‹ Magasin d'education et de recréationChapitre 80 sur 142 · L'AGNEAU · texte numérisé non relu

L'AGNEAU

Il était une fois un petit agneau dont la laine était fine et blanche comme la neige el qui avait autour du cou une raie noire semblable à un collier. Vous ne pouvez vous imaginer combien il était joli ! O petit agneau était avec sa mère dans un pré où paissaient beaucoup de brebis et de moutons.

I.e soleil brillait et le ciel était bleu ; les oiseaux chantaient dans les arbres et les fleurs s'épanouissaient dans les haies ; c'était une belle matinée du mois de mai.

Le petit agneau se sentait tout joyeux; il bondissait, il remuait ses jolies oreilles blanches et sa longue queue.

Il poursuivait les autres agneaux et les Taisait courir autour du bois où poussent les jacinthes bleues ; il les obligeait à traverser le ruisseau dont les bords sont garnis de primevères qui semblent saluer de leur tête dorée les toutes petites fleurs qui les regardent, blotties au fond de l'herbe.

L'agneau croyait qu'il |>ourrait jouer toute la journée sans se fatiguer, mais bientôt il fit chaud au soleil, parce que la

| brise essoudlée s'était endormie derrière la montagne. La mère brebis l'appela et lui dit de se coucher dans l'herbe pour se reposer; or, quoiqu'il aimât beaucoup à être auprès de sa maman et à appuyer sa téte sur son manteau fourré, il fut vexé d'avoir à cesser sitôt ses jeux et il ne revint vers elle que très-lentement, puis il se tint maussadement debout à une assez grande distance.

Sa mère vit qu'il était de mauvaise humeur, elle prit le parti de ne plus lui parler.

Le petit agneau avait tant couru qu'il avait faim : mais, au lieu de demander à sa mère de l'allaiter, il lit semblant de manger de l'herbe comme les vieux moutons; il s'agenouilla pour être plus commodément el essaya de brouter; à vrai dire, il ne pouvait pas avaler un brin d'herbe.

Il était sur le point de mordiller une petite plante verte qui se rencontrait sous ses petites dents, lorsqu'une faible voix l'arrêta en lui criant :

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