craignait pas moins qu'elle ne le craignait elle-même. Aussi ne se rapprochèrent-ils jamais plus que ne l'exigeaient les nécessités du travail; ils tiraient même, dès qu'ils pouvaient, chacun de son côté, s'aimant mieux de loin que de près. La princesse Usée montait dans des seaux brillants auprès des femmes et des enfants dans les maisons; elle les aidait dans le mêuatje, à la cuisine, à la buanderie et au lavoir. Elle baignait et lavait les enfants, arrosait dans le jardin les fleurs et les légumes, n'avait honte d'aucun service, si humble qu'il pût être, et elle n'avait d'ailleurs aucune raison d'être honteuse, car la princesse Usée ne dérogeait nullement à sa condition native d'Altesse en faisant œuvre de charité parmi les enfants des hommes.

P.-J. Staiiu

ht suite pnxhainement.

232 ÉDUCATION. — RÉCRÉATION

LES ANGLAIS AU POLE NORD

AVt\Tl'RES DU CAPITAINE. HATTfcRAS

. ; Vig-.<?tt<"i par hk M<>»t*iit.}

Depuis l ppernawik, la terre offrait un aspect différent, et d'immenses glaciers se profilaient à l'horizon sur un ciel grisâtre. Le 10, le Foncard laissait sur la droite la baie de Hingston près du soixante-quatorzième degré de latitude; le canal de Lancastre s'ouvrait dans Ja mer à plusieurs centaines de milles dans l'ouest.

Mais alors cette immense étendue d'eau disparaissait sous de vastes champs, sur lesquels s'élevaient des hummoks réguliers comme la cristallisation d'une même substance. Shandon lit allumer ses fourneaux, et jusqu'au 11 mai le Foncard serpenta dans les permis sinueux, traçant avec sa noire fumée sur le ciel la route qu'il suivait sur lu mer.

Mais de nouveaux obstacles ne tardèrent pas à se présenter; les passes se fermaient par suite de l'incessant déplacement des masses flottantes; l'eau menaçait à chaque instant de manquer devant la proue du Fonvard, et s'il venait à être nipped \ il lui serait difficile de s'en tirer. Chacun le savait, chacun y pensait.

Aussi, à bord de ce navire sans but, sans destination connue, qui cherchait follement à s'élever vers le nord, quelques

symptômes d'hésitation se manifestèrent:

parmi ces gens habitués à une existence de dangers, beaucoup, oubliant les avantages offerts, regrettaient de s'être aventurés si loin. Il régnait déjà dans les esprits une certaine démoralisation, accrue encore par les frayeurs de Clifton, et les propos de deux ou trois meneurs, tels que Pen, Gripper, Waren et Wolsten.

Aux inquiétudes morales de l'équipage se joignaient alors des fatigues accablantes, car, le 12 mai, le brick se trouvait enfermé de toutes parts; sa vapeur était impuissante. Il fallut s'ouvrir un chemin à travers les champs de glace. La manœuvre des scies était fort pénible dans ces floes 1 qui mesuraient jusqu'à six et sept pieds d'épaisseur; lorsque deux entailles parallèles divisaient la glace sur une longueur d'une centaine de pieds, il fallait casser la partie intérieure à coup de hache ot d'anspect; alors on élongeait des ancres fixées dans un trou fait au moyen d'une grosse tarière; puis la manœuvre du cabestan commençait, et on halait le navire à bras; la plus grande difficulté consistait à faire rentrer sous les floes les morceaux brisés, afin de livrer passage au bâtiment,

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